Chapitre 35

7.2K 490 25
                                        

On se réveille enlacé, j'ai du mal à réaliser ce qui s'est passé la nuit précédente. Joshua était quelqu'un d'autre, je n'ai jamais vécu une telle connexion avec un autre. C'était comme si on se connaissait depuis toujours.

— Bonjour.
— Hey.
— Bien dormi la colombienne.
— Pas assez.
Il sourit.

— Repose-toi.
— Tu vas où?
— J'ai des choses à régler.
— Joshua fait attention à toi.
— Tu as peur pour un narcotrafiquant?

Il se lève et rejoint la douche, je reste allongée à profiter de quelques minutes de plus de sommeil.
Mon téléphone se met à vibrer.

— Steve.
— Oui désolé je te réveille?
— Non.
— Je ne veux pas te mettre de pression, mais est-ce que tu as fini?
— Je vais t'envoyer ce que j'ai.
— Super. Bon, je te laisse.

Je me lève, je rejoins la cuisine. Diego est resté, je nous prépare un petit déjeuner et j'envoie à Steve ce qu'il m'a demandé. Le reste de la journée, on le passe devant des films. Mon téléphone se met à sonner, c'est Steve.

— Elé, il faut que je te vois de toute urgence.
— Maintenant?
— Oui.

J'en parle à Diego qui ne veut pas prendre cette responsabilité, il refuse de me laisser sortir. Je fais semblant d'accepter sa décision. Une fois qu'il se dirige aux toilettes, je fonce prendre un taxi pour le rejoindre. Je suis devant un bar mal famé, je commence à regretter d'être venue, mais je fais confiance à Steve. Il est assis au bar, il me sourit en me voyant arriver. Je m'assois et attends qu'il me dise ce qui se passe. Mais il reste silencieux, je ressens une tension. Je le regarde, il baisse le regard. Je comprends mieux quand deux hommes de main entrent lourdement armés.

— Steve?
— Je suis désolé Elé.
— Tu es désolé de quoi?
— J'ai conclu un marché avec Eduardo.
— Tu as quoi? Je n'en reviens pas. Steve?
— Tu devrais les suivre sans faire d'histoire. Il te veut mort ou vif.

Mon corps commence à trembler, j'ai des hauts le cœur, puis la rage contre Steve.

— Comment tu as pu me faire ça?
— J'en ai marre d'être le minable journaliste à qui tu fais de l'ombre !
— Quoi? Tu m'as vendu pour un putain de travail.
— Grâce à ton article, je vais remporter le prix.
— Tu es un minable.

Il se lève et part sans se retourner. Les deux hommes me saisissent chacun d'un côté, je n'essaye pas de me débattre, c'est peine perdue. Ils sont lourdement armés et ont deux têtes de plus que moi. Je monte dans la voiture, pleine de regrets. Des larmes perlent mes joues, je sais ce qui m'attend chez Eduardo, j'ai eu un avant-goût. Cet homme est un sadique.
Mes jambes sont lourdes, je suis affolée.

La voiture finit par s'arrêter devant une maison somptueuse. Ils me sortent de force de la voiture, ils me dirigent vers l'intérieur. Je me débats, l'un me tire les cheveux et me jette au sol, son camarade rit.
Je me relève, il me conduit vers une pièce au rez-de-chaussée. Il frappe et ouvre la porte sur Edouardo, il affiche un sourire malsain. J'ai la chair de poule, j'ai envie de fuir cette situation. Il me reluque, il me répugne. Ses deux hommes de mains restent dans la pièce, en retrait. Il prend ses précautions, des semaines qu'il tente de me récupérer. Il allume et tire sur son cigare, la fumée me pique dans la gorge, on pourrait entendre une mouche voler.

Adventure CartelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant