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Je suis légèrement en retard aujourd'hui. J'ai dû courir pour arriver à l'heure en cours d'étude comportemental. Je pense que le professeur aussi ne fait pas grand cas des horaires. Car il arrive en même temps que moi devant la porte d'entrée.

— Allez-y, mademoiselle. Me lance-t-il avec un accent sudiste.

J'adore cet accent. Je trouve qu'il apporte de la bonne humeur.

Je me dépêche d'aller m'asseoir. Il y a beaucoup plus de monde qu'en économie. Je suis même surprise que les seules places qui restent soient celles du fond. D'habitude, c'est plutôt l'inverse. En même temps que je pose mes affaires, le professeur prend la parole.

— Bonjour à toutes et à tous. Vous êtes sûrement venue dans ce cours pour trouver la vérité absolue. Sachez que vous êtes au bon endroit. L'étude comportementale est essentielle, pour le management de personnel et le recrutement...

C'est alors que les portes arrière de l'amphi s'ouvrent laissant entrer le fameux Alexander. En plus d'être irrespectueux. Il est en retard. Il pourra ajouter ça à son CV de personne compliqué. Me dit ma conscience. Ce qui, je vous avoue me fait légèrement sourire.

— Mr Brown, en retard comme toujours... Lance le professeur en le regardant s'installer.

— Mais si je n'arrivais pas en retard, je perdrais tout mon charme.. Lui répond-il.

Il est vraiment, mais totalement imbu de sa personne. Je souffle en secouant la tête.

Dans le léger bruit de fond, je peux entendre deux filles devant, dire. « Oh ! il est pas mal lui ». Si vous saviez dans quoi vous vous embarquez, leur répond ma conscience. Le prof sourit.

— Mr Brown, notre cours va être basé sur dilemme du prisonnier. Pouvez-vous nous dire ce que vous en pensez. Faites-nous partager votre génie. Dit-il ironiquement.

— C'est simple. À ce jeu, tous les bons joueurs perdent. En manque de communication, le seul moyen de s'en sortir, c'est de tricher. Comme, avoir un code ou contrôler ces émotions. Dit-il en tournant la tête vers moi.

Son regard me fixe. À quoi joue-t-il ? Je maintiens son regard jusqu'au moment ou Mr Meawill reprend le contrôle de son cours.

— Certes, mais n'y a-t-il pas un moyen qui permet aux bons joueurs de gagner malgré tout ? demande-t-il.

— Je ne suis pas un bon joueur, donc par conscé...

— Il suffit d'arrêter de le cacher. Comme les bons joueurs respectent les règles. Ils ont juste à dénoncer le tueur. Le coupé-je en le regardant droit dans les yeux.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Un élan de confiance ? Une irrésistible envie de lui faire fermer sa gueule de prétentieux ? Je ne sais pas. Mais je commence directement à le regretter quand le regard du professeur se tourne vers moi.

— Exact ! Mademoiselle ? demande-t-il.

— Nina Garnier. Répondis-je.

Il me félicite et continue son cours. Cependant, je sens une présence, un regard qui me fixe. Pendant, les deux heures, je fais tout pour ne pas croiser les yeux d'Alexander.

Mr Meawill clôt son cours. Je commence à ranger mes affaires. Je suis quand même impressionnée. Les rumeurs font vrai. C'est un véritable génie. Il nous apprit des choses que j'ignorais. Je pense même en utiliser certaines de temps en temps.

— Mlle Garnier ? Vous pouvez venir me voir ? Me lance-t-il.

Je descends les escaliers. Les derniers étudiants sortent de l'amphithéâtre. Il ne reste que nous. Une légère boule au ventre commence à se former. Que me veut-il ?

— J'aime votre audace, tenir tête à Alexander Brown. Il faut du courage. Vous vous connaissez ? demande-t-il.

D'un coup, la pression retombe. Je n'ai rien fait de mal.

— Oh.. On va dire qu'on s'est brièvement rencontré à une soirée. Je préfère l'oublier d'ailleurs. Dis-je avec un rictus.

— Je vous aime bien, faites attention à vous. Me dit-il en prenant sa sacoche.

Nous sortons de la salle. Je le salue et je pars de direction de mon prochain cours. Celui-ci est en commun avec Oriana. Je vais enfin la revoir, elle n'était pas dans la chambre ce matin. J'espère juste que rien ne lui ait arrivé. Elle ne répond pas à ces messages.

J'arrive juste à l'heure. Nous avons économie. Cela fait bizarre de ne pas avoir un amphi bondé de monde. J'aperçois Oriana assise au deuxième rang. Je m'y précipite.

— Putain ! Tu étais où ? Pourquoi tu ne répondais pas à tes messages ? dis-je en lui criant légèrement dessus.

Elle tourne la tête en ma direction et tire un peu le col de son tee-shirt vers le bas. En m'asseyant, j'écarquille les yeux.

— Oh non ! dis-je dans l'incompréhension.

— C'était la meilleure soirée de toute ma vie ! Tayler ! Mon Dieu ! Il est TROP mignon. Dit-elle en rigolant.

— Et c'est lui qui t'a fait ça ? lui demandé-je en pointant mon doigt vers son suçon avec un regard accusateur.

— Oui.. Mais il faut retenir qu'il est TROP mignon ! Concentre-toi là-dessus ! s'exclame-t-elle en essayant de me convaincre.

Je finis par rigoler. Notre chère prof d'éco arrive dans la salle. Je peux encore sentir son super parfum Diesel. J'adore cette matière finalement... 

Malgré MoiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant