Ayant bien inspecté que personne n'allait leur barrer la route, Kiyoshi fait signe d'avancer d'un mouvement de tête. Alors, le plus discrètement possible, et de manière la plus naturelle également, le petit groupe s'engouffre une nouvelle fois dans une longue allée grise. L'atmosphère tendue et frigide est clairement souveraine dans ces lieux, si bien qu'elle affine les sens des trois hommes en cavale. Un bruit au fond du couloir, une porte qui se claque à l'autre bout de la prison, un rien ne peut échapper à la fine sensibilité de leurs ouïes affûtées. En alerte, la moindre expiration est maîtrisée et contrôlée, de peur d'être interceptés. Aucun d'eux ne prennent la peine de diminuer leur concentration, encore que cette vigilance en est pour le moins éprouvante. Le risque est bien trop grand, pour se le permettre. Ainsi, que ce soit Kuroko, le grand brun ou même l'ancien policier, chacun garde au plus haut qu'ils le peuvent, un degré de focalisation optimal. Et pourtant, Aomine, qui n'est pourtant pas le moins impliqué, est cependant un brin extérieur à tout cela.
Baigné dans cette réalité incertaine, sur laquelle son esprit fantasme depuis le début de son emprisonnement, il n'arrive toujours pas à réaliser ce qu'il lui arrive.
Il attend déjà les rayons du soleil réchauffé son regard triste, de sa chaleureuse douceur. Il ressent avant l'heure, la fine salutation de la brise, qui caresse sa peau délicatement. C'est incroyable ! Il en a tellement rêvé ! Chaque pas, qu'il ose poser sur ce sol parfaitement poli, le mène un peu plus vers cette liberté... peut-être ?
Peut-être car... serait-il raisonnable d'y croire ? Ne serait-ce pas un peu naïf de prendre pour véridique, leurs paroles ?
« Ils peuvent très bien te mentir, et t'amener Dieu sait où... Quels sont leurs intérêts dans cette histoire ? Pourquoi faire ça, une action aussi dangereuse ? Vaut mieux te fier à ce que tu ressens, mon vieux. Sinon, avec ces questions à la con, tu n'vas jamais t'en sortir. » Finit-il par penser.
Ainsi, il décide d'avoir foi en lui, en cette petite voix constamment présente pour le guider, et de continuer à suivre ces deux hommes, qui lui ont promis cette liberté rêvée. Après tout, dans cette situation, il n'a nulle autre alternative : c'est son unique chance finalement. Ces hommes sont devenus sa porte de sortie, son issue de secours.
Qu'importe que leur plan, échafaudé semble-t-il sans aucune faille, échoue et tombe à l'eau. Qu'importe qu'ils n'y parviennent pas et que, de ce fait, Aomine se retrouve emmener vers ce lieu tant redouté. Ils lui ont donné cette force, ce regain de vitalité, l'énergie nécessaire dont il a eu tant besoin, pour y croire.
Pour une fois, depuis qu'il a été jeté en cellule telle un malpropre, il a espoir. Et pour cela, rien que pour cela, ces hommes, Kuroko et Kiyoshi, ont déjà sa confiance. Ou du moins, une partie de sa confiance...
Simplement, parce que dans le pire des cas, si tout devait mal tourner, au point d'envisager le pire des scénarios, Daiki n'hésitera pas à faire appel à la force. Au cas où, il se sentirait trahi d'une quelconque manière, ça sera sa dernière solution, son ultime recours. Uniquement puisqu'il le faut, il ne s'en donne pas le choix : il doit sortir.
Cette réinsertion dans le monde pour lui, signifie, également, une possibilité pour Akashi. Alors, au risque de refaire la même erreur deux fois, il est nécessaire, à l'instant, qu'il pense à lui, avant de pouvoir se pencher sur la probable sortie de l'homme auquel il est entiché. Il doit réussir à foutre le camp, car même retrouver un semblant de liberté est primordial. Il préfère, par-dessus tout, être obligé de se cacher des forces de l'ordre, dans un trou paumé et éloigné de tout, pour trouver le temps suffisant à l'élaboration parfaite de la libération de son complice bien aimé.
Aujourd'hui, il sortira coute que coute.
Il a perdu sa dignité pour lui, il retrouvera sa liberté pour lui aussi.
Sous cette pensée motivante, et toujours perdu dans ce dédale sans fin, Aomine continue de scruter la plus faible lueur suspicieuse, ou la plus forte ombre compromettante. Chaque détail requiert son attention maximale, car il pourrait entraver son évasion. Bien qu'il ne sache absolument pas ce que ses sauveurs ont planifié, Daiki ne compte pas les quitter d'une semelle. Alors, encore immergé dans les abîmes si profondes de sa concentration, il suit à la trace ce grand brun, qui mène la troupe. Quand, de manière inattendue, ce dernier s'arrête un court instant.
Il s'est stoppé net, sans prévenir, devant le serveur, le forçant à piler pour ne pas le percuter de plein fouet. Il en a fallu de peu pour éviter la collision. Mais heureusement Aomine a esquivé ce mur immense, constitué de chair et d'os. Jamais, Kiyoshi ne s'était encore arrêté si brusquement. Il a toujours eu cette foulée sûre d'elle, dans une fluidité parfaite. Ceci dit, il est vrai que plus le petit groupe marchait, plus le brun et le cyan semblaient aiguiser leurs surveillances. Ainsi, cet arrêt abrupt obtient le mérite d'affoler la frayeur du basané.
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Toi, moi et un ballon !
FanfictionLe pays est sous le despotisme de ce fumier d'Haizaki. Les jeux, le sport et d'autres formes de loisir sont petit à petit supprimés, ne reste seulement les magouilles et le travail à charge. Akashi, ancien journaliste, vie ou survie dans le monde o...
