Quand je rouvris les yeux, je me retrouvai dans un lieu inconnu, plongé dans une obscurité oppressante. Il n'y avait personne autour de moi, aucun repère familier, seulement un silence lourd et menaçant. Mes sens, exacerbés par la panique, captaient chaque bruit, chaque souffle, chaque battement de cœur dans l'air mystérieux qui m'enveloppait. Une voix grave résonna soudain dans ma tête, murmurant des paroles énigmatiques, et je luttai désespérément pour conserver ma lucidité dans ce monde étrange et effrayant.
Alors que la panique menaçait de m'engloutir, une voix familière m'arracha brutalement à cet abîme.
— Je t'entends, tu respires fort... tu as peur ?
« Ferme ta gueule ».
Un frisson glacial parcourut mon échine, ébranlant mes sens. Mes mains se portèrent instinctivement à mes oreilles tandis que je murmurai pour me rassurer : "Ce n'est pas réel, rien n'est réel, c'est un cauchemar, Verónica, ne t'inquiète pas."
Mais la voix sombre de l'homme persista, murmurant mon prénom avec une intensité inquiétante. Mon cri primal déchira l'air, mes doigts pressés contre mes tympans. Un courant d'air effleura ma peau, mais mes paupières restaient obstinément closes, cherchant refuge dans l'obscurité protectrice. Les vitres explosèrent en éclats, révélant une menace invisible.
Une main saisit mes bras, mais mes larmes continuaient de couler, mes mouvements désordonnés trahissant ma panique grandissante.
— Verónica, dit une voix ferme.
Mes cris cessèrent, mes pleurs tarirent, et j'osai enfin ouvrir les yeux, contemplant les fragments de verre qui dansaient autour de moi, témoins muets de l'effroi qui m'enlaçait. Là, devant moi, se tenait une chimère, mi-homme mi-corbeau, dans toute sa sinistre splendeur.
Je l'observai avec une fascination mêlée de terreur alors qu'il se levait, soupirant devant les débris éparpillés au sol. Mon regard erra, découvrant les autres créatures hybrides présentes dans la pièce : un papillon chimérique et un chimpanzé mutant, tous deux témoins silencieux de notre étrange rencontre.
— Tu as pété mes fenêtres. Quelle conne, soupira-t-il.
J'étais au sol, déboussolée, le cœur battant et tremblante comme une feuille. L'attention était sur moi, seul l'homme aux yeux bleus clairs regardait les débris au sol, les bras croisés.
Puis, se rasseyant devant moi, il reprit d'une voix calme mais empreinte de gravité :
— Tu possèdes la moitié de mon âme, Verónica. À mon grand désespoir, nos destins sont désormais liés.
Son regard, chargé de mystère et de profondeur, se plongea dans le mien, cherchant à percer les secrets enfouis au plus profond de mon être. Dans cet échange silencieux, je ressentis une étrange connexion, comme si nos âmes se frôlaient dans l'obscurité. Puis, sans un mot, il détourna les yeux, me laissant seule avec mes questions et le poids de son regard dans le silence qui s'étirait entre nous.
De quoi parlait-il ? De quelle âme pouvait-il bien parler ? La fusion d'âme n'existe même pas entre frères et sœurs ou jumeaux, comment pourrait-elle exister entre deux êtres opposés ?
— Ivan, arrête de lui parler ainsi, elle ne comprend rien. Fais-la simplement asseoir, intervint le papillon chimérique, brisant le silence pesant.
Soudain, je fus soulevée et installée, une tasse de café brûlante entre les mains. Les yeux écarquillés, je contemplai le liquide fumant tandis que la chimère chauve-souris et corbeau reprenait la parole :
— Nous sommes assis, maintenant parlons.
Le papillon chimérique soupira, invitant son compagnon à s'exprimer. Je lançai un regard furtif au papillon chimérique et, avant de regarder l'homme aux cheveux polaires, je m'arrêtai devant son regard familier.
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The mystical dance
FantasyDans un monde où chimères et humains coexistent, Verónica Raichands, étudiante en sciences spécialisée dans les chimères, se distingue par sa fascination pour ces créatures, contrairement à la plupart des humains qui les craignent. Issue d'une famil...
