CHAPITRE 12 : Sous les étoiles.

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LUNE


-Ah !

-Arrête de geindre je t'ai à peine effleuré !

-Tu me fais mal papa...

-Et t'as encore rien vu ma chérie. Mais je pourrais m'arrêter, il suffit juste que tu me promettes quelque chose...

Il me met encore un coup dans le ventre et je crache du sang par terre. Je sens mon corps se faire transporter et plaquer contre le mur. Il lâche sa ceinture et mets ses mains sur mes fesses pour les presser vigoureusement.

-Je t'interdis de le dire à ta mère ou à qui que ce soit. C'est notre secret. Rien qu'à nous d'accord ?

-Non je-je je ne suis pas-pas d'accord...

Ma voix n'est que l'ombre d'elle même.

-Oh mais si tu l'es ! Arrête de pleurer je t'ai dis ! Tu crois que je rigolais l'autre soir ? Je tuerai ta mère sans hésiter si tu l'ouvres.

-Mais- mais comment tu pourrais faire ça à maman ? Je ne te crois pas ! C'est pas possible ! Papa ?

-Mais Lune ? Je n'ai pas le temps d'essayer de te convaincre. Si tu parles tu assumeras les conséquences.

Je n'ai aucune réponses à lui donner si ce n'est mes larmes.

Nous sommes vendredi après-midi, la maison est extrêmement calme. Dehors, c'est pareil. Aucune bourrasques de vent habituelle, aucune pluie torrentielle. Juste le bruit de mon chaos devenu quotidien.

-Déshabille toi.

Sa voix cinglante tranche l'air et mon coeur en même temps.

Fatiguée de me débattre, ou par manque de force, les vêtements quitte mon corps dans la minute qui suis sachant déjà ce qui va m'arriver.

-Voilà... parfait, me dit-il en me détaillant de haut en bas.

-À genoux.

-Non papa s'il te plaît...

-DÉPÊCHE TOI ! Crie t-il en donnant un coup de pied dans une chaise.

Je sursaute et me jette dans un coin du salon, repliée sur moi même.

-Ne me force pas à venir te chercher, on a déjà joué à ça et tu sais comment ça a finit.

Je suis tellement terrorisée... que je me replace immédiatement devant lui, à chaque mouvements qu'il fait je sursaute. Mes membres tremblent et mes genoux cèdent sous le poids de la menace que mon père fait peser sur mes épaules.

Je me retrouve à genoux devant lui, en sous-vêtements, priant intérieurement qu'il ne me demande pas d'en enlever plus. La chair de poule sur ma peau, les murs de ma maison sont témoins de ma vulnérabilité, de ma faiblesse, de mon manque de volonté pathétique.

J'ai honte de moi même.

Honte de n'avoir aucun caractère, aucune force. Je suis sous son emprise.

Il se penche en avant, ses pupilles dilatées, ses narine frémissantes, se rapprochent de mon visage et je presse rapidement mes paupières lorsque je sens ses lèvres se coller aux miennes. C'est répugnant...

Je me sens si sale !

Je mords sa lèvre pour qu'il me lâche et il me mets aussitôt une puissante gifle qui me décoche la mâchoire. Ça, ça va me laisser une trace. Comment je vais camoufler le bleu que je sens déjà marquer ma peau ?

Je crache le sang par terre en évitant de salir le tapis blanc de ma mère comme il me l'a demandé toutes les autres fois.

Parfois j'essaie de me défendre mais il s'empresse d'éteindre les étincelles de rebellions que je trouve la force d'allumer aussi vite qu'elles apparaissent.

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