Bon sang, où est mon carnet ?
J'ai fouillé toute ma chambre et j'en suis à retourner tous les coussins du salon. Matthias rentre à la maison, il est habillé d'un costume noir et se dirige vers la cuisine pour se servir un verre d'eau.
Il me désigne des croissants tout chauds qu'il vient de ramener de la boulangerie.
— Vous étiez déjà sorti ce matin, M. Duval ?
— Je dois aller à une réunion urgente de la GoldMine au sujet du projet sur lequel je travaille, j'en ai profité pour réveiller un fêtard de ma connaissance pour qu'il ne soit pas en retard. Tu as faim ?
— Je m'en occupe, je souris.
Je lève les yeux vers lui, son regard est rassurant.
— Si tu as des soucis, tu peux m'en parler, tu sais ?
Il sort des jus de fruits et des verres et se gratte la tête devant son placard plein de gâteaux. De toute évidence, pour me remonter le moral il veut me gaver de sucreries, mais je ne suis pas Théo.
— Vous êtes déjà au courant ? je soupire en faisant chauffer la bouilloire pour me préparer ce thé miracle offert par la sorcière.
— Le proviseur m'a appelé hier au sujet de ton comportement en cours.
M. Duval observe le pot de miel également offert par la sorcière, il lève un sourcil devant l'étiquette de la marque : une silhouette noire de sorcière sur un balai.
— Je m'y attendais un peu, continue-t-il l'air de rien en posant une tasse sur le plan de travail central de la cuisine. J'ai bien vu ton air abattu et la pression que tes parents te mettent.
Je fixe le bout de mes rangers, je me sens stupide.
— Tiens, un son métallique tinte à mes oreilles, je t'ai fait faire une clé, il me la lance et je l'attrape au vol, tu pourras venir et sortir d'ici à ta guise.
Je n'en reviens pas. Ici ça ressemble plus à un foyer que chez moi.
— Merci.
Je prononce ce mot tout bas, mais je pourrai le crier tellement je lui en suis reconnaissante.
— Il y a une seule condition, si tu veux rester ici.
Je me contracte : une condition ? Qu'est-ce que c'est ?
— Je te l'ai déjà dit : tu n'as pas besoin de jouer à l'ado parfaite, ni à te mettre la pression. Fais à ton rythme et comme tu le sens.
La boule dans ma gorge va éclater, alors je baisse la tête. Ce sont les mots que je voulais entendre de mes parents.
— Je vais m'occuper de ton père et faire en sorte qu'il te laisse encore habiter ici. Tu partiras quand tu te sentiras prête.
Ce qui est impressionnant avec M. Duval c'est sa manière d'agir aussi vite qu'il prend une décision. Il se dirige vers son bureau au bout du couloir. Je l'entends appeler chez moi... « Chez moi » est un drôle de concept quand j'y pense.
A la maison, je me sens oppressée par le fait de devoir être « comme il faut », de rentrer dans le rôle qu'on m'a assigné et que tout le monde veut me voir jouer. Je ne veux pas être figurante de ma propre existence, penser que les murs de ma vie sont des décors en carton, que je suis ici pour faire joli. J'étouffe.
J'ai tant de questions en général et de secrets dont je ne peux m'ouvrir à personne. Même si j'en parlais, qui accepterait de m'écouter sans me juger. J'ai souvent l'impression de ne pas être sur la même longueur d'onde que les autres...
Je suis si reconnaissante. Matthias ne m'a pas prise dans ses bras, pourtant ses paroles et sa gentillesse ont eu le même effet. J'ai toujours voulu avoir un ami comme lui : quelqu'un qui m'aime juste pour moi, sans jugement ni attente.
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Mermaid Online
RomansaStella est la podcasteuse "Petite Sirène", elle ignore que le bad boy du lycée est son fan numéro 1. En sauvant un inconnu de la noyade avant de s'enfuir, Stella ignorait qu'elle tomberait sur lui au lycée. Il semble ne pas la reconnaître, mais est...
