Le silence qui suivit mon éclat fut brisé par le gloussement moqueur d'Erik, mais sa joie fut de courte durée lorsqu'il se fit violemment bousculer par Marilyn, vêtue comme si nous allions assister aux Grammy Awards.
Dans ce qui semblait être un trou de balle selon Erik, nous étions regroupés. Pendant que certains de mes sbires affrontaient les chimères dehors, d'autres gardaient un œil vigilant depuis le toit. Nous n'étions que dix en bas, mais je savais que nous étions l'élite, prête à en découdre. Marco devait être détruit, et les véritables intentions de Nikolai, révélées.
Les gardes à manger ne devaient plus être de notre époque avec les multiples alternatives et failles. Leur incompétence me répugnait.
L'air était chargé d'humidité dans cet espace confiné, une odeur suffocante imprégnant nos narines.
— Ça pue ici ! s'exclama Erik.
Le début des hostilités. À peine trente minutes après mon foutu avertissement, les foutus commentaires fusaient déjà.
— Bizarre, tu es le seul à le sentir...remarqua Marilyn.
— Non, moi aussi...
— La ferme, la coupa sèchement la blonde, interrompant un foutu chimère sur le point de s'exprimer.
Frustré par leurs bavardages incessants, je m'arrêtai brusquement, faisant légèrement trébucher Erik derrière moi. Il se cogna contre mon torse et lâcha un juron.
— Qui veut rejoindre son Créateur ? crachai-je, mes paroles empreintes d'un mélange de dédain et de colère.
Les mains d'Erik s'aventurèrent sur mon torse, s'accrochant à mes pectoraux comme deux putains désespérées. Son commentaire inattendu me laissa perplexe, et je le repoussai violemment, le faisant chuter au sol.
— Tu as des plus gros seins que Marilyn, articula-t-il, étendu de tout son long, l'air stupéfait.
Marilyn le fixa d'un regard incrédule avant de lui écraser la main avec ses talons vertigineux de 20 centimètres. Ils s'enfoncèrent violemment dans sa peau, lui arrachant un nouveau juron. Je leur tournai le dos, refusant de m'attarder sur leurs querelles de merde.
Les disputes incessantes entre Erik et Marilyn étaient monnaie courante, une constante agaçante dans notre existence tumultueuse.
Nous marchions depuis des putains d'heures, mais ces foutus couloirs se ressemblaient tous, ça devenait juste malade. Le silence était pesant, trop pesant, et même Erik, d'habitude sûr de lui, sentait bien qu'on se faisait niquer quelque part. Y'avait un truc qui clochait, ça se sentait dans l'air, comme une putain d'embrouille qui nous tournait autour depuis des plombes.
Les murs semblaient se refermer sur nous, les ténèbres nous engloutir peu à peu, comme si on était les victimes d'une entité sadique, juste en train de guetter le bon moment pour nous sauter à la gorge.
Mais malgré toute cette merde, j'pouvais pas me permettre de m'énerver. Je m'accrochais à mon instinct, à cette voix dans ma tête qui me disait que la clé de tout ça était juste là, à portée de main.
Pourquoi maintenant, pourquoi nous ? Ces questions, elles tournaient en boucle dans ma tête, me rendant juste encore plus furax. C'était comme si le destin lui-même se foutait de notre gueule, comme si on était juste des putains de pions dans un jeu où on comprenait même pas les règles.
Jamais je n'ai pu entretenir une foutue relation saine avec Nikolai, depuis le berceau jusqu'à aujourd'hui. Ce type, c'est un coureur de jupons, obsédé par l'idée d'avoir ce foutu diamant pour lui tout seul, comme si ça allait lui permettre de bâtir un royaume béton, éternel. Mais bordel, les chimères peuvent bien être immortelles, mais les liens chimériques, les rêves de pouvoir ? Ça s'effrite plus vite qu'un vieux mur abandonné. Quand on parle d'éternité, on se retrouve vite perdu dans les illusions.
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The mystical dance
FantastikDans un monde où chimères et humains coexistent, Verónica Raichands, étudiante en sciences spécialisée dans les chimères, se distingue par sa fascination pour ces créatures, contrairement à la plupart des humains qui les craignent. Issue d'une famil...
