26) PDV de Cindy

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Depuis que je travaille je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi désespérant qu'Alicia. Il m'arrive très rarement de perdre mon calme pourtant dès que j'ai une discussion avec cette femme je finis toujours par sortir de mes gongs. Je pousse le volume à fond et me laisse bercer par la musique de l'autoradio. J'extériorise ma frustration en entonnant le refrain avec une énergie folle, je cris presque et massacre la chanson.

Mon métier n'est pas touts les jours facile, certains patients nous quittent parfois malgré nos efforts pour les sauver. Kana ne sera pas l'une d'eux. Je ne sais pas pourquoi mais cette enfant est différente, elle possède une force mentale exceptionnel, il est impossible qu'elle y reste. Elle a tellement à faire, la vie n'attend qu'elle. J'avais perdu espoir, je l'admet mais l'arrivée de Kei a remit les compteurs à zéro. Tout deux méritent de s'en sortir, et c'est ensemble qu'ils surmonteront cette épreuve.

L'odeur d'antiseptique qui règne en ces lieux écœure souvent les nouveaux arrivants, moi aussi au début elle me piquait les narines et me sapait le moral. Mais maintenant elle est comme l'odeur de mon assouplissant, familière et réconfortante. La porte ouverte au fond du couloir laisse échapper les piaillements de ses occupants. La vie à repris son cour, chacun profite de cette accalmie car nous savons tous que l'avenir va nous jouer encore bien des tours.

La salle d'attente n'est jamais vide, comme dans touts les hôpitaux le personnel est débordé. Les blessés plus ou moins grave s'enchaîne toute la journée. La mine inquiète des proches qui attendent le verdict du médecin, le sourire des enfants encore trop jeunes pour comprendre l'utilité de ce lieu, tout cet ensemble, toute cette diversité de personnes et de cas, fait de mon métier un de ceux qui évolue constamment et qui permettent de faire de belles rencontres.
Je ne compte pas les heures, travail aussi bien le jour que la nuit, mon travail prime sur ma vie privé, ce n'est pas un sacrifice mais un choix.

Kana reprend la chimio aujourd'hui, elle a sauté plusieurs séances à cause des derniers événements. La reprise sera dure, chacun la vit plus ou moins bien mais les enfants de cet âge y sont toujours plus sensible. J'étudie son dossiers, modifie le traitement, adapte les soins aux situations présentes. J'ai suivi l'évolution de sa maladie depuis son arrivée. Elle m'a toujours était précieuse, n'ayant pas d'enfant j'ai tendance à considérer mes petits patients comme des membres de ma famille.

Le vent fait claquer les rideaux contre les fenêtres et le soleil illumine la pièce d'un doux éclat du matin. Kana passe la tête à travers l'embrasure de la porte, elle m'adresse un timide sourire plein d'appréhension, c'est dur mais elle se bat, elle tient. Je l'admire beaucoup, d'autres avant elle ont baissé les bras en ayant mon d'obstacle sur leur route.

- Entre Kana, prend place je t'en prie.

Elle s'assoit en silence sur le siège, émet un léger soupire tout en serrant ses poings sur ses jambes.

- Ma belle...
- Oui?
- J'ai vu ta mère aujourd'hui.
- Elle est passée?
- Non, vu qu'elle ne répondait pas au téléphone je suis allée la voir à son bureau.
- Abstient toi de faire des choses stupides.
- Kana...
- Parce que sans que tu me le dises, je sais déjà se qu'elle t'a répondu. Elle ne se préoccupe pas de moi, les déchets on les jette voilà se qu'elle pense.
- Kana..
- Changeons de sujet, ça ne sert à rien de s'apitoyer sur mon sort. Elle ne m'aime pas, soit. Je ne suis qu'un cadavre ambulant, peut être, mais ça on le sait toutes deux depuis longtemps ça ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie. À moins que pour une fois tes efforts aient donné quelque chose de positif?
- Non...
- C'est bien ce que je pensais.

Comment une gamine peut-elle de critiquer si ouvertement?
Sa mère lui a fait perdre son estime d'elle même, elle aura presque réussi à lui faire également perdre espoir.

L'ambiance est tendu, la colère de Kana a envahi l'espace, il faudrait que j'apprenne à la fermée quand il le faut. Cependant je ne m'inquiète pas, un ou deux sourires de tombeur de la part de Kei lui remettront les idées en place. Car si aucun de mes petits loulous ne s'est donné la peine de le mettre au courant, j'ai bien remarqué le changement, ils respirent l'amour et le bonheur. J'en vient presque à m'inquiéter ... après tout deux ados de 16 ans dans la même chambre dans ces conditions c'est ... comment dire... risqué? imprudent ?... Mais les parents de Kei n'ont rien dit alors se n'est pas moi qui le ferais. Ça me briserai le cœur de devoir séparer nos tourtereaux. Si le concours du plus beau couple de l'hôpital existait ils le remporteraient haut la main... tient tient s'en est une idée ça.

Never give up ...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant