Chapitre 27

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Le soleil avait peu à peu déserté le ciel, et les étoiles s'installaient pour entourer la lune. Adaline avait refusé qu'Erwan la remplace et conduisait donc depuis plusieurs heures. Ils ne s'étaient pas arrêtés depuis la station essence.

Voyant que la jeune fille baillait régulièrement, Erwan ne put s'empêcher de réagir.

- Tu devrais me laisser prendre ta place un moment.

Les yeux larmoyants à force de bailler, Adaline renifla et haussa les épaules.

- On peut aussi s'arrêter pour dormir si tu veux, continua Erwan.

Il était impatient d'arriver, mais aussi très anxieux. Et la jeune fille à ses côtés semblait à bout de forces, elle avait besoin de repos.

- Si on roule de nuit, on pourra arriver chez toi demain midi.

Ils empruntaient les plus petits chemins, conscients qu'Erwan était recherché par les autorités. Le temps de trajet était alors bien plus long.

- Adaline, c'est vraiment gentil de ta part, mais je pense qu'on ferait bien de faire une pause. Regarde, tu es épuisée.

- Je peux tenir encore un p...

Mais la voiture pila violemment avant qu'elle n'ait pu terminer sa phrase, et un choc sourd s'en suivit.

La voiture à l'arrêt, les deux jeunes mirent quelques secondes avant de reprendre leurs esprits. L'impact n'avait pas été très violent, mais la secousse du freinage les avait bien secoués.

- ça va ? Erwan, tu n'as rien ?

- Non, non, qu'est-ce que c'était que ce truc ?

La panique semblait gagner peu à peu la jeune fille, qui serrait fort le volant.

Erwan posa délicatement sa main sur la sienne, pour tenter de la rassurer.

- Ne t'inquiète pas, je vais voir.

Bien que peu rassuré lui aussi, il ouvrit la portière et contourna la voiture pour voir ce qu'ils avaient heurté. Il faisait nuit noire, et seuls les phares leur permettaient de voir à quelques mètres au-devant de la voiture.

En s'approchant, Erwan entendit quelques couinements. Puis il découvrit un chien, allongé devant la voiture.

Il leva la tête vers Adaline qui attendait toujours dans la voiture, et lui fit signe de descendre. Elle s'exécuta, et s'approcha.

- Oh c'est pas vrai, dit-elle en découvrant le labrador au sol.

Erwan s'était accroupi auprès de l'animal et l'examinait pour voir s'il était blessé.

Mais le chien se releva au bout de quelques secondes et commença à renifler les jeunes en couinant, sa queue battant l'air.

- Il n'a pas l'air blessé, tu vois, tout va bien, dit Erwan en souriant à Adaline. Je crois qu'il t'a déjà pardonné, il a l'air de bien t'aimer.

Le chien léchait le visage de la jeune fille qui s'était baissée à sa hauteur, la faisant sourire.

- Il est adorable. J'ai eu tellement peur, dit-elle en caressant le chien.

« Iron ! »

Erwan et Adaline tournèrent d'un même mouvement la tête dans la direction de la voix. Le chien dressa les oreilles et aboya.

La voix était proche, et Erwan vit peu à peu une silhouette sortir de la forêt.

- Merde, chuchota Adaline en attrapant le bras d'Erwan. Il faut partir.

SymptômeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant