22 | Léandre

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Je n'avais pas su dormir de la nuit.

Je repassais en boucle la discussion que j'avais eue avec Olivia, et je n'arrivais pas à croire qu'après toutes ces années, je lui avais enfin exposée la vérité.

C'était comme si Elizabeth avait gardé sa laisse autour de mon cou, même alors que nous ne nous voyions plus, et qu'enfin, elle s'était relâchée, puis détachée. J'avais l'impression de pouvoir respirer à nouveau.

À présent, j'espérais donc qu'Olivia ne serait plus aussi en colère contre moi, même si je devais avouer que la voir énervée était assez amusant.

Sitôt le jour levé, je me dépêchai d'appeler Axel et de toute lui raconter. Évidemment, il me dit que, sans lui et sa merveilleuse idée de me pousser à tout lui raconter, je ne l'aurai jamais fait, et il continua ainsi à se jeter des fleurs. Mais malgré cela, je savais qu'il était heureux pour moi. Je le sentais à sa voix légèrement tremblante, et à son haut débit de paroles.

Nous raccrochâmes quelques instants plus tard, et sans que je m'y attende, mon téléphone se mit à sonner. J'y jetai un coup d'œil, me demandant si Axel avait oublié de me dire quelque chose, mais le nom qui y figurait accélérait les battements de mon cœur, mais pas d'excitement.

De peur.

Olivia

Je n'allais bien évidemment pas passer par Elizabeth elle-même pour organiser une rencontre, car je savais qu'elle se montrerait instantanément hautaine et refuserait quelconque arrangement.

Je dus ainsi demander à ma mère, si elle connaissait l'adresse de ma sœur. Elle me la donna et, non sans la lui faire promettre de ne rien dire à son autre fille, je raccrochai. 

Je profitai du fait que j'avais le courage de le faire pour me pointer maintenant à son appartement, car si j'attendais, je n'étais pas sûre de pouvoir le faire plus tard.

Plusieurs dizaines de minutes plus tard, je me retrouvais dans un quartier dans lequel je n'avais encore jamais mis les pieds. Il était plutôt mignon, mais le fait qu'Elizabeth y habite me rebutait assez.

Je n'eus aucun mal à dénicher son immeuble. Arrivée à destination, je tapai rapidement le code que m'avait partager maman et je me dirigeai vers les escaliers. Intérieurement, je savais que je ne prenais pas l'ascenseur dans le but de retarder le plus possible la rencontre. Et quand bien même, la montée me parut bien trop courte.

Devant la porte de son appartement, je pris une profonde inspiration, levai lentement la main, et toquai doucement. J'hésitais entre attendre qu'elle ouvre la porte et m'enfuir en profitant du fait qu'elle n'était pas encore là. Mais à peine passées quelques secondes, j'entendis un vacarme pas possible de l'autre côté, et je devinai aux jurons qu'elle avait fait tomber des objets. J'entendis les clés tourner dans la serrure, puis le battant se fit ouvrir.

Ma petite sœur m'apparut alors, et si elle n'eut aucune réaction d'abord, son visage se déforma d'une grimace lorsqu'elle comprit qui était en face d'elle.

« Qu'est-ce que tu fous là ? »

Mes mains se tortillèrent entre elles et je mâchouillai ma lèvre inférieure, mais je refusais qu'elle réussisse à voir le trouble qui m'habitait.

« Je veux qu'on parle. »

Un sourire moqueur aux lèvres, elle s'appuya de l'avant-bras sur la porte.

« Et de quoi tu veux même parler ? »

J'avais beau savoir qu'elle ne me faciliterait pas la tâche, cela n'en restait pas moins énervant.

Nos cœurs meurtrisDes histoires addictives. Découvrez maintenant