19 | Olivia

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Une limonade entre les mains, j'écoutai mes parents parler de leur projets de vacances. J'étais incroyablement heureuse rien qu'en voyant leurs yeux pétiller de bonheur, à l'idée qu'ils partent au bord de la mer.

Finalement, plus d'une heure plus tard, je me trouvais dans le bus qui me ramenait cher moi. Et alors que mon regard se perdait dans la contemplation de dehors, mes pensées dérivaient vers mon père. Il avait beau s'être montré en forme, j'avais bien remarqué ses joues trop creusées, ses cernes trop marquées, ses paupières trop lourdes.

Et qu'est-ce que cela me faisait mal de le voir dans cet état.

Pressant les paupières, je refusais de laisser couler les larmes.

Après une vingtaine de minutes, je poussai la porte de mon appartement et m'y faufilai, recevant l'accueil de Plume, qui se frotta à ma jambe. Je posai mes affaires sur un meuble et la pris dans mes bras, caressant ma joue de son doux poil, tandis que ses ronronnements se faisaient de plus en plus forts.

À la suite d'une dernière caresse sur le haut de sa tête, je la laissai doucement tomber sur le parquet, avant de me diriger vers le salon. J'attrapai la télécommande et allumai la télévision, la mettant sur une chaîne au hasard, puis je pris la direction de ma chambre.

Le soleil haut dans le ciel projetant des lumières vives sur mon bureau, je m'y installai et sortis mon ordinateur. Je l'allumai et j'ouvris mon téléphone, allant directement sur l'application Notes. J'y avais écris quelques idées que j'avais eues pour mon roman à la suite du rendez-vous avec l'autre. Ce n'était pas non plus assez pour toute l'intrigue, mais assez pour la démarrer et trouver d'autres idées.

Et même si j'avais peut-être réglé mon problème, cela n'empêcha pas le stress de monter à mesure que mon ficher chargeait. J'avais tout de même peur de ne pas pouvoir écrire. Après tout, cela faisait un bon bout de temps que je ne l'avais pas fait, alors peut-être avais-je perdu la main ?

Mais je me forçai à m'envoyer des encouragements, allant jusqu'à ouvrir quelques messages privés sur les réseau afin de trouver le courage de m'y mettre.

Finalement remontée à bloc, les mains flottant au-dessus du clavier, je pris une profonde inspiration.

Et je commençai.

Les mots glissèrent d'eux-mêmes de mon esprit, prison de l'inspiration, et je ne vis pas le temps passer. J'avais l'impression d'avoir retrouvé une amie perdue depuis longtemps. J'avais l'impression de m'être noyée, et de retrouver le souffle manquant. J'avais l'impression d'avoir été une âme condamnée à errer sur terre, avant de trouver l'autre partie d'elle.

J'avais l'impression d'avoir retrouvé la raison qui me poussait à me lever le matin, qui me poussait à afficher un sourire.

Parce qu'une passion avait ce genre de pouvoir.

Elle pouvait vous transcender, vous enflammer, jusqu'à devenir Icare.

Mais elle pouvait aussi vous poignarder de l'intérieur, vous vider de votre énergie, jusqu'à ce que vous vous écrouliez de désespoir de la retrouver.

Ces derniers mois, j'avais expérimenter le côté toxique d'une relation avec sa passion. Et je priais pour que cela ait pris fin.

***

J'étais tant prise par ce que je faisais que je n'avais même pas remarqué lorsque le soleil avait cédé sa place à son amie la lune. Après avoir fermé mon ordinateur, je m'étirai longuement, gémissant de bonheur, avant de jeter un coup d'œil à mon téléphone.

Une heure du matin ?!

Et malgré mon choc de voir l'heure qu'il était, j'étais infiniment soulagée de ma première séance d'écriture après le syndrome de la page blanche.

Nos cœurs meurtrisDes histoires addictives. Découvrez maintenant