Chapitre 7

10.3K 337 228
                                        

Un grand BAM résonne contre la porte d'entrée, me faisant bondir sur place. Mon cœur s'emballe comme une alarme interne impossible à désactiver.

Services sociaux ! Je sais que vous êtes là !

Je me redresse d'un coup dans le lit, la gorge sèche, la panique en alerte maximale.
John B émerge aussi, les yeux à moitié fermés, les cheveux en bataille. Il se redresse lentement, visiblement encore à moitié endormi. Mais moi, je suis déjà en état d'alerte.

Les services sociaux ?! chuchotai-je en me tournant vers lui, totalement affolée. Pourquoi ils sont là ?! Tu veux que je leur dise que t'es pas là ? Que t'es parti chez un pote ou je sais pas quoi ?!

Il fronce les sourcils, encore un peu dans le brouillard, quand tout à coup un bruit violent claque contre la fenêtre juste au-dessus de lui, suivi d'un éclat de rire sonore, moqueur et bien trop satisfait.

Je t'ai eu, gars ! hurle une voix familière.

John B pousse un long soupir, lève les yeux au ciel, puis laisse retomber sa tête contre l'accoudoir avec un air profondément blasé.

Putain, JJ...

Son ton est un mélange de lassitude et de résignation. Quant à moi, je reste figée une seconde, l'adrénaline encore accrochée à mes nerfs. Je me relève, traverse la pièce et m'approche de la fenêtre.

Le coupable est là, à l'extérieur, un sourire jusqu'aux oreilles : JJ, le blondinet incontrôlable aux idées toujours plus foireuses. Son regard croise le mien. Et dès qu'il me voit, moi, les cheveux en vrac, en tee-shirt trop grand, manifestement sortie tout droit d'un lit qui n'était pas le mien : son sourire s'efface net. Il se fige, comme pris la main dans le sac, puis détourne les yeux et disparaît de mon champ de vision.

La porte d'entrée s'ouvre brusquement dans un courant d'air. JJ entre comme une tornade, la démarche nonchalante, comme si de rien n'était.

— Tu te tapes Thornton mec !

La voix de JJ claque comme une détonation dans le salon, me faisant grincer des dents. Sérieusement ? Voilà comment commence ma matinée ?

Arrête de raconter des conneries, grogne John B en se frottant le visage. Je l'héberge. Pour la nuit. C'est tout.

JJ se marre, bruyant, moqueur, incapable de cacher son amusement.

Genre elle a besoin d'être hébergée, celle-là. balance-t-il en me désignant d'un signe du menton, son sourire s'élargissant encore.

Je serre les dents, prête à répliquer, mais John B me devance et cette fois, son ton est plus sec. Défensif, même.

— Oui elle en a eu besoin. Grogne à son tour John B avant de se lever. Sa mère l'a frappée.

Le silence tombe brutalement dans la pièce. Comme s'il venait de lâcher une bombe sans le vouloir. John B écarquille les yeux, se rendant compte trop tard qu'il vient de dépasser une ligne que j'aurais peut-être voulu garder invisible.

JJ, de son côté, ne rit plus du tout. Il me regarde avec une drôle d'intensité, ses yeux perdant soudain leur éclat de provoc. Ce n'est plus de la moquerie dans son regard. C'est un mélange d'interrogation, de gêne... et peut-être un peu de respect tordu. 

Je le fixe froidement.

— Qu'est-ce que tu regardes ? M'énervais-je. Il n'y a pas mort d'homme. Ça t'es jamais arrivé de recevoir une fessée quand t'as fait une connerie ?

Outer Banks - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant