CHAPITRE 30 : Redevenir poussières.

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LUNE


Quelque part dans la forêt, 5h27

-T'en vois combien ?

-Cinq.

-Putain...Ok tiens prends ça.

Derrière ce vieux tronc d'arbre couché, je m'abaisse à sa hauteur. Il me tends une arme chargée que je refuse d'un mouvement de tête.

-Je saurais me défendre à mains nues.

-Moi aussi, me dit-il d'un ton sans appel.

-Pas dans ton état.

Et ça c'est de ta faute.

Il me fourre l'arme dans la main mettant fin à ce débat sans plus tergiverser.

Je me passe une main sur le visage, je ne suis pas paniquée mais je ne suis pas non plus tranquille.

Nous dormions, enfin je dormais quand au dessus de la tempête, une explosion de balles a retentit et explosé les murs, la fenêtre, les lampes... en fait tous ce qui se trouvait dans cette chambre. Isaac m'a précipitamment tiré hors du lit et entraîné vers la fenêtre arrière qui donnait sur la forêt et... on a couru. Parce que c'est tout ce qu'on pouvait faire sous cet assault. La seule arme qu'on possédait c'était celle qu'isaac gardait h24 sur lui, y compris quand il dormait.

Dans notre fuite on a donc tout laissé derrière nous. Rip mes silencieux.

Si seulement ce n'était que ça le problème.

Sous cette pluie et ces bois sombres nous courrions pour notre vie quand les impacts ont commencés à se rapprocher de là où nous sprintions.

Ils nous avaient suivis.

Nous étions alors des cibles vivantes et mouvantes mais ce n'était qu'une question de secondes avant qu'une balle nous atteigne finalement. Et ça je n'étais pas la seule a l'avoir compris.

Alors quand d'un coup, je m'étais sentie projetée au sol, il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre. En relevant la tête j'ai vu Isaac se retourner et tirer en direction de nos assaillants. Au loin j'avais entendu des cris de douleurs et vu deux ombres tomber. Dès lors, ça avait suffit à les ralentir, parce que les balles ont cessés.

Mais ils avaient réussit à toucher Isaac. Je l'ai entendu grogner de douleur et poser la main sur sa côte. Son corps s'était quand même déplacé jusqu'à moi, comme si il n'était pas blessé et m'avait relevé tout en me tirant de ma torpeur.

On s'était remis à courir et à s'enfoncer dans la forêt.

Les grands sapins nous engouffraient dans leurs ténèbres.

J'entendais son souffle s'amoindrir et se faire difficile au fur et à mesure que nous courions pour notre vie, alors lorsque j'avais vu un immense tronc d'arbre couché, je nous avais entraîné vers lui et depuis nous nous cachions là. Avec tout le sang qui s'échappait d'Isaac pendant notre course, ça n'avait pas mis longtemps avant qu'ils suivent les traces et nous retrouvent, et maintenant ils sont à quelques mètres de nous.

La réfraction de la lumière provenant de leur lampes torches s'agitant dans tous les sens.

Ils nous cherchent et c'est une question de minutes avant qu'ils découvrent notre position.

-Tu sais t'en servir ? me demande t-il en faisant référence à son glock 17.

Je fronce les sourcils. C'est littéralement l'arme la plus basique sur le marché.

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