RENTRER CHEZ SOIS
- Vous partez demain à la première heure, dit Erwin Smith.
Il était assis devant son bureau, les mains croisées sous son menton. Ses yeux bleus ne nous lâchaient pas.
Non, je ne voulais pas. Je ne voulais pas y aller. Pas déjà. J'étais livide et n'arrivais pas à dire quoi que ce soit.
En louchant sur le Caporal, j'aperçus qu'il était encore plus stoïque que d'habitude. Il était droit sur ses pieds et ne bougeait pas d'un millimètre.
- Vous partirez avec Hanji. Ali, si tes amis te demandent quoi que ce soit, tu diras qu'en tant que stagiaire tu accompagnes ta tante dans ses déplacements et ses missions. Tu ne parleras pas de la réelle raison, est ce que tu comprends bien ?
- Oui, Major.
Je déglutissais difficilement.
- C'est tout ? Demanda Livaï.
- Oui, repondit Erwin. Préviens ton escouade.
Et nous sortîmes tous les deux du bureau du Major. J'inhalais difficilement.
- Respire gamine, me dit Livaï en me suivant dans le couloir.
La main sur le coeur, serrant mon poing pour m'empêcher de trembler, je ne pensais qu'à une chose :
Non, je ne voulais pas aller dans les bas fonds.
*
Je fus réveillée aux aurores par Hanji, frappant doucement à la porte. Me rinçant le visage et me lavant les dents, je pris ensuite mon sac à dos et partit de ma chambre. D'après ce qu'on m'avait dit, on mettrait deux jours à aller jusqu'à Mitras, on resterait une journée entière dans les bas fonds et on reviendrais après une bonne nuit de sommeil dans les bâtiments du bataillon à la capitale. Un voyage de 5 jours.
Je descendais les marches en suivant Hanji et elle passa par la porte, laissant une main dessus pour que je la suive. J'eus un frisson en affrontant la fraîcheur du matin. Le soleil se levait à peine. Je n'aimais jamais me lever très tôt, j'avais à chaque fois comme un léger mal de tête.
On se dirigeait jusqu'aux écuries où déjà Livaï et les trois membres de son escouade se trouvaient. Ils scellaient leurs chevaux. Hanji et moi firent de même. Puis, tirant Orion par les rennes, et suivant les autres, on se dirigeait vers la sortie.
- On quitte à peine une mission qu'on nous en remet une sur le dos, dit l'homme blond.
- Merci au Major, repondit le roux.
- Moi, ça ne me dérange pas, continuait la brune. J'aime bien voyager partout tout le temps.
- Allez, prononçait le blond en montant sur son cheval, partons.
- Le voyage est tellement long jusqu'à Mitras, dit le roux.
- Vous allez encore l'ouvrir longtemps ? Siffla Livaï à leur encontre.
Je montais sur mon cheval, ayant bien accroché mon sac à sa scelle. Les fesses bien assises sur lui, je lui donnait quelques tappes et caresses sur l'encolure. Puis, j'enlaçais son cou et m'appuyais dessus, les yeux fermés : j'avais tellement envie de dormir.
- Pas le temps de pioncer là chieuse, me dit la douce voix du Caporal à mon oreille.
Je grognais et levais la tête. Déjà les autres étaient partie, au pas. Le Caporal, un peu en avant, m'attendait, son cheval légèrement tourné vers moi.
Donnant un coup de talon à Orion, je m'avançais vers lui. Nous passâmes, l'un derrière l'autre, la sortie de la base militaire du bataillon. Quelques mètres plus loin, je tournais le regard vers le château et vers les bâtisses l'entourant : voilà quelques secondes que je quittais le quartier général, et voilà qu'il me manquait déjà.
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Son Monde
Fanfiction"Dans un monde des plus banals, dans une ville perdue en France, une jeune femme d'à peine 18 ans se verra vivre des aventures plus qu'incroyables. Un soir où la lune ne montre pas le bout de son nez et où la nuit est sombre, une lumière anormale, d...
