— Faites les sortir !
— Je n'ai pas ce pouvoir madame Thornton.
— Et moi j'ai assez d'argent pour vous faire virer !
Je fronce les sourcils, clignant des yeux. Pourquoi ça crie comme ça, sérieux ? Je dormais trop bien, moi. Flottant dans un demi-sommeil étrange, cotonneux... comme si tout était un peu flou. Lointain. Comme si mon corps était là, mais que moi... j'étais encore ailleurs.
— Maman, laisse-les tranquilles, intervient une voix que je reconnais.
Topper ?
Je papillonne des paupières, la lumière m'agresse un peu. Les contours des visages sont flous. Je me sens engourdie, comme ralentie. L'anesthésie me tient encore dans ses griffes. J'ai l'impression que mes pensées mettent trois secondes à se rendre à ma bouche.
— Ne dis pas un mot de plus, Topper, siffle ma mère. Des ordures restent des ordures. Elles n'ont rien à faire au chevet de ta sœur.
Je tourne la tête avec lenteur, chaque mouvement résonne dans mon crâne. Comme un tambour étouffé.
— Topper ? dis-je d'une voix faible, pâteuse. Pourquoi tu veux pas jeter les déchets ?... Tu veux ta mort ou quoi ?
Ma phrase n'a aucun sens mais dans ma tête, elle sonnait très bien. Je crois.
Une main chaude serre doucement la mienne. Je lève un peu les yeux ou plutôt je crois les lever et la tête de mon frère apparaît dans mon champ de vision. Floue mais présente. Il sourit un peu.
— Les déchets dont parle maman ne sont pas ceux que tu crois. Tu préférais les avoir à tes côtés. Crois-moi.
Je plisse les yeux. Mon cerveau rame.
— Relève-moi la tête... s'il te plaît, soufflai-je en laissant ma phrase traîner comme un murmure.
Il s'exécute sans un mot. Le haut du lit s'incline lentement, mais aussitôt, mon ventre me hurle dessus. Une douleur sourde, profonde, qui me fait grimacer. Je m'accroche à la barre de sécurité à ma droite, les doigts tremblants. Je serre les dents. Tout est flou, mon corps est lourd, mes gestes flottent. J'ai l'impression d'être en dehors de mon corps.
Je tourne la tête à droite. Ma mère. Topper. Un infirmier au regard crispé.
Puis, un mouvement attire mon attention sur ma gauche. Lentement, je tourne la tête. Mon regard se pose sur cinq silhouettes. Un blond. Deux bruns. Une blonde. Une brune. Ils me fixent tous avec des yeux ronds, comme si j'étais une sorte de miracle sorti d'un film.
John B n'est plus recouvert de boue. C'est étrange.
J'essaie de sourire mais mon visage refuse de suivre. Tout est bizarre. Mon corps m'appartient à moitié. Ils sont là. Tous. Mes Pogues. Et moi... je flotte.
— Oh, bonjour les déchets...
Ma voix est rauque, pâteuse, à peine audible, mais le ton sarcastique passe. La main qui serre la mienne, je la reconnais maintenant : Sarah. Elle a les yeux humides et l'air au bord de la panique. Je tourne la tête vers elle, lui offrant un demi-sourire fatigué.
— Qu'est-ce qu'ils t'ont fait Aïkida ?!
— Arrête de crier... je suis pas sourde, je murmure, en grimaçant.
Je reporte lentement mon attention sur ma droite. Là où se tient ma mère, raide comme un piquet, les bras croisés et l'expression dure.
Mais avant ça, je leur adresse un vrai sourire. À mes Pogues. Même si je suis cassée de partout, je suis contente qu'ils soient là.
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Outer Banks - Tome 1
أدب الهواةAïkida, une jeune Kook tiraillée entre les attentes de son monde et ses propres désirs, décide de briser les barrières de sa vie dorée pour rejoindre les Pogues dans une quête aussi fascinante que périlleuse : une chasse au trésor légendaire. Pour e...
