Chapitre 16

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Allongée à côté de Kiara sur le pont du bateau, je laisse le soleil m'engloutir. Ma brûlure est bien visible, mais je m'en fiche. Ils sont tous au courant, alors autant leur faire croire que je l'assume totalement. C'est plus simple que d'expliquer. Et au premier curieux qui me demandera, je lui sortirai l'excuse toute faite : « Tâche de naissance. Rien de bien fascinant. »

Un bruit de moteur nous fait lever la tête. JJ, déjà debout à l'avant, se redresse d'un air faussement impressionné.

— Vous voyez ça ? C'est le meilleur bateau de sillage du monde. Il allie luxe, qualité et performance. Un vrai bijou. Minimum deux cents mille dollars.

Trois cent quatre-vingt mille exactement, mais je me retiens de corriger. Pas envie de passer pour la fille qui connaît le prix des jouets des riches.

— On a clairement mal choisi nos parents, soupire Pope, les bras croisés derrière la tête.

— Je ne veux pas casser votre délire, mais... c'est Topper. Et sa copine.

Mes yeux s'ouvrent aussitôt.

Putain...

J'ajuste légèrement mes lunettes de soleil pour masquer ma surprise, mais mon regard reste bien fixé sur eux. Royaux, c'est le mot. Ils ont l'air de sortir tout droit d'une brochure sur la supériorité génétique. Sarah observe la scène avec son habituel air condescendant. Topper, lui, me regarde droit dans les yeux, la mâchoire crispée, presque tremblante.

Je baisse un peu mes lunettes, juste assez pour qu'il voie mes yeux. Et je lui balance un doigt d'honneur bien net, bien haut. Mon sourire ? Glacial.

Quand leur yacht s'éloigne enfin, je me redresse brusquement.

— Merde ! J'avais complètement zappé !

— Quoi ? s'étonne Kiara.

— C'est aujourd'hui le ramassage de déchets sur la plage !

— Attends... des Kooks qui participent à la préservation de la planète ? ricane JJ, l'air de ne pas y croire une seule seconde.

— Eh oui, répondis-je, faussement solennelle. À défaut d'aider les Pogues, ils sauvent dame Nature.

— Je peux être dame Nature pour toi dans ce cas.

Depuis quand il drague aussi ouvertement ? Ah oui. JJ et son tableau de chasse. Il a décidé de cocher toutes les cases, visiblement. Je le fixe un instant, puis je lève un sourcil.

— Comme tu peux le constater, je ne nettoie pas la planète. Donc je ne nettoie pas ton cul.

Les autres explosent de rire. JJ lève les mains, faussement vexé.

— Aïe. Touché. J'abandonne l'idée d'être recycler.

— T'as bien raison, y'a rien de biodégradable chez toi, rétorque John B, sourire aux lèvres.

Je ris, malgré moi. L'ambiance est légère, presque normale. Un petit moment volé où on oublie les tensions, les classes sociales, les traumas. Juste nous, le soleil, l'eau salée... et quelques piques bien senties.

— Rhabillez-vous, on arrive.

Je relève les yeux vers John B. qui désigne l'endroit d'un geste du menton. Un hôtel quatre étoiles. Devant nous, les portes vitrées étincellent, impeccables. Le genre d'endroit qui sent le parfum hors de prix et le mépris des pauvres.

— Restez sur vos gardes, on est en territoire ennemi.

Je roule des yeux, déjà fatiguée par son ton dramatique. Il dégaine son flingue comme dans un mauvais film d'action, ce qui déclenche aussitôt une salve de protestations.

Outer Banks - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant