J'ai un peu cherché Jamari du regard dehors. Je ne sais même pas pourquoi je fais ça. Qu'est-ce que j'espère? La prof nous ouvre la porte de la classe plus tôt. Nos profs le font souvent. Ils savent qu'on ne va pas saccager la pièce, comme des sauvages. C'est aussi plus agréable pour attendre. Je préfère ça de loin. C'est mieux d'être assise à fixer la fenêtre, plutôt qu'essayer de ne pas croiser le regard de quelqu'un, dans le couloir blindé de monde. Je sursaute presque, quand la personne passant devant mon bureau, s'arrête d'avancer, pour dire:
-Hey Amina.
Je me tourne vers la voix grave et joyeuse, dont des tons me sont familiers, d'une autre époque. Des tons qui m'avaient manqué. Je ne peux m'empêcher de sourire à Jamari. Je ne vois son visage que rarement, depuis qu'il s'est arrêté de me parler, au collège. Il a toujours son grand regard en amande sympathique, avec ses longs sourcils super épais, que je lui jalousais. Son sourire reste réchauffant. Avec ses belles lèvres, d'un brun clair, un peu différent du marron médian de son teint. Avec tout ça, il a en plus sa mâchoire maintenant définie. Elle est accompagnée, de sa boucle d'oreille noire pendante, avec l'étoile pointue en croix. Les filles en raffolent, des deux. C'est pas étonnant qu'il ai déjà eu cinq copines. Le truc qui me soulait bien, quand j'entendais parler de son succès, c'est que la boucle d'oreille était mon idée, d'il y a des années. Je sors de ma courte stupeur et lui dis:
-Salut, ça fait longtemps.
-Oui dans le genre "Hello darkness my old friend".
Je ris doucement pour ne pas multiplier les regards curieux. On devrait confisquer les yeux, de certaines personnes. J'observe les presque petites tresses noires, qui couronnent la tête de Jamari, et peuvent retomber sur ses pommettes. Elles sont cool. Il me sert à nouveau son sourire distinctif, et je recommence à l'imiter. Maintenant, mes yeux dévient sur son bras, que je ne vois que brièvement d'habitude. C'est malgré moi. Surtout que les gens ne faisaient qu'en parler, pendant des semaines.
C'est devenu un sujet, parce qu'il l'a fait. Jamari a toujours voulu se faire tatouer à 18 ans et de ce que j'ai entendu, quand ses parents l'ont laissé faire, c'était il y a des mois. Seulement des jours après ses 18 ans, qu'il a fêtés bien avant moi. C'est parce qu'il a un an de plus que moi, et a redoublé une classe. Tout ça a aussi bien fait tripper le proviseur, ce qui m'a un peu fait peur pour Jamari. Mais en tant que joueur de basket doué, c'est un élément important du lycée. En plus il ne cause jamais de problèmes. Le proviseur a dû s'en souvenir, vu qu'il lui a foutu la paix. Jamari remarque mon indiscrétion et demande sur un ton trahissant de l'excitation:
-Tu veux voir?
-Ok.
Il approche son bras et je bouge un peu pour regarder un côté, donc il me dit:
-Tu peux juste prendre mon bras et le tourner hein. Ça va pas les effacer en te tâchant.
Je ris et tourne son bras. Son toucher était électrifiant, mais ensuite c'est presque familier. Pourtant, par rapport à la dernière version de son bras que j'avais touché, il y a des années, celui-ci est musclé et tatoué. Les choses changent tellement. Avant, Jamari avait dessiné plein de fois, ce qu'il voulait sur son bras. Je reconnais quelques dessins d'une certaine façon seulement. Car le style plus professionnel du tatoueur les ont changés. Il y en a quand même quelques-uns identiques aux dessins de Jamari. L'ensemble est vraiment beau en tout cas.
Je connais aussi la plupart des significations. Il y a un papillon qui vole vers le haut de son bras. C'est son évolution en tant que joueur, parce que franchement, il était juste nul au début. Le souvenir me fait rire. Il y a un des derniers dessins que j'ai vus. Un cœur en pièces. Sa première ex date de quand ils étaient un peu jeunes. Malgré ça, elle pourra se vanter d'avoir fini ici, en quelque sorte. C'est sa leçon sur le fait que la vie continue, et va rester "entière". C'est le cas, parce qu'il a d'autres gens là pour lui. C'est ce que je lui avais expliqué en essayant de l'aider, alors que moi-même, je commençais à pourrir de l'intérieur.
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Wabi-Sabi
RomanceAmina a toujours détesté les maths, mais en 17 ans, elle a appris à les maîtriser, habituellement sans problème. Mais c'était sans compter sur son étourderie, qui lui a fait oublier de noter un contrôle. Pour s'éviter les foudres de son père, elle s...
