Voilà une semaine que je suis enfermée chez moi. Une semaine à tourner en rond, à ne rien faire d'autre que traîner en pyjama, manger n'importe quoi et fixer le plafond en me demandant si ma hanche cicatrise correctement. J'ai pas mis le nez dehors une seule fois. À ce stade, j'ai presque l'impression d'être une recluse.
Heureusement, les Pogues n'ont pas disparu. Tous les soirs, ils escaladent la gouttière comme des pros de l'infiltration, grimpent jusqu'à ma fenêtre et s'incrustent dans ma chambre comme si c'était leur QG. Tous, sauf Sarah, évidemment. Elle, elle a le privilège du bonjour légal par la porte d'entrée, parce que ma mère l'adore. Et peut-être aussi parce qu'elle est la seule à ne pas empester l'herbe et la sueur à 100 mètres.
Une semaine et demie que je patiente. Que j'attends le bon moment, celui où on pourra enfin échanger ce fichu lingot d'or. Il trône dans une boîte planquée sous mon lit, et rien que de savoir qu'il est là, ça me rend fébrile. Pas pour ce qu'il représente vraiment, mais plutôt pour ce qu'il annonce. Une nouvelle étape. Un tournant.
Je sais pas exactement ce que ça changera d'être riche. Je veux dire... plus riche. Parce qu'on va pas se mentir, avec ou sans or, ma vie est déjà suffisamment chaotique à sa façon. Et j'ai promis que je ne toucherai pas à l'argent. Même si les autres passent leur temps à me faire la morale, à insister, à dire que j'ai risqué ma vie comme eux, que j'y ai autant droit. Peut-être. Mais j'en ai pas envie. Je veux juste que les choses restent simples. Autant que possible.
Et puis... il y a JJ.
Je suis un peu déçue, je vais pas mentir. On n'a pas parlé des baisers. Pas une seule fois. Comme si c'était un mirage, un moment volé qui n'a pas de lendemain. On n'a rien clarifié, rien osé aborder. Et franchement ? Ça me bouffe un peu. Parce que je pensais qu'on avait franchi un cap. Qu'il s'était passé quelque chose de vrai. Quelque chose de fort.
Mais non. Rien.
J'imagine que le bon moment viendra. Plus tard. Peut-être quand je ne boiterai plus comme une mamie. Peut-être quand il se décidera à faire le premier pas pour de bon. Ou peut-être jamais. Et c'est ça, le pire : ce foutu peut-être qui reste suspendu entre nous.
— Aïkida ! Bouge ! chuchote une voix un peu trop forte pour un murmure.
Je roule des yeux et me penche vers la fenêtre. Quand on parle du loup...
— Attends deux minutes, non ? soufflai-je.
Ma mère ne monte jamais, ou presque jamais. Une seule fois en une semaine, et encore, c'était le jour de mon retour de l'hôpital, juste pour m'asséner une punition bien sentie avant de redescendre comme si j'étais redevenue invisible. Autant dire qu'elle ne risque pas de remarquer mon absence maintenant.
J'enjambe la fenêtre, lentement. La hanche tire un peu, mais ça passe. Je me réceptionne avec précaution, grimaçante, puis souffle.
— T'es content ? Je suis là.
— Oui très, deux semaines c'est long, dit-il avec un sourire en coin.
— Crétin, répondis-je en lui collant une tape sur l'épaule, sourire en retour.
— Allez viens, ils nous attendent.
— Ça fait deux semaine qu'on poireaute, ils peuvent bien patienter une minute de plus, non ?
Il arque un sourcil, une étincelle joueuse dans le regard.
— Oh, parce que tu veux faire quoi pendant la minute ? Joue-t-il avec ses sourcils.
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Outer Banks - Tome 1
FanfictionAïkida, une jeune Kook tiraillée entre les attentes de son monde et ses propres désirs, décide de briser les barrières de sa vie dorée pour rejoindre les Pogues dans une quête aussi fascinante que périlleuse : une chasse au trésor légendaire. Pour e...
