Chapitre 23

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— Ne te rends pas malade, ils étaient trois on était deux. C'est typique des Kooks.

La remarque passe crème, mais je lui donne un petit coup de coude dans les côtes.

Eh, fis-je avec un sourire. Pas tous les Kooks.

Il grimace, lève les yeux au ciel et secoue la tête.

— Ouais ouais, d'accord, toi t'es une exception, on le sait.

Il me lance un regard moqueur mais sans méchanceté. J'haussai les épaules, faussement fière.

La journée avait été plutôt tranquille. Une matinée à traîner au Château à ne rien faire de productif sauf peut-être perfectionner l'art de glander puis un après-midi chez Pope. Maintenant, on traînait dans la boutique de son père, au milieu des bibelots et des antiquités qui sentaient le vieux bois et les souvenirs.

— D'où t'es venu ce coup de tête ? me demanda JJ soudainement, le ton plus curieux que moqueur.

Je me tournai vers lui, un peu surprise.

J'en sais rien... J'ai agi à l'instinct.

Pope, qui était resté un peu en retrait jusqu'à maintenant, leva enfin les yeux vers nous. Je capte son regard, et un léger sourire naît sur mes lèvres.

— Sérieux, à qui ? demandai-je, la voix un peu plus basse, mais pleine d'amusement.

Il se mord la lèvre, comme s'il hésitait à le dire, puis lâche finalement dans un souffle :

— Topper.

Je reste figée une seconde... avant d'éclater de rire.

— Eh ! Bien joué ! lançai-je, sincère, en lui adressant une tape sur l'épaule.

Il me rend mon sourire, l'air presque soulagé. Je crois qu'il avait peur que je le prenne mal. Mais il n'y a rien à prendre mal.

— Ce n'est pas parce que c'est mon frère que je vais pas féliciter mon... ami ?... pour s'être défendu, ajoutai-je, légèrement hésitante sur le mot "ami", que je glisse presque du bout des lèvres.

JJ arque un sourcil.

— "Ami" ? répète-t-il, l'air moqueur.

— Tu veux que je dise quoi ? Héros du jour ? Champion de la castagne ?

— Non, c'est bon, garde "ami", c'est mignon, se moque-t-il.

Pope, lui, détourne les yeux, mais je vois le coin de sa bouche se relever discrètement. Et malgré la fatigue de la veille, malgré la tension toujours présente dans un coin de ma poitrine, cette scène me fait du bien. Légère. Simple.

— Pope, il y a quelqu'un pour toi.

La voix d'Heyward résonne à travers la boutique, un brin hésitante. On entend aussitôt les pas lourds de Shoupe qui débarque, uniforme impeccable, l'air aussi agréable qu'un orage en plein mois d'août. Mon estomac se noue aussitôt. Mauvais pressentiment.

— Monsieur Heyward, dit-il d'un ton sec. J'ai un mandat d'arrêt pour destruction de biens. Les mains bien en évidence sur le comptoir.

Pope, pris de court, reste figé. Je me place instinctivement devant lui, bras levés, comme un réflexe animal.

— Reculez, mademoiselle, ordonne Shoupe, agacé.

— Qu'est-ce qu'il a fait ?! s'écrie Heyward, dépassé.

— Regardez le mandat, Heyward, réplique Shoupe en lui tendant le papier. C'est clair.

Outer Banks - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant