REVIENS MOI
Le lendemain, je fus réveillée par les filles dans ma chambre qui se préparaient d'un air lugubre. Le jour venait à peine de se lever et elles s'habillaient en silence. Mickaela, dont je ne voyais que les pieds dépasser au dessus de moi sur le lit supérieur au miens, ne pipait mot.
Hier soir j'étais revenue dans la chambre en pleurant et les filles n'avaient pas comprit pourquoi. Au final, mon mal de tête s'était accentué car je n'avais même pas bu le thé. Ce fut Amanda qui descendit dans les cuisines pour finalement m'en ramener une tasse. Je l'avais bu en reniflant de tristesse et les filles m'avaient remonter le moral. On avait beaucoup rit et je m'étais sentie mieux. L'ambiance était chaude et amicale, aux odeurs de cheveux propres et d'arôme de thé.
Mais ce matin, la chambre avait une odeur lourde, mélange de sommeil agité et de maux d'estomac. De plus, l'ambiance mortuaire qui régnait me foutait la boule en ventre. Je me tournais dans l'espoir de me rendormir, mais peine perdue : mes yeux étaient grands ouverts et je n'arrivais pas à les refermer. Alors, je suivais mes camarades de chambre en m'habillant moi aussi, enfermée dans un silence méditatif.
Nous descendions dans le réfectoire minuscule de Shiganshina, croisant plein d'autres soldats qui, encore ensommeillés, se rendaient comme contrôlés par une force occulte au même endroit que nous. La bas, le silence était si sourd que je serrais la bouche. J'avais peur, très peur.
Je pris une tasse de thé, un morceau de pain et une pomme. Je me dirigeais ensuite vers la table où Hiyori, Yato et les autres se trouvaient. En m'asseyant, je remarquais d'abord leurs mines déconfites, puis je tartinais sur mon morceau une couche de beurre. Personne ne parlait. Hiyori et Yato se tenaient la main. Harley tournait sa cuillère dans son bol, le fixant. Benoit, lui, me lança un petit sourire quand nos regards se croisèrent et continua de manger son petit déjeuner, songeur. Gunter tapotait nerveusement le bois de la table de ses grands doigts.
Au bout d'un moment, sans vraiment qu'on le dise, tous se levèrent et se dirigèrent vers les écuries. Je suivais la marrée humaine, nous infiltrant dans le dehors frais du petit matin. Je m'adossais contre le mur, les bras croisés contre ma poitrine, frissonnant.
- Coucou ma biche ! Fit une voix derrière moi.
Si il y en avait une qui n'était pas effrayé par les expéditions, c'était bien Hanji. Elle souriait et tremblait : mais je le sentais bien, ce n'était pas des tremblements de peur mais d'excitation.
- Salut Hanj...
- Alors tu vas faire quoi pendant ces presque deux jours toute seule ? Profite bien car d'ici pas longtemps on revient t'embêter !
Elle était si positive que s'en était agréable. Ma peur retomba légèrement.
- Aucune idée, je vais aider la garnison je pense et faire le tour de la ville en essayant de pas trop m'ennuyer sans toi.
- T'es mignonne ! Allez viens dans mes bras.
Elle me serra de toutes ses forces comme si c'était la dernière fois. Peut être n'était-elle pas si rassurée que ça ?
- Aller dehors, me dit elle alors que sa bouche était à côté de mon oreille, toujours serrée contre elle, c'est extra. Tout tes sens sont en action. Mais on ne peux jamais savoir si on en reviendra.
Elle me serrait plus fort contre elle, me lança un regard pétillant, puis partit. Je serrais les lèvres en espérant ne pas pleurer.
Peu de temps après se fût Hiyori, Yato, Gunter, Harley et Benoit qui s'avancèrent pour me dire au revoir. Les paroles furent courtes et sincères. Les mots chauds et tristes. Nous savions qu'il y avait la possibilité, la grande possibilité, que certains d'entre eux ne reviennent jamais.
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Son Monde
Fiksi Penggemar"Dans un monde des plus banals, dans une ville perdue en France, une jeune femme d'à peine 18 ans se verra vivre des aventures plus qu'incroyables. Un soir où la lune ne montre pas le bout de son nez et où la nuit est sombre, une lumière anormale, d...
