LE TEMPS DE TOUT RÉGLER
Elle me caressait doucement les cheveux et je pleurais sur ses genoux en racontant tous mes problèmes du moment. Comment Charles Pautron m'avait brisé le coeur, la manière dont Mathilde s'était injustement comportée avec moi, mais aussi ma joie qui se mêlait à ma tristesse de pouvoir chanter au prochain concert du conservatoire. Ses mains sentaient la crème et étaient douces quand elles passaient sur mes joues mouillées de larmes.
Mon père s'assit à côté de ma mère et ils me regardaient en souriant, les flammes formant une douce ombre orangé sur leurs visages presque oubliés.
Je me réveillais en sursaut, de la sueur froide coulant le long de ma joue. Non, ce n'était pas de la sueur: c'était des larmes.
Dans mon grand lit en baldaquin, je me tournais sur le côté tentant en vain de retrouver le sommeil, mais impossible. Pourtant, le soleil commençait à peine à se lever et j'avais à priori encore quelques heures devant moi pour dormir et oublier un temps ce foutu monde dans lequel j'étais. Mais en me tortillant dans mes draps à la recherche du sommeil enfui, mon corps se révéla trop endolori par mes exercices quotidien et je me rendis compte que non: je n'arriverai décidément pas à me rendormir.
Je me levais et me préparais. Brossant mes cheveux avec un peigne ternis, je me dis en me fixant dans la glace en face de moi dans ma salle de bain qu'aujourd'hui serait encore une journée de merde. J'attrapais deux pommes dans mon panier en osier posé sur la table basse de mon bureau et sortais immédiatement, affrontant l'air frais des matins de fin printemps.
Arrivée dehors, le dos contre la porte de mon bâtiment, je me rendis tout simplement compte que je ne savais pas quoi faire. Il était trop tôt et je n'avais rien de prévu qui vaille que je commence à le faire si tôt. Je croquais dans ma pomme verte qui était si juteuse que son eau sucrée me coula le long du menton. Du bout du doigt, j'enlevai le liquide et le mis dans ma bouche, suçant mon doigt d'un air rêveur.
Je me décidais à faire finalement une petite balade pour me remettre les pensées en ordre.
Empruntant le chemin aux écuries, je sellais Orion en tapotant sur son encolure dont une volute de poussière s'en échappa. Il faudrait que je le brosse bien fort à notre retour. Le sortant de son boxe, je le montais immédiatement et partis au petit trot vers l'entrée du QG du Bataillon d'Exploration. Ma cape verte de voyage sur le dos que j'avais volé à Hanji, deux ailes, une bleue, une blanche entrecroisées, je partais.
J'admirais autour de moi les champs s'étendre à n'en plus finir. Ce monde était le dernier vestige de l'humanité. Je trouvais cela particulièrement beau, et particulièrement triste.
Attrapant les rennes de Orion, je m'arrêtais en haut d'un sentier. Le soleil montrait enfin le bout de son nez en pointant au bout de l'horizon. Les herbes hautes étaient caressées par le vent tandis que mon cheval respirait fort. Un frisson descendit le long de mon échine : de la où j'étais, je voyais le mur Rose s'étendre de toute sa splendeur à des milliers de kilomètre.
Derrière le Mur Rose, a des kilomètres, se trouvait le Mur Maria. Et au delà du Mur Maria ... qu'est ce qu'il y avait ?
Je secouais la tête. Je serrais le poing sur les rênes de mon cheval. Je passais sous une forêt. Je perdais le mur de vu et la lumière du soleil. Les arbres était très hauts et d'un vert sombre, ils devaient être bien nourrit par la pluie par ici. Les sabots de Orion laissèrent de légères empruntes derrière nous à notre passage.
Je soupirais de bonheur. J'avais bien fait d'être allée me promener. M'étirant de tout mon long, je m'allongeais sur les hanches de mon destrier qui continuait à marcher au pas. Je contemplais le ciel dont j'apercevais quelques nuances de bleu parmi le feuillage vert.
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Son Monde
Fanfiction"Dans un monde des plus banals, dans une ville perdue en France, une jeune femme d'à peine 18 ans se verra vivre des aventures plus qu'incroyables. Un soir où la lune ne montre pas le bout de son nez et où la nuit est sombre, une lumière anormale, d...
