Je claquai violemment la porte, m'appuyant dessus tandis que je luttai pour refréner ma colère, évitant de briser une nouvelle fois les fenêtres. Ces dernières semaines, elles avaient été changées à trois reprises. Être retenue chez des chimères et ne pas pouvoir poursuivre mes recherches sur les chimères me frustrait au plus haut point, d'autant plus que la transformation que j'avais subie me donnait des migraines insupportables.
Après mon bref échange avec Ivan, il avait subitement quitté le hall, me laissant seule dans ce lieu désert. Cela me convenait parfaitement, car une tension palpable s'était installée entre nous, rendant difficile toute proximité alors que nos âmes étaient liées.
Depuis dix jours, j'étais cloîtrée dans cette chambre, en train de boire du café. Je commençais à me demander si je n'étais pas en train de perdre la tête, passant des heures à contempler la vue sur le jardin de Ivan. Je ne l'y voyais jamais, peut-être qu'il n'y allait que la nuit.
Je me laissai tomber sur le lit, observant le décor vintage de la chambre tout en réfléchissant. Que pouvais-je bien faire de mes journées désormais ?
Soudain, quelqu'un entra précipitamment dans la pièce, me faisant sursauter. À ma grande surprise, je vis le chimpanzé tenant un ordinateur et le papillon vêtu de son plus bel habit.
— Vous voulez quoi ? demandai-je d'un ton neutre.
Ils prirent chacun une chaise sans me répondre et les placèrent devant moi. Le chimpanzé s'assit, continuant à ignorer ma présence, tandis que le papillon se dirigea vers la machine à café de la chambre. Ne me voyaient-ils pas ?
— Voilà huit jours que j'étudie chaque petit globule de ton sang, déclara enfin le chimpanzé, concentré sur son appareil, et ton être ne contient que l'aura de la chauve-souris ainsi que ses capacités et ses défauts, mais tu ne lui ressembles pas scientifiquement parlant.
Le papillon rejoignit la conversation, observant les globules sanguins aux formes étrangement variées, y compris celles d'un chat. Je fronçai les sourcils, j'avais toute suite compris grâce à mes études scientifiques.
— Oui, acquiesça le papillon, nous avions tout faux, Ariel la petite sirène. Annonça-t-elle en pointant les globules en forme de poisson.
Alors qu'ils attendaient ma réaction, je leur demandai :
— Puis-je avoir mon PC et mes notes ?
La blonde arqua un sourcil, tandis que le chimpanzé me regarda légèrement surpris.
— Quelle vie, on vient de lui annoncer qu'elle est un putain de poisson, et elle veut un écran, soupira-t-elle en se levant.
Quelques jours après...
Dans un monde où la guerre et la violence régnaient en maîtres parmi les humains, une présence étrange et insaisissable, mi-humaine mi-animale, se cachait dans les ombres les plus sombres de notre société. Cette entité mystérieuse défiait toute classification rationnelle, jetant le doute sur nos certitudes et nos croyances.
Selon les scientifiques, l'apparition de ces êtres remontait à environ 1 millions d'années, mais cette affirmation était-elle véridique ? Peut-être n'était-ce qu'une histoire inventée pour rassurer nos esprits tourmentés, une tentative de nous convaincre que ces créatures n'avaient pas toujours existé. Les religieux les considéraient comme une punition divine, les athées les attribuaient aux conséquences du Big Bang. Pour ma part, je les percevais comme une manifestation sombre et déformée de notre propre humanité, incarnant nos démons intérieurs.
Les chimères, comme on les appelait, semblaient surgir là où le désespoir et la violence étaient les plus intenses. Leur apparence variait, chaque forme semblant être un reflet grotesque des peurs et des vices humains. Certains les décrivaient avec des ailes de chauve-souris, d'autres avec des griffes d'acier, et d'autres encore voyaient en elles des yeux perçants et inhumains..
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The mystical dance
FantasíaDans un monde où chimères et humains coexistent, Verónica Raichands, étudiante en sciences spécialisée dans les chimères, se distingue par sa fascination pour ces créatures, contrairement à la plupart des humains qui les craignent. Issue d'une famil...
