CHAPITRE 15 : Happy birth...death.

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LUNE

Je suis exténuée.

La sensation que je suis observée, voir même surveillée, me colle à la peau.

Ça ne fait que quelques minutes que je suis sortie de chez moi, je pensais que ça me passerait mais non, ma peur n'as pas diminuée, au contraire elle a augmentée. C'est constant, j'ai l'impression d'entendre des pas derrière moi, je vois des ombres alors qu'on est en pleine matinée, même lorsque j'étais dans ma chambre j'avais la nette impression que quelqu'un était en bas à m'attendre.

Je déteste ça. Je me sens constamment en danger. Tout le temps.

Sauf cette nuit. J'ai ressenti la même sensation qu'il y a un an avec Isaac, la sérénité, la sécurité, la paix.

Mon cerveau bloque sur ce qu'il s'est passé avant qu'il ne tue cet homme, mais je ne me bats pas pour essayer de me rappeler de tous les détails, il m'a juste évité d'être une énième disparitions dans cette ville. C'est ce que je me répète en boucle.

Il m'a évité d'être une énième disparitions dans cette ville.

Il a tué cet homme.

Il m'a sauvé la vie.

Il l'a tué sans hésiter.

Je me sens en sécurité avec lui.

La nuit dernière mon père n'était pas là, pas de regards bizarres, pas d'attouchements bizarres, rien du tout. Je crois que je me suis sentie respirer pour la première fois depuis longtemps.

Je n'arrivais même plus à rester dans la même pièce que lui. Pendant un long moment j'ai cherché la caméra cachée et lorsque je ne l'ai pas trouvée, j'ai eu envie de crier, de pleurer.

Mais en fait... ce n'est pas la solution.

Je dois mettre ma mère, la prunelle de mes yeux, en sécurité. J'utiliserai toutes mes économies pour lui offrirai un voyage, une mini retraite loin d'ici, quelque chose qui l'éloignera assez longtemps le temps que je me charge de mon père.

De mon géniteur.

Je me cachais derrière le fait que je ne voulais pas exploser ma famille en mille morceaux, que j'avais peur qu'il fasse du mal à maman, je voulais la protéger, je voulais être digne de son amour, mais la vérité c'est que la seule personne que je cherchais à protéger était Charli James. Je lui trouvais encore des excuses. Je me disais encore que c'était un malentendu.

Je voulais tellement sa validation peu importe la forme sous laquelle elle apparaissait. C'est si malsain.

Je cacherai une véritable caméra quelque part dans ma chambre ou dans le salon, et ensuite je la montrerai à Julianna, c'est la chef de la police alors j'espère que ça pourra m'aider à vite le mettre derrière les barreaux. Sinon, dans tous les cas, je pense que mon dos lacérés est une preuve suffisamment accablante. C'est passible d'une peine de prison de frapper son enfant mineur ? De lui faire des attouchements sexuelles non consenties ? De l'empêcher de manger de temps à autre ?

Je l'espère...

Ensuite j'aviserai, cette vérité nous tombera dessus à tous, elle nous fera du mal, il ne restera plus que Lune-Isabelle et Callie chez les James mais nous pourrons peut-être re construire une famille pure et saine sur une base solide, pleine d'amour et de sincérité, parce que là ça suffit, moi aussi je veux être heureuse. J'ai droit au bonheur. J'ai le droit d'avoir une vie normale.

Vous pensez pas ?

Toute ma vie j'ai cherché l'approbation de mon père, son attention, mais finalement je n'en veux pas, ne plus être l'enfant invisible à ses yeux aura été ce qui m'ai arrivée de pire.

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