Chapitre 50

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Prête à affronter une nouvelle journée que je pressens déjà chaotique, je descends les escaliers d'un pas rapide, mes baskets claquant contre le bois vieilli. L'odeur du café froid flotte encore dans l'air, mais je n'ai pas le temps, ni l'envie, de m'y attarder.

— Tu comptes vraiment sortir les cheveux trempés ? balance ma mère, plantée devant la table du salon, les deux mains posées à plat comme si elle voulait dominer l'espace.

Je lève à peine les yeux vers elle. Ma patience est aussi mince que mes mèches dégoulinantes.

— Ils sécheront au soleil, réponds-je sèchement en continuant ma route vers la porte.

— As-tu pensé à ta blessure ? Tu dois rester encore au lit trois jours. Ordre du médecin.

Je m'arrête une demi-seconde, puis me retourne doucement.

— De un, ça fait deux jours que je suis plus à la maison, mais ça t'aurait échappé vu que t'es pas venue une seule fois voir si j'étais en vie. Et de deux, depuis quand tu t'inquiètes pour moi ? T'as changé de rôle pendant la nuit ou quoi ?

Elle soupire longuement, exaspérée, comme si j'étais le problème, et lève une main dans un geste vague vers la porte. Ses bracelets tintent dans un bruit sec, métallique, comme un avertissement.

— Très bien, sors. Mais ne viens pas pleurer si ta blessure s'ouvre. Je t'aurais prévenue.

Je serre les dents. Depuis quand je viens demander quoi que ce soit à cette femme ? Je n'ai pas souvenir d'un seul moment où elle a été là quand j'avais besoin d'elle.

Je reprends ma marche, ma main se posant sur la poignée de la porte.

— Et tu rentres tôt ce soir. Pas de discussion.

— Oui, chef.

Ma voix est chargée de sarcasme, mais je n'attends pas sa réponse. Je franchis le seuil, laissant derrière moi le parfum d'une maison qui n'a jamais vraiment été un foyer.

Le soleil tape déjà fort, et l'air est moite. Je traverse le jardin puis les petites rues, en direction du château de John B. 

Je suis à mi-chemin du château quand le vrombissement d'un moteur me fait lever la tête. Une moto que je connais trop bien vient freiner brusquement devant moi. Rafe saute de sa bécane comme s'il sortait tout droit d'un cauchemar, retire son casque et dévoile ce même sourire suffisant qui me donne envie de lui refaire le portrait à chaque fois.

— Aïkida, tu dois venir avec moi.

Direct, sans bonjour, sans explication. Typique de lui.

— Pourquoi je te suivrais, Rafe ? C'est pas comme si j'avais oublié à quel point t'étais toxique.

— T'as pas le choix.

Il s'approche d'un pas, sûr de lui. Je serre les poings.

— On a toujours le choix. Et crois-moi, si tu dégages pas dans la seconde, mon choix va se porter sur un joli crochet dans ta sale gueule de clébard.

Ses yeux s'assombrissent, mais son sourire reste accroché à sa bouche, comme s'il savourait déjà le chaos.

— Répète un peu ? balance-t-il en avançant d'un pas, provocateur.

Une autre moto surgit sur le bas-côté et s'arrête à quelques centimètres de moi. Je reconnaîtrais ce bruit de moteur entre mille. JJ. Il descend calmement, retire son casque, et ses yeux clairs balayent la scène en un clin d'œil.

Outer Banks - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant