Chapitre 5

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⚠️⚠️ Propos ou actes pouvant heurter votre sensibilité, je vous ai prévenue. Je suis responsable de ce que j'écris pas de ce que vous lisez⚠️⚠️

Je referme la porte d'entrée aussi doucement que possible, avançant sur la pointe des pieds dans le noir, la tête pleine de pensées confuses. Je ne suis pas rentrée tout de suite après la découverte de la boussole, j'ai traîné, erré surtout, incapable de me fixer une direction ou de trouver un sens à tout ça.

La lumière du salon s'allume soudain, dévoilant ma mère en peignoir défraîchi. Ses cernes creusent ses yeux, lourds comme des chaînes, son chignon habituellement impeccable est décoiffé, et son regard... son regard est aussi dur et noir que mes sous-vêtements. Pas une ride visible pourtant. Je devine déjà le savon qu'elle va me passer.

— Où étais-tu ? lance-t-elle d'une voix glaciale, chaque mot tranchant l'air comme un coup de fouet.

— Partout et nulle part à la fois, je réponds d'une voix basse, presque un murmure.

Elle s'approche, la colère monte à son paroxysme, son visage se crispe.

— Tu pars chez les Cameron pour dîner, je t'ordonne de revenir juste après pour rencontrer ton avenir, et tu disparais jusqu'à minuit ?! hurle-t-elle, les yeux pleins de reproches. C'est ton avenir qui est en jeu, Aïkida, quand est-ce que tu vas le comprendre ?! Je m'efforce de faire en sorte que tu ne manques de rien et voilà comment tu me remercies ! Tu es privée de sortie. Point final. Tu resteras ici, sous nouvel ordre.

— Non ! Tu ne peux pas faire ça ! m'indigne-je, refusant de céder.

— Je suis ta mère ! crie-t-elle, la voix aigüe, déchirante. Tu ne me réponds pas ! J'ai eu honte aux côtés de monsieur Kolmer ! Te rends-tu compte de ce que tu as fait ?! Ton avenir était servi sur un plateau d'argent, et toi tu le laisses tomber.

Les mots claquent comme des coups de fouet. Je sens la colère me monter à la gorge, la rage au creux de mes entrailles.

— Mon avenir je te le fou dans le cul aussi profondément que possible ! Craquais-je.

Ma tête tourne sur le côté, ma joue me brûle. Ma propre mère vient de lever la main sur moi ?

— J'ai honte un peu plus chaque jour de ce que tu deviens. Crache sans vergogne ce qui me sert de mère. Monte dans ta chambre.

Je dévale les escaliers, le cœur lourd et la rage brûlante. Mon frère est là, assis sur le lit. Il me regarde, inquiet. Sans un mot, je me jette dans ses bras, cherchant un refuge dans sa chaleur, dans son silence protecteur. Ses bras m'enlacent fermement, comme s'ils pouvaient contenir toutes mes tempêtes. Je pleure, non pas parce que je suis faible, mais parce que je suis humaine.

— Où étais-tu ? Je t'ai cherché partout, murmure Topper, assis sur mon lit, les bras croisés, le regard inquiet.

Je reste debout, figée, les bras ballants. Je n'ai plus la force.

— Est-ce que ça a encore de l'importance ? je souffle, épuisée, la voix cassée.

Il soupire longuement, les épaules affaissées, mais ne bouge pas. Il ne me sermonne pas. Il ne me juge pas. Il attend.

— Je n'ai pas honte de toi, moi. Reste comme tu es et tout se passera bien.

Cette phrase m'achève. Mes jambes me lâchent presque, et je tombe dans ses bras. Je sanglote contre son torse, les larmes imbibant son t-shirt sans qu'il dise un mot. Sa main glisse dans mes cheveux, avec cette tendresse rare qu'il garde uniquement pour moi.

Outer Banks - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant