On atteint la fin du quartier, en passant par le chemin derrière les maisons. C'est derrière où je me cache, pour me rendre dans mon endroit. J'arrive devant un grand amas de buissons et passe par le trou. Il est étroit et invisible à l'œil de la plupart des gens. Après avoir eu un peu de mal à passer, Sebastien me suivant toujours, demande étonné:
-Comment t'as trouvé cet endroit?
-En ligne.
On arrive à la fin d'un deuxième chemin caché et la maison se révèle à nous. Sebastien s'exclame:
-Wow! Où en ligne?
-Un vieux forum privé. Il est mort maintenant, donc...
Je m'approche des buissons bordant le côté le plus bas du vieux portail. Je l'escalade, à l'aide de la petite chaise pliante de bambin, que j'avais trouvé le moyen de faire passer ici. Sebastien me suit à l'intérieur et je contourne la maison mourante. Je me tourne pour le voir regarder partout, puis à nouveau la maison. Une bâtisse victorienne massive, maintenant habitée par les arbustes et les branches. Elle est plus large que haute, c'est pour ça qu'elle est si bien cachée. Je ne peux retenir un sourire face à l'air de Sebastien. J'étais comme ça quand j'ai découvert ce lieu. Je continue de marcher et atteins mon Eden. À perte de vue, il y a un lit doux d'herbes et de plantes herbacées vertes claires. Elles sont parfois parsemées de fleurs. Certaines ressemblant à des pompons violet pâle, et d'autres ont des pétales mauves, qui pourraient passer pour des petits buissons. Je me tourne vers Sebastien, qui regarde l'endroit en souriant. On dirait bien qu'il le trouve beau aussi. Il dit encore:
-Wow...c'est cet endroit que t'appelle ton sanctuaire?
-Oui.
-Il est super.
Ma parano demande:
-Donc tu vas le prendre? Et ce sera plein d'ados en train de faire tout et n'importe quoi...putain pourquoi j'ai fait ça? Je suis trop conne.
Je secoue la tête les yeux sur les plantes quand il s'approche. Je le regarde et il m'assure sérieusement:
-Je te jure que je dirais rien...ok?
J'inspire profondément. Je le regarde et décide de hocher la tête, ce qui le fait sourire. Je l'imite et lui rappelle:
-T'avais pas dit que t'avais des gâteaux?
-Merde! C'est dans la voiture.
Il propose:
-Je peux aller les chercher.
-Tu vas te perdre.
-Je pense pas, je suis bon avec les chemins.
-T'es sûr?
-Oui, j'arrive.
Pendant qu'il s'éloigne je m'assieds. Je sors mon téléphone, pour écrire plus de mes stupides paroles. Quand j'ai fini de déverser mes sentiments sur l'écran, je réalise qu'il n'est toujours pas revenu. Depuis quand est-ce qu'il est parti? Oh merde. Si ça se trouve, il est allé chercher ses potes. Je fronce les sourcils, saisie par l'angoisse. Oh non...
Je mets ma tête entre mes mains, pour ralentir l'inflation de mon anxiété. Je suis aussi en train de respirer profondément, quand je sursaute, en sentant une main sur mon dos. Je lève la tête sur Sebastien. Il a un air concerné formant un filtre différent sur lui. Il me demande:
-Hey, ça va?
Je respire encore profondément en hochant la tête. Il s'assied à côté de moi et continue:
-T'es sûre que t'es pas malade?
Je secoue la tête et il prend quelque chose qui était de son côté. Une boîte assez grosse. Il me dit désolé:
-Je crois que ça a été un peu secoué. Parce que j'ai pas pu me pencher trop bas pour la jeter par terre, en me penchant depuis ta chaise de bébé.
Je souris un peu et il ouvre la boîte sur un tas de gâteaux, ayant l'air plus bons les uns que les autres. Ils alimentent un nouveau sourire malgré moi. Il m'explique:
-C'est surtout des pâtisseries françaises du coup.
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Wabi-Sabi
RomanceAmina a toujours détesté les maths, mais en 17 ans, elle a appris à les maîtriser, habituellement sans problème. Mais c'était sans compter sur son étourderie, qui lui a fait oublier de noter un contrôle. Pour s'éviter les foudres de son père, elle s...
