Après avoir monté les marches grinçantes du porche, nous nous retrouvons face au disjoncteur.
— C'est quoi ce bordel ? souffle Kiara à mi-voix, les sourcils froncés.
Je plisse les yeux à mon tour. Des câbles dans tous les sens, certains rafistolés avec du scotch, d'autres qui disparaissent à l'intérieur de la maison. Une œuvre d'art version électrocution.
— Fais chier... Ça part à l'intérieur, constate Sarah avec un ton plus agacé qu'effrayé.
Je tends la main vers la boîte en fer. Elle résiste un instant, puis s'ouvre avec un grincement sinistre. Par réflexe, je retiens mon souffle. Kiara pousse la porte d'entrée, elle s'ouvre sans effort.
Un mauvais pressentiment me serre la gorge, mais on avance, une à une, dans le silence le plus religieux. Jusqu'à ce qu'un chat noir surgisse d'on ne sait où et miaule comme s'il sortait de l'enfer. Mon cœur loupe un battement. Je sursaute si fort que j'en cogne Kiara avec ma lampe.
— Bordel de merde ! soufflé-je entre mes dents.
Kiara lève sa lumière, repérant un fil au plafond. Nous suivons discrètement le câble jusqu'à une petite pièce à côté, où il est branché à un boîtier. Sans réfléchir, j'appuie sur le bouton rouge. Un à un, les appareils s'éteignent dans un petit clic satisfaisant. On se tape dans les mains, dans un silence excité, presque triomphant.
Mais soudain, un bruit sec, presque métallique, retentit derrière nous. Mon sang se fige. Les poils sur mes bras se hérissent. Personne ne parle. On retient toutes notre souffle comme si ça pouvait nous rendre invisibles. Puis je lève doucement deux doigts, indiquant aux filles qu'on bouge. Elles acquiescent d'un signe de tête. On commence à se replier discrètement vers l'entrée. Mais à peine avons-nous fait deux pas qu'un craquement nous paralyse. Quelqu'un descend l'escalier principal.
— Léon s'est toi ? Tu es revenu ?
Une voix rauque, brisée, résonne dans l'obscurité. Je plaque ma main contre ma bouche, luttant pour ne pas crier. C'est pas vrai. Pas maintenant. Pas elle. Quelque chose frôle mon épaule. Je recule d'un bond et me cogne contre Sarah et Kiara qui sont collées derrière moi.
— Je t'entends Léon, je t'ai attendu toute la nuit !!!
Soudain, elle apparaît dans le faisceau de Kiara. Son visage. Ses yeux. Blancs. La vieille est là. Son regard vide scrute dans le vide mais son corps est tendu, à l'affût. On dirait qu'elle sent notre peur.
Je pousse un cri étranglé, et sans réfléchir, je tourne les talons et cours comme si ma vie en dépendait. Je bifurque à droite. Puis à droite encore. J'ignore où je vais. Je veux juste partir. Quand je me retourne, je réalise que les filles ne m'ont pas suivie.
— Putain !
Je cherche un coin où me planquer et tombe nez à nez avec une batte de baseball. Je la ramasse. Bon, j'ai déjà vu des films où ça suffisait, non ?
Une vieille aveugle + une batte de baseball = match équilibré ?
Ou pas.
J'entends des bruits de lutte venant de là où je les ai laissées. Merde. Elles se battent. Elles ne sont pas armées. Et moi, j'ai fui comme une lâche. Je serre la batte et rebrousse chemin, le cœur battant la chamade.
Mais à peine ai-je atteint la porte que je me la prends dans la gueule : littéralement. Elle se referme juste devant moi. De l'autre côté, j'entends Kiara hurler quelque chose, suivi d'un vacarme assourdissant.
VOUS LISEZ
Outer Banks - Tome 1
FanfictionAïkida, une jeune Kook tiraillée entre les attentes de son monde et ses propres désirs, décide de briser les barrières de sa vie dorée pour rejoindre les Pogues dans une quête aussi fascinante que périlleuse : une chasse au trésor légendaire. Pour e...
