Je contemplais la femme qui broyait désespérément les pilules, son visage roux encadré de grands yeux bruns. Son uniforme blanc semblait l'opprimer, et elle murmurait souvent des mots incompréhensibles.
Après ma dispute avec l'homme à la barbe blanche, il m'avait interrogé un moment avant de quitter la pièce, voyant que je ne divulguais rien de plus. Depuis lors, il avait disparu. Dans cet endroit étrange, où le temps semblait suspendu, je perdais toute notion du jour et de la nuit. On me conduisait régulièrement aux toilettes, mais ma faiblesse m'empêchait de m'échapper, tandis que le liquide continuait à s'écouler inexorablement dans mes veines.
Mes joues creuses, ma tête en perpétuel tourbillon, mes membres tremblants... Pourtant, je ne manquais jamais de maudire le vieil homme à travers la caméra. Affamée et négligée, je souffrais de négligence médicale. Je n'étais pas folle, non. C'était cet asile psychiatrique qui me rendait folle. C'était ce qu'ils voulaient, ce qu'ils recherchaient toujours : une personne de moins pour lutter contre la violence envers les êtres chimériques.
"La paix vient du pardon et de la compréhension."
La femme versait la poudre blanche dans la perfusion quand je l'interpellai.
— Je pourrais... aller aux toilettes ? demandai-je d'une voix fébrile, affaibli par la faim et le froid.
Elle soupira avant de déplacer la poudre non utilisée sur le côté. J'avais récupéré un peu de force, ayant compté jusqu'à 7257, environ deux heures avant que la poudre ne me soit injectée, me rendant un peu plus conscient. J'allais trouver un moyen de m'échapper, même si je ne savais pas comment.
"On s'en fiche, les méchants ne l'ont pas toujours été, ils le sont devenus,"
— Vous ne mangez presque rien, comment pouvez-vous encore aller aux toilettes ? dit-elle en me détachant avec un soupir.
Je me levai doucement en m'appuyant sur la perfusion roulante. Elle ouvrit la porte et je sortis de la chambre, suivie de près par elle. Jetant un regard distrait autour de moi, je remarquai que les murs autrefois blancs avaient viré au gris avec le temps, les sols étaient glacés, tout comme les couloirs de cette prison blanche où résonnaient nos pas.
Un bref coup d'œil furtif à gauche, puis à droite. À gauche, la lumière offrait un semblant de sécurité, mais à droite, l'obscurité semblait prête à engloutir toute trace de vie. Nous avancions, chaque pas résonnant sinistrement dans le couloir désert. Je m'habitais peu à peu au froid mordant du sol sous mes pieds, mais chaque seconde semblait être un éternel combat contre l'angoisse qui me serrait la gorge.
Soudain, une impulsion irrésistible me poussa à me retourner brusquement, propulsant la femme derrière moi en arrière. Sans réfléchir, je détachai la perfusion de mon bras et me précipitai dans une fuite éperdue pour sauver ma peau.
"À trois, tu pars... "
Je courais, mes pieds martelant le sol avec une urgence désespérée. Chaque inspiration était un effort, chaque battement de mon cœur un rappel brutal de ma vulnérabilité. La froideur de l'endroit semblait pénétrer jusqu'à mes os, tandis que l'obscurité impénétrable dévorait mes derniers espoirs de salut.
Une sonnerie stridente déchira soudain le silence oppressant du bâtiment, un avertissement retentissant que la femme s'était relevée pour appeler du renfort. Mon esprit hurlait de fuir, mais le dédale labyrinthique de pièces semblait se moquer de ma tentative désespérée de trouver une issue.
Le monde semblait se contracter autour de moi, chaque souffle un murmure de terreur, chaque pas un combat contre l'abîme qui menaçait de m'engloutir. Mes genoux flanchèrent sous le poids de l'angoisse, et je m'effondrai à genoux, retenant désespérément mes cheveux dans une étreinte fébrile.
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The mystical dance
FantasíaDans un monde où chimères et humains coexistent, Verónica Raichands, étudiante en sciences spécialisée dans les chimères, se distingue par sa fascination pour ces créatures, contrairement à la plupart des humains qui les craignent. Issue d'une famil...
