Verónica

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   Je m'éveillai dans un état de semi-conscience, percutant les limites floues entre le rêve et la réalité. La lueur grise de la pièce baignait dans une atmosphère lourde et angoissante, s'infiltrant dans mes pensées comme un présage sombre.

Mes yeux, lourds et fatigués, s'ouvrirent lentement pour révéler une scène d'horreur qui se déroulait devant moi : un corps pendait inertement, tel un sombre trophée, ses membres déformés et maculés de sang, le visage figé dans une expression de terreur éternelle. Le spectacle me glaça le sang, et un frisson d'effroi parcourut mon échine alors que je réalisais l'horreur de ma situation.

Débordant de panique, je tentai de me libérer de mes entraves, mais mes mouvements étaient entravés par des liens invisibles, me maintenant prisonnier de ce cauchemar vivant. Chaque fibre de mon être criait à la fuite, à la liberté, mais je restai là, captif de cette vision macabre qui hantait mes pensées. Une goutte de sang, telle une larme rougeâtre, tomba et atterrit sur mon visage, brisant le silence oppressant de la pièce d'un éclat métallique. Une onde de terreur déferla en moi, et un cri de désespoir involontaire s'échappa de mes lèvres, exprimant toute l'horreur et la détresse qui m'assaillaient.

Ivan.., murmurais-je.

Dans un élan de désespoir mêlé d'espoir, mes pensées se tournant instinctivement vers celui qui pourrait peut-être m'aider à échapper à ce cauchemar sans fin.

L'homme qui gisait devant moi semblait être une créature chimérique, son corps à peine entamé par le processus de désintégration. Ses cheveux verts et ses multiples piercings conféraient à son apparence une aura de non-conformité et de rébellion. Malgré cela, il dégageait une certaine vieillesse, presque comparable à celle de Gabriel, bien que l'immortalité de ce dernier rende difficile l'estimation de son âge.

Alors que je scrutais l'horreur qui m'entourait, mon regard tomba sur une caméra de surveillance accrochée au mur, témoin muet de ce sinistre spectacle. Une bouffée de colère monta en moi, et mes mots se fracassèrent dans l'air vicié de la pièce.

Marco, sale enfoiré, montre-toi ! hurlai-je, laissant éclater ma rage contre celui qui semblait orchestrer ce cauchemar.

Un flash m'a soudainement frappé, me forçant à fermer les yeux avec force. C'était le moment où Marco m'avait kidnappé.

Tout s'était déroulé si rapidement. À peine avais-je franchi la grande porte pour rejoindre le couloir au néon bleu que j'avais été poignardé.

Je me rappelais encore du sentiment de surprise et de douleur quand la lame avait pénétré ma peau. Marco avait agi comme un lâche, frappant par derrière, sans aucune chance pour moi de me défendre.

« Le couteau.. »

Maintenant, alors que j'étais attachée sur ce lit, face à ce corps sans vie, j'étais submergée par un mélange de peur, de colère et de confusion. Mais au milieu de ce tourbillon d'émotions, une idée émergea dans mon esprit.

Mes mains étaient liées, mais mes pieds étaient libres. C'était une opportunité, aussi répugnante soit-elle. Je savais ce que je devais faire pour m'en sortir, même si cela signifiait faire quelque chose que je regretterais plus tard. Cependant, à ce moment-là, ma survie était ma priorité absolue.

Je me mis à frapper le corps qui se désintégrait lentement, laissant échapper un cri étouffé de dégoût à chaque contact. L'odeur du sang m'envahissait, mélange de fer et de pourriture, et je devais réprimer une nausée grandissante. Mais dans cette situation désespérée, ma seule préoccupation était de survivre.

Quand le corps finit par retomber sur moi, je serrai les dents pour réprimer ma répulsion et mordis avec force l'oreille de l'homme. C'était un acte désespéré, mais je n'avais pas d'autre choix si je voulais retrouver mes forces. Chaque goutte de sang avalée me rendait plus puissante, chaque morceau de chair dévoré me donnait un regain d'énergie.

The mystical danceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant