Je lève les yeux vers la silhouette qui vient de prononcer mon prénom. Son regard s'accroche au mien, interrogateur, mais pas agressif.
— Aïkida, corrige-je presque machinalement, la voix un peu éteinte.
Il incline légèrement la tête, comme s'il enregistrait l'information, puis demande :
— Qu'est-ce que tu fais là ?
Très bonne question. Je lève les yeux au ciel un instant, essayant de remettre de l'ordre dans mes pensées. Qu'est-ce que je fiche ici, en plein milieu de la nuit, devant chez lui ?
— Je ne sais pas vraiment, tu m'as dit de revenir chez toi demain. Et aujourd'hui c'est le demain d'hier.
Il fronce les sourcils, légèrement perdu, alors je hausse les épaules dans un soupir. Je crois que je viens juste de perdre John B dans une boucle temporelle absurde.
— Il doit être plus d'une heure, tu m'embrouilles l'esprit avec tes conneries, murmure-t-il, mi-amusé, mi-inquiet.
— Ouais, désolée... Je sais même pas pourquoi je suis là, avouai-je, plus pour moi-même que pour lui.
Il descend lentement de son hamac, les pieds nus foulant le bois du perron. Son regard glisse lentement de mon visage à mon corps, comme s'il cherchait quelque chose sans vraiment savoir quoi. Puis, soudainement, il s'arrête. Entre ses sourcils, une ride se creuse.
— Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demande-t-il doucement.
Il s'avance un peu, tend la main et attrape délicatement mon menton entre ses doigts pour faire pivoter mon visage vers la lumière blafarde du porche.
— Pourquoi ta joue est rouge comme ça ? C'est gonflé.
Je tressaille au contact. Même si ses gestes sont doux, une partie de moi se referme immédiatement. Ma mâchoire se tend, mes mains se crispent. La gifle de ma mère me revient comme un écho cuisant. J'avais presque réussi à l'oublier... presque.
— C'est rien, dis-je d'un ton trop sec pour être crédible.
Je recule d'un pas, mettant un peu de distance entre nous. Je détourne le regard, honteuse. Honte de ce que je subis. Honte de ce que je tolère. Mais aussi honte d'être venue jusqu'ici sans raison valable, comme si ma douleur allait trouver refuge chez quelqu'un d'aussi paumé que moi.
Il ne bouge pas. Il attend, me laissant l'espace de parler ou de me taire.
Et quelque part, ça vaut plus que n'importe quelle question.
— Je peux te demander un service ? demandai-je, cherchant à changer de sujet.
— Oui, bien sûr. Dis-moi, répondit-il aussitôt, sans hésitation.
Je souffle légèrement. Il est beaucoup trop gentil ce gars. Moi qui n'arrête pas de le traité d'idiot dans ma tête.
— Rien, laisse tomber. Bonne nuit, John B.
Je me détourne, redescendant les quelques marches du perron, quand une main attrape doucement mon bras. Mon cœur rate un battement. Réflexe immédiat : je me retourne brusquement et je retire mon bras de son emprise avec une fermeté instinctive, presque brutale.
— Euh... Désolé... Mais... Enfin... Dit-il confus de mon comportement. Si tu as besoin de parler... Ou du service que tu voulais me demander, il n'est jamais trop tard.
Je le fixe un instant, les yeux plantés dans les siens, mon regard plus fragile que je ne l'aurais voulu. Puis, comme si le courage m'échappait, je baisse les yeux, gênée.
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Outer Banks - Tome 1
FanfictionAïkida, une jeune Kook tiraillée entre les attentes de son monde et ses propres désirs, décide de briser les barrières de sa vie dorée pour rejoindre les Pogues dans une quête aussi fascinante que périlleuse : une chasse au trésor légendaire. Pour e...
