CHAPITRE 19 : Sa lettre.

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ISAAC


Je dévale les escaliers quatre à quatre, en espérant la rattraper. Quoi ? Elle pensait que je la laisserais partir aussi facilement ? C'est mal me connaître.

Pourquoi elle veut partir ? Qu'est-ce qu'elle fuit ?

Moi ?

Ce qu'il me reste ici ? Ouvre les yeux. Je n'ai plus rien ici. Il n'y a rien qui en valent la peine pour moi. Rien du tout.

C'est faux. Ses yeux trahissaient ses paroles.

Je déboule en face des portes en verres et un portier m'interpelle.

-Monsieur Kent, la fille est partie dans cette direction, me montre t-il.

-Si elle revient appelez-moi.

Je le remercie et m'élance sur la rue qui longe la droite du bâtiment. Ils savent qu'ils doivent la laisser entrer et sortir comme bon lui semble, mais qu'ils doivent également surveiller ses moindres faits et gestes quand elle est dans les parages.

Plus j'avance dans ces rues sombres, plus je me dis que putain elle est rapide parce que je ne la vois nulle part.

Je regarde à ma gauche et à ma droite. Où-est-ce qu'elle a pu aller ? En pleine nuit ? À pieds je serais pas assez rapide, je décide de faire demi-tour en courant pour prendre ma voiture.

Normalement le concessionnaire me l'a fait déposer dans l'après-midi, je suis plus qu'impatient de la retrouver j'en avais marre d'avoir un chauffeur attitré par mon père. À cause de lui il savait exactement où je me déplaçais et ça, c'était sur le point de me faire peter un plomb.

Je remonte chercher un sweat et les clés de ma jeep en moins d'une minute, faisant volontairement l'impasse sur sa lettre posée là, sur le meuble de l'entrée.

Je veux pas lire ça. Les lettres d'adieu c'est jamais bon signe encore plus quand l'autrice vient de perdre tout ce qu'elle avait... sa famille sa maison, sa meilleure amie, ses ancrages, tous envolés en une journée, et qu'elle est au bout du rouleau.

Non je veux pas lire ça, parce que je suis qu'un lâche. J'ai peur de voir ce qu'elle ressent vraiment, peur d'encore apercevoir un brin de sa souffrance.

Je dépose mon glock dans la boîte à gants et mets les clés dans le contact.

Direction chez son oncle.

Ouais.

Je vais chez Stone.

Le truc c'est que j'arrive pas à démarrer. Mon pied ne veut pas appuyer sur l'accélérateur. Dans le rétroviseur mes yeux trouvent le reflet de la porte du parking souterrain.

Je veux pas lire ce qu'elle a écrit, je veux juste la retrouver. Mais il y a des choses que je ne comprends pas et ça depuis le début. Quelque chose qui m'échappe. Pourtant je sais que c'est juste sous mon nez.

J'ai conscience que je la trouverais pas là-bas. Ni nulle part. J'ai jamais été quelqu'un qui se voile la face, ma mère me disait que j'étais trop réaliste.

Alors pourquoi j'y vais ?

J'ouvre la fenêtre et allume une cigarette. J'essaie d'arrêter mais depuis que j'ai croisé son chemin je contrôle plus grand chose de ma vie.

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