Je revenais des courses et je me tenais devant ma porte, clés en mains, lorsqu'une douleur sourde se propagea dans mes genoux, longea mes cuisses et envahit mon bas-ventre. Dans un même temps, je sentis une chaleur au sud de mon corps, alors que j'écarquillais les yeux de compréhension.
Fait chier.
Mes putain de règles.
Il fallait savoir une chose sur moi : j'avais des règles extrêmement douloureuses. À un tel point que j'avais parfois du mal à me tenir debout.
Et évidemment, je n'avais pas prévu de les avoir aujourd'hui, alors n'avais pas de cachets sur moi.
Je serrai les dents de douleur et, d'une main tremblante, je levai les clés jusqu'à la serrure. Mais je ne sus tenir, et je m'effondrai sur le sol tandis que je laissai tomber le sac de couses. J'appuyai mon dos contre ma porte, et je priais pour que personne ne vienne maintenant.
La douleur attaquait vigoureusement mes muscles, et je savais que je devais rentrer dans mon appartement pour prendre un cachet, mais je n'arrivais pas à bouger. J'attendais donc que la douleur soit moindre, mais c'était une attente horrible.
Et comme si cela ne suffisait pas, j'entendis des pas dans les escaliers, et quelques secondes plus tard, je vis apparaître Léandre. Il secouait d'une main ses cheveux couleur ténèbres qui se retrouvaient mouillés par la pluie et pianotait de l'autre sur son téléphone. Arrivé à la dernière marche, il releva les yeux sur moi et s'immobilisa. Aucun de nous ne détournait le regard, le temps paraissait suspendu, le silence trônait à l'étage. Il humidifia d'un coup de langue sa lèvre inférieure, alors qu'il commençait à faire quelques pas en avant vers son appartement. Son sweat noir moulait ses biceps dont les muscles ressortaient légèrement. Il sortit de sa poche ses clés et se tint devant sa porte en me jetant un rapide coup d'œil.
« Tout va bien ? »
Bah oui Connard, tu vois pas que je médite là ?
Je ne fis qu'hocher la tête, puis posai l'une de mes mains sur le bas de mon ventre en réponse à une vive douleur. J'eus l'impression qu'il vit mon geste, mais il ne fit aucun commentaire.
Étonnamment, il resta sans bouger devant sa porte, ses mèches cachant son visage à ma vue. Il remit ses clés et son téléphone dans sa poche unique et s'avança soudainement dans ma direction. La douleur me tenant à ma place, je ne bougeai pas, mais eus tout de même un mouvement de recul.
Il foutait quoi là ?
Il tendit une main vers moi que je ne fis qu'observer sans rien dire, tant j'étais surprise. Puis je remontai mes pupilles sur son visage sérieux, l'interrogeant du regard.
« Donne tes clés. »
Je haussai un sourcil, mais fis ce qu'il me demandait.
Même si je ne voulais pas discuter avec lui, j'étais curieuse de savoir ce qu'il faisait.
Mes clés dans sa main, il fit un pas en direction de ma porte.
« Tu peux t'avancer, s'il te plaît ? »
Attendez.
Est-ce qu'il allait ouvrir ma porte ?
Je m'avançai comme il m'avait demandé. S'il allait faire ce que je pensais, et bien que je le haïsse, qu'il déverrouille ma porte pour moi m'arrangeait.
Et effectivement, je l'entendis tourner les clés dans la serrure, et je tentai de me lever, mais un vertige me prit soudain, alors que les douleurs se faisaient plus fortes, et je dus me résoudre à rester à terre. Je ne savais pas comment j'allais faire pour entrer dans mon appartement.
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Nos cœurs meurtris
RomanceOlivia Adams est une auteure connue. Installée depuis plusieurs années dans le centre de Londres, entourée de ses meilleurs amis et de son chat, elle se complait dans sa vie. Mais les ombres et vieux démons rôdent. Elle sent l'inspiration la quitt...
