CHAPITRE 29

895 66 104
                                        

LA PLUS GRANDE DÉCISION DE MA VIE

- Non, tu ne dois pas te tenir comme ça.

Il me frappait la cuisse avec la pointe de sa botte.

- Aïe ! Je hurlais en le fusillant du regard.

Il soufflait et s'accroupissait devant moi. Je rougissais. Il leva des yeux interrogateurs à mon encontre mais je les ignoraient en soulevant le nez et regardant sur le côté. Je l'entendis souffler une nouvelle fois mais pas d'agacement : comme à son habitude, il se moquait tout simplement de moi.

- Il faut que tu écartes tes cuisses.

C'était trop : je devins encore plus rouge. Dieu merci il ne me regarda pas cette fois là.

D'une main, il venait écarter mes jambes, son visage en face de mon bassin, baissé vers mes pieds, les sourcils froncés de concentration. Il prit mes chevilles dans ses paumes et les secouaient : elles vacillaient légèrement.

- Tu ne tiens pas sur toi. Si je te pousse, tu tombes.

- Oui mais ça me permet de sauter plus rapidement, je trouve...

Il grognait de mécontentement.

- C'est idiot comme réflexion. Si tu te rattrapes mal sur une branche, la faiblesse de tes chevilles te fera tomber à la renverse. Il faut que tu tiennes mieux sur tes pieds.

Il mit ses mains des deux côtés de mon bassin et le tournait légèrement : ses doigts étaient à deux centimètres de mes fesses. Il fronçait à nouveau les sourcils et se relevait finalement. Il arquait un sourcil en me regardant.

- Pourquoi t'es rouge comme ça ?

- Je... euh j'ai ... j'ai très chaud et...

Je regardais de tous les côtés. Mais dans la forêt, sur une haute et grosse branche d'un arbre au milieu des bois, je ne trouvais rien pour me sauver de mon désarrois.

Le Caporal ne dit rien d'autre et continua à m'expliquer comment bien utiliser mon équipement. Se tenir comme ça, voler d'une telle manière, comment prendre les lames, comment les changer rapidement, utiliser le moins de gaz possible ... Je suivais mon troisième cours avec lui de la semaine.

Le major, trois jours plus tôt, m'avait fait une offre. Faire partie du Bataillon. Il m'avait accordé une semaine de réflexion, me faisant comprendre que si je n'acceptais pas, il ne pourrait plus subvenir à mes besoins et que, donc, il faudrait que je quitte définitivement le quartier général. En attendant, j'avais demandé au Caporal Livaï de m'entrainer en tridimensionalité, pour penser à autre chose. Le Caporal, lui, avait été satisfait de ma demande, car au moins, il pouvait me surveiller. Du moins, c'est ce qu'il m'avait dit.

J'avais cours très tard le soir avec le Caporal. J'étais remplis de courbature, avait beaucoup de mal à marcher et la nuit, je rêvais constamment de voler. Mettre l'équipement était maintenant un jeu d'enfant et j'arrivais facilement à courir avec. Le Caporal me torturait plus qu'autre chose. J'avais l'impression qu'il faisait tout pour me dégouter du Bataillon et de la tridimensionalité.

Aujourd'hui avait été la première fois où nous avions volé tous les deux. Il ne m'avait fait que des critiques comme quoi ma position était mauvaise, m'arrêtant toutes les deux secondes pour me dire comment faire mieux. En bref, je n'avais pas voler cinq minutes complètes sans qu'il me pete les c...

- Oï tu m'écoutes ? Dit-il en claquant ses doigts devant moi.

Je sursautais légèrement et lui répondais affirmativement. Il continuait ses explications sur comment gérer ma rotation d'un point A à un point B.

Son MondeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant