- Tu ne t'es jamais demandé ce que ça ferait de te sortir avec un gars de ton âge ?
C'est une question sortie de nulle part. jusqu'à présent, je pensais, naïvement, que nous respections nos choix de vie entre nous. Mia est la croqueuse d'hommes, Sissi établie dans son couple, et moi la célibataire endurcie. Les rôles sont posés, acceptés. Alors d'où vient cette question ?
- Je n'ai pas envie d'une relation avec un homme. Cela ne m'intéresse pas. Ni avec Mister Klaus, ni avec un mec de mon âge. Mais fais toi plaisir Mia, ne te gêne pas pour moi.
- Ne t'inquiète pas, je n'ai pas besoin de ton aval pour ça.
Elle se tourne et en regardant la foule attablée dans la salle, désigne un jeune homme solitaire dans le fond.
- Tu vois, lui, j'en ferais bien mon dîner !
Au moment où elle s'apprête à se lever dans sa direction pour l'accoster, l'inconnu lève la tête vers nous, la prend de court et marche vers le bar. Comme s'il avait entendu notre conversation, ce qui est impossible vu le brouhaha dans la salle. Mia perd de son assurance et se colle sur Sissi. Son regard à lui est troublant, son aura magnétique.
- Bonsoir mesdemoiselles...
- Bon..soir balbutis Mia
- Désolé de vous importuner, mais ça fait un moment que j'attends qu'on passe prendre ma commande. Alors si la montagne ne vient pas à Mahomet...
Je suis clairement visée. Le ton qu'il l'emploie, la façon qu'il a de me fixer intensément...
- Je suis désolée, répondis-je... je...vous voulez à boire ? C'est la maison qui offre..
- Juste votre numéro. Ou l'heure à laquelle vous terminez votre service...
Je pique un fard incroyable. Ce type a du culot. Et il s'intéresse clairement à moi.
- Voici une pression. Et je termine dans une heure...
- Je m'appelle Ethan.
- Et moi Hazel.
Je dois être fatiguée par mon service. Ou alors c'est le soleil de la Barbade qui a cogné plus fort que je ne l'imaginais sur mon cerveau. Comment expliquer en dehors de ça, la situation dans laquelle je me suis mise ? Ce type est là devant moi et je ne sais pas quoi faire. J'ai accepté sa proposition pour clouer le bec de Mia et donner tort à ses théories. Dans le fond, je n'avais pas renié mes principes. Les mecs ne m'intéressent pas et encore moins ceux de mon âge. Pourtant, c'est moi qui suis dans cette ruelle. Quand je pense que j'ai fait ça juste pour la faire chier. Je me suis mise seule dans la merde.
En fait, j'en veux encore à Mister Klaus. Cela fait trois ans que l'on se voit. Et deux ans que j'attends qu'il se passe quelque chose. Je voudrais qu'il brise la glace. Alors je me venge. Je fais avec Ethan que je rêve de faire avec Mister Klaus. Et ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. .Je plais à Ethan, on ne peut pas être plus clair. Et il me plait. Certes, à côté de Mister Klaus il fait un peu jeunot, mais lui au moins il exprime clairement ce qu'il veut. Et c'est moi qu'il veut.
- Ça fait un moment que je viens dans ce bar... juste pour t'apercevoir.
Ok, donc clairement, il me drague
- Mais j'imagine que tu n'es pas libre. Une fille comme toi, un homme a déjà dû te mettre le grappin dessus, concède-t-il lucide
Un homme ? Je pense à Mister Klaus. Mais non, je ne suis pas en couple. Je suis juste une accompagnatrice occasionnelle.
Mia. Pense à Mia. Qu'est-ce qu'elle dirait dans une telle situation ? Moi, je suis rouillée. Je n'ai pas dragué depuis une éternité (ma dernière target date de Medhi au collège) et je ne me suis pas faite draguer depuis... Mister Klaus. Si on peut appeler ça une drague.
- Tu veux boire un verre chez moi ? C'est moi qui régale.
C'est moi qui ai dit ça ? Putain, je suis en train de perdre le contrôle. Mon appart est en bordel, et je ne peux pas le reçevoir. Mais qu'est-ce que je raconte, Je débloque totalement. Il s'agit d'un verre pour faire plus ample connaissance. Voire plus si affinités... Affinités ? Je ne le connais que depuis une heure ! Les filles m'ont influencé à parler sexe toute la soirée. Ou alors je suis clairement en manque...
- J'ai de la chance ce soir alors... Deux verres gratuits en une soirée.
Il est plutôt mignon quand il sourit. Et il a de la répartie en plus. Sous l'éclairage du seul lampadaire encore en fonctionnement dans cette ruelle, je prends le temps de l'observer. Et plus je l'observe, plus je trouve l'idée sympa. Pour me changer les idées. C'est ça, je dois me changer les idées. Je suis capable de plaire et... je plais.
- Mon appart est là-bas.
Il m'emboîte le pas, m'enveloppant de sa présence rassurante et sécurisante. Je me fais raccompagner. Pour une fois. Je ne rentrerais pas seule chez moi ce soir.
Je ne me souviens plus comment les choses se sont enchaînées cette nuit-là. Peut-être que j'ai tout bonnement arrêté de réfléchir, de penser, d'anticiper.
Ce soir, les verres s'enchaînent, comme pour nous donner du courage à tous les deux. La tête me tourne, je titube, traînant par la main Ethan qui est loin d'être frais aussi. Je me cale dans mon lit alors qu'il se déshabille. Lorsque je parviens à ouvrir un œil, je constate qu'Ethan se tient nu devant moi.
Ma vue se trouble, l'image d'Ethan disparaît progressivement et je ne suis plus dans ma chambre, mais au bord d'une piscine. L'air devient suffoquant, ça sent le chlore. Mister Klaus sort de l'eau. Est-ce l'alcool qui me fait ressasser l'image de ces muscles saillants et de ses cheveux humides ?
Nouveau battement de cil. Ethan se penche vers moi et je suis à nouveau transportée dans mon appartement et je le laisse, m'embrasser une fois, puis deux. Doucement, tendrement. L'alcool embrume à nouveau mon esprit, mes souvenirs divaguent et je revois Mister Klaus me parler, dans ce café à New York, alors que je dévore du regard ses lèvres charnues, juteuses...
Ethan s'arrête dans son élan, comme s'il pouvait lire dans mes pensées. J'espère sincèrement que non. Il n'y a rien de plus humiliant que de penser à un autre.
- Tout va bien ?
- Oui, c'est juste que...
- Si tu n'en as pas envie, on peut arrêter ?
Il me tend une perche, que je me dois de saisir. Je pose mes mains sur son torse et je le repousse gentiment.
- Tu as raison. Je ne suis pas prête....
- Je comprends. ça va un peu vite.
Ethan se lève, faisant bonne figure, même si je le sens blessé dans son orgueil. N'importe quel autre le serait à sa place. Je tente une diversion, de le défausser, et d'assumer la cause de cet échec. Ce qui est véritablement le cas.
- Je ne couche pas le premier soir. Je ne suis pas comme ça.
- Je peux rester malgré tout ?
Sa demande est surprenante. Mais bienvenue.
- Tu peux dormir avec moi ce soir si tu veux.
Il se rhabille en prenant soin de ne garder que son caleçon. Et je tente de m'endormir dans ses bras. Honteuse. Je me déteste. Je l'utilise comme un vulgaire plan B pour mieux oublier Mister Klaus. Je dois rendre à l'évidence. Je suis accro à ce type.
VOUS LISEZ
Mister Klaus
Lãng mạnQui est ce mystérieux personnage que l'on surnomme Mister Klaus, cet homme d'affaires séduisant qui vit reclus dans son loft luxueux ? Et qu'a-t-il à cacher ? Qu'adolescent, en essayant de fuir ses responsabilités, il a commis un crime indicible...
