JOURNÉE QUI N'EN FINIT PLUS
Le Caporal soupira. Puis, il se mit debout et m'emportait avec lui en me soulevant par la taille. Mes mains se posaient sur ses bras et je tachais son vêtement du liquide noirâtre. Je levais les yeux vers lui pour voir s'il allait me punir pour ca, mais il n'en fit rien. Il ne le remarqua même pas à vrai dire. Ses mains se posèrent sur mes épaules.
- Tu as condamné cette femme.
- Q... quoi ?
Il me fixait sans me répondre. Je retrouvais la parole.
- Je l'ai sauvé ! Elle... elle se faisait violer, elle hurlait... elle avait besoin d'aide !
Ma gorge se serrait. Mes yeux commencèrent à me piquer.
- Ne pleure pas.
Je secouais la tête de haut en bas, la bouche tremblante.
- J'essaye, je répondais.
Son visage était proche du mien et son odeur me chatouillait les narines, me réconfortant un tant soit peu. Je reniflais un coup sec, puis je relevais mes yeux vers son regard, il était gris. Livaï était calme.
- P... pourquoi ? Demandais-je.
- À cause de ce que tu as fait à l'homme, lui et ses potes vont faire la peau à cette cinglée. Enfin, pas si cinglée que ça.
Il soufflait en regardant sur le côté, lâchant mes yeux.
- En te tuant, elle aurait sauvé sa vie.
- Mais.. vous êtes entrain de me dire qu'il aurait fallu que... je la laisse à la mercis de cet homme ?
Mes larmes refirent leur apparition. Une s'échappa de mon œil. Je voulais l'essuyer, honteuse de finalement pleurer, mais Livaï fut plus rapide : d'un coup de doigt sur ma joue, il l'enleva.
- Je t'ai dis de ne pas pleurer.
- J'y peux rien !
Il soufflait encore et lâchait mes épaules. Je m'adossais au mur derrière moi, croisant mes bras sous ma poitrine. J'aurai aimé que son contact dure plus longtemps. Je me sentais seule.
Je le vis s'essuyer son doigt avec sa cape. Une moue de dégoût s'étala soudainement sur son visage. Je ne m'y attardais pas, car cela m'aurait vexé plus que nécessaire sinon.
- Ici, c'est le plus fort qui survit. Les faibles on en fait ce qu'on veut. On les manipule à notre guise, on les tue pour un bout de pain, on les viole lorsqu'on en a envie, on les frappe quand on s'ennuie. C'est la règle ici.
- Mais... comment je pourrais bien faire croire que je viens d'ici ? Je ne peux pas, c'est trop ...
- Si un jour on te demande d'où tu viens, sois évasive sur le sujet. Ceux qui viennent des bas fonds ne parlent pas de ce qu'ils y ont vu.
Il fronçait fort des sourcils. Alors, seulement maintenant, je tiltais.
- D'où est ce que vous venez, Caporal ?
- Ça te regarde, morveuse ? Me répondait-il, une pointe de moquerie dans la voix.
Je lui souriais. Il me fixait un instant. Il ne fronçait pas les sourcils.
Il me prit la main et m'entraînait dans la rue principal. Mon ventre se tordait à ce contact.
Sa grande main venait couvrir entièrement la mienne. Elle était chaude. Forte, robuste. Elle me protégeait.
Rougissante sous mes joues sales, je ne disais pas un mot. Rabattant ma capuche, je le suivais, tirée derrière lui par sa main ne lâchant pas la mienne.
VOUS LISEZ
Son Monde
Fanfiction"Dans un monde des plus banals, dans une ville perdue en France, une jeune femme d'à peine 18 ans se verra vivre des aventures plus qu'incroyables. Un soir où la lune ne montre pas le bout de son nez et où la nuit est sombre, une lumière anormale, d...
