Encore... encore une nuit où le sommeil manque à l'appel. Encore une nuit où l'insomnie s'amuse à ses côtés. Encore un soir où le fantôme de Ryû hante ses soirées et ses rêves. Une fois de plus, Aomine s'est réveillé la peur au ventre, les larmes aux yeux et le coeur battant ; rongé par le poison de la culpabilité, par les regrets, par cet événement. Face à l'acidité de ce venin corrosif, il est totalement démuni et désespéré. D'un côté, il se violente sans cesse, d'avoir délaissé son équipier à son triste sort... ayant préféré tout lâcher, et renoncer à la décision de le protéger. Lui, qui est droit dans ses bottes et ne revient jamais sur ses choix ; il a été dépassé par ses émotions et a failli à la promesse qu'il s'était fait un peu plus tôt. Et d'un autre côté, il est dégoûté envers sa propre personne, ce choix de lâche ne le quittera jamais. Avoir été aussi docile, ne pas avoir agi plus tôt, rien qu'en y repensant son estomac se tord dans tous les sens, prêt à rendre le peu de nourriture qu'il a ingurgité. Ce n'est pas dans ses habitudes de se laisser apprivoiser si facilement, d'être aussi malléable, d'être aussi...
"Merde ! Qu'est-ce que t'as fait, pauvre abruti ! A quoi tu pensais ? T'es pas fichu d'arrêter de penser qu'à ta gueule ! Et regarde le résultat..." se gronde-t-il, recroquevillé sur son lit.
Sa colère a été plus fort que tout, et c'est bien ce qui le bouffe de l'intérieur. Il est remonté contre lui-même. Il est un remonté contre Ryû. Il est remonté contre sa colère, contre la terre entière. Il est terriblement en rogne. Et elle, cette rage, cette harpie, elle ne compte pas le lâcher d'un pouce. Elle profite de ses remords, pour pulluler ses ondes négatives dans sa tête. Elle lui hèle constamment, le son horrible des craquements des os qui s'entrechoquent. Tout le soirs, quand il ferme les yeux, la scène se repasse devant lui. Il réentend les cris, les pleurs, et les rires satisfaits... qui grandissent parallèlement à la souffrance de leur victime. Puis... plus de cris... plus de pleurs... seulement les ricanements diaboliques qui occupent tout l'espace. Les chocs de leurs poings, encore... et toujours... ne s'arrêtant que des minutes et des minutes plus tard... Tout revient, quand il ferme les yeux et le rend fou. Un véritable cauchemar. Un terrible épisode, qui surgit tel un spectre à chaque tombée du jour.
Et pourtant... si ces souvenirs pouvaient le laisser, qu'il se repose, même un bref instant. Histoire qu'il souffle un bon coup, et qu'il récupère de l'énergie pour affronter la vie. Si seulement, ces pensées larmoyantes avaient la gentillesse de quitter son esprit. Par leurs fautes, Aomine est ravagé par l'angoisse sur la santé de son binôme, absent depuis trois jours. Il aimerait tant que ces réflexions haineuses restent chez elles. Tout simplement car elles l'insultent, lui, et son corps. Et si jamais, il trouvait le moyen de chasser la culpabilité qui le dévore... Qu'elle quitte sa conscience et qu'elle aille se nourrir de Ryû, qui ne semble avoir aucun regret. Elle a tellement pris possession de son âme, qu'il en vient même à se dire que tout est de sa faute. Qu'il est responsable de l'état de l'homme qui a percé son coeur. Pour Aomine, si son partenaire se bat pour récupérer une pseudo vitalité normale, ou même pire... c'est entièrement à cause de lui. Alors, il préfère rester dans la coquille froide et accablante de son matelas, à fixer la cloison blanche et rigide, sans état d'âme.
Un son parvient à ses oreilles et le sort quelque peu de sa tempête pensive. Dans un élan de curiosité, réunissant le peu de volonté qui est encore là, il se retourne et découvre un homme qui porte l'uniforme, brun et grand ; vraiment grand. Aomine le reconnaît dans l'immédiat, il s'agit du subordonné de la dernière fois ; de ce jour où tout a dérapé. Il se tient là, à la porte de sa cellule, droit et confiant. Si lui, ce brun, est devant lui... cela signifie que c'est pour aujourd'hui. Aomine va y passer... va endurer le même supplice que son ami. La torture... son seul moyen d'oublier ce moment épouvantable... le seul moment où il ne pensera plus à rien, mis à part la douleur physique. Cette souffrance corporel, qui prendra le dessus sur celle déchirante et vive de son coeur.
VOUS LISEZ
Toi, moi et un ballon !
FanfictieLe pays est sous le despotisme de ce fumier d'Haizaki. Les jeux, le sport et d'autres formes de loisir sont petit à petit supprimés, ne reste seulement les magouilles et le travail à charge. Akashi, ancien journaliste, vie ou survie dans le monde o...
