Chapitre 56: Monaka

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Au restaurant, je me demande si Sebastien va aimer ma robe, c'est un peu plus sexy que ce que je porte d'habitude. J'ai choisi une robe noire à manches longues avec un col rond, mais pas trop bas. Je n'ai pas vraiment les seins pour les décolletés plongeants. Elle est aussi près du corps à la taille et se termine à mes chevilles avec une fente commençant à ma cuisse. Bien sûr, Papa n'est pas au courant de ma tenue. Maman m'a attrapé avec la robe, mais m'a laissé fuir avec mon trench-coat de coupable. Papa m'a à peine remarquée à cause de son match de basket.

Il y a des jours, au début des vacances, je suis venue réserver avec Sebastien. J'ai aussi constaté que ça n'allait pas le faire si je me pointais en jogging, malheureusement. Enfin, la robe est pas mal. Cet endroit est plus cher que les autres restaus similaires qu'on a cherchés, mais c'est censé être le meilleur, donc on va serrer les dents.
L'endroit est sobre et décoré avec beaucoup d'éléments en bois dans le style japonais. Il y a aussi beaucoup de lumières chaudes. J'y bois un Coca parce qu'évidemment je ne peux pas commander quelque chose qui me donnerait l'air plus "cool" pour certains. A. Je suis mineure. B. Boire est un autre des péchés avec lesquels je ne peux pas jouer à l'aveugle.

Je m'arrête de fixer mes glaçons fondant en voyant Sebastien arriver dans une chemise blanche un peu déboutonnée, un jean gris et des baskets blanches. Ses cheveux noirs sont peignés en arrière et il porte aussi un sourire sur son beau visage. Ce type est un package. Je me lève et m'approche, mais il s'arrête pour me regarder de haut en bas avec un sourire balayant mes neurones. La mission robe est accomplie. Il s'approche et enlace ma taille. Avant que je ne puisse demander, il me dit:
-T'es magnifique dans cette robe. Je dirais sexy, mais j'essaie de garder la vibe de l'endroit.

Je ris et câline ses lèvres un peu trop longtemps. Je réponds:
-T'es vraiment mignon aussi.

-Mignon? Genre hamster?

-T'es jamais content.

On rit et je préfère préserver ma santé mentale en évitant de regarder autour de nous si des gens nous épient. Car je suis sûre que c'est le cas, même si on a eu une super table dans un coin. On s'assied côte à côte et je soupire. Sebastien me dit:
-Ils sont pas en retard, on est en avance.

-Peut-être qu'on devrait commander.

-Manger en décalé c'est pas super cool.

-Je pensais à leur dire de le préparer après.

-Ce sera moins drôle de pas découvrir le menu ensemble.

J'émets un:
-Hmmm.

-Alors pourquoi tu nous as fait venir ici?

-Eh ben je suis toujours pas sûre du fait que ça soit une bonne initiative, mais...tu les as déjà invités à manger chez toi?

-Oui.

-Ah merde...c'était plus logique, oui, même si ta mère m'avait dit que ça faisait un moment qu'on l'avait pas laissé "vraiment" cuisiner pour un invité...

J'expire embarrassée et continue:
-Ils aiment sûrement ce que ta mère fait, donc y'a rien à découvrir. J'étais en plein trip depuis le début. Merde...

Il sourit puis me répond:
-En fait...je crois avoir capté ton idée et t'as bien deviné. Ils sont venus manger chez moi, oui, mais ma mère cuisine jamais japonais quand ils sont là.

Je pense en avoir une idée, mais demande quand même:
-Pourquoi?

-Je sais pas...au début, j'avais peur qu'ils aiment pas la nourriture. Vu qu'on est devenus amis avec Ivan juste après que j'ai arrêté d'en ramener à l'école et puis il y a eu Raj. Et même si en grandissant j'ai capté que c'était une peur idiote, l'appréhension me bloque. Je sais qu'ils aiment les trucs basiques du genre nouilles ou quoi. Mais si ma mère décidait de faire autre chose et que ça se passait mal...mais je les connais. Je sais qu'ils sont pas irrespectueux, mais c'est l'appréhension qui colle, ça part pas.

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