Après peut-être une quarantaine de minutes à marcher sans but réel, j'atteins enfin la maison. Mon corps est épuisé, ma tête au bord de l'explosion. Même grimper à l'arbre pour rejoindre ma chambre me semble être une montagne. J'abandonne l'idée. De toute façon, maman sait sûrement que je ne suis plus enfermée là-haut depuis bien longtemps. La nuit tombe, et mon absence est impossible à ignorer.
J'ouvre la porte d'entrée doucement. Pour la première fois de la journée, je rentre chez moi. Cet endroit censé représenter la sécurité. La chaleur. La famille. Mais pour moi, ce n'est qu'un abri temporaire.
— Aïkida ? C'est toi ? appelle la voix de ma mère depuis le salon.
Il y a dans son ton une note d'inquiétude qui s'efface aussitôt qu'elle me voit apparaître. Son regard balaie mon état, vêtements poussiéreux, bras égratignés, visage fermé. Et son visage change. Pas de tendresse. Pas de soulagement. De la colère. Du jugement. Elle croise les bras, hautaine, comme si ma simple présence l'accusait.
— Tu as osé faire le mur... pour finir comme ça ? dit-elle, en désignant d'un geste vague mon apparence. Il n'y a que sur la terre des Pogues qu'on peut ressortir aussi sale. Qu'est-ce que tu foutais là-bas ?
Ses mots me percutent comme une gifle. Pas un « tu vas bien ? », pas un mot sur mes yeux rouges, mes épaules affaissées, ma détresse palpable. Juste une attaque. Une de plus. Je serre les dents pour ne pas exploser. J'ai déjà vidé trop d'énergie ce soir.
— J'y étais pas... mentis-je d'une voix lasse. Maman, je suis épuisée. Émotionnellement. Alors s'il te plaît... est-ce qu'on peut avoir cette discussion demain ?
Un silence s'installe. Elle me scrute de haut en bas avec une froideur qui me donne presque froid. Puis, d'un simple signe de la main, elle m'indique de dégager.
Pas un mot de plus.
Je hoche à peine la tête et me détourne, montant lentement les escaliers. Une marche. Puis une autre. Chaque pas est lourd, comme si je portais tout le poids de la journée sur le dos.
— Je m'inquiète pour toi, tu sais...
Sa voix résonne faiblement derrière moi alors que je continue à monter les escaliers, le regard fixé sur les marches. Elle sonne plus douce qu'avant. Presque sincère. Mais je suis trop fatiguée pour me retourner. Trop écorchée pour encore espérer.
Je monte une marche. Puis une autre.
— Aïkida ?
Je m'arrête, la main posée sur la rampe. Je ne dis rien. Mon silence vaut toutes les réponses : je t'écoute, mais fais attention à ce que tu vas dire.
Elle soupire, puis poursuit, hésitante :
— Je suis désolée pour hier... J'étais en colère, j'ai réagi trop vite, je n'ai pas mesuré mes mots... Mais... tu es toujours punie.
Un petit rire amer m'échappe. C'est plus fort que moi. Toujours punie. Comme si c'était le cœur du problème. Comme si ce soir, ce que je redoutais vraiment, c'était une punition.
Elle croit peut-être qu'un « je suis désolée » effacera tout. Que les mots lancés hier soir ne m'ont pas touchée. Mais je ne suis plus une gamine à qui on offre une excuse pour balayer la poussière sous le tapis.
Je me redresse lentement et me retourne à moitié, sans croiser son regard.
— Il ne suffit pas d'être désolé maman, ne recommence pas sinon je ne reviendrais pas.
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Outer Banks - Tome 1
FanfictionAïkida, une jeune Kook tiraillée entre les attentes de son monde et ses propres désirs, décide de briser les barrières de sa vie dorée pour rejoindre les Pogues dans une quête aussi fascinante que périlleuse : une chasse au trésor légendaire. Pour e...
