Chapitre 51: Bonjour

6 1 0
                                        

Un bruit aigu agresse mes oreilles et je me réfugie contre la chaleur à la bonne odeur contre laquelle je suis. Elle émet les vibrations d'un rire, celui de Sebastien. Il me serre un peu et je me sens bien. Il me dit:
-T'es tellement dramatique.

Je quitte ses bras pour rouler sur mon dos face au plafond courbé du dôme. Je cligne des yeux en sachant que je dois tirer une sale gueule comme chaque matin. Il se tourne vers moi, mais je tourne la tête pour cacher mon visage. Il me dit amusé:
-Hey regarde-moi.

-Non.

-Pourquoi?

-Je ressemble à un blob fish le matin, ton fugu là. Je te l'avais dit.

Trop rapidement, il se met au-dessus de moi et essaie de tourner ma tête avec sa grosse main. Je me débats en couinant puis il abandonne avec son rire. Il me lance:
-Aller, arrêtes j'ai une tête de rat moi là donc laisse-moi voir.

Je commence à rire puis jette un coup d'œil. Il a des traits un peu tirés, mais bizarrement ça lui va bien. Je commente:
-T'as pas une tête de rat.

-Et t'as pas une tête de fugu.

-Merde, j'ai tourné la tête.

-Oui, quand tu tournes la tête pour regarder on voit ton visage.

Je souris et il se couche à côté de moi puis m'apprend:
-Il nous reste encore quelques heures.

-Et tu nous réveille maintenant?!

-Pour passer plus de temps ensemble.

Je ne peux retenir mon sourire qu'il imite. Il me demande:
-Hey, tu crois que tu pourrais m'apprendre le français?

-Oui, bien sûr en sortant d'ici tu seras trilingue, enfin quadrilingue avec l'español.

Il rigole puis je lui dis:
-Non, mais je suis pas une bonne prof.

-Ça peut pas être pire qu'Emmie qui me tapait dessus.

Même si j'ai des expériences pas super aussi je pouffe malgré moi, mais il se met juste à sourire. Je caresse le côté de son doux visage et ses cheveux l'étant aussi. Je ris un peu trop avant de lui dire en français:
-T'es le soleil de ma vie.

Je me marre de plus en plus à cause de ma niaiserie et avec un sourire cynique il me demande:
-C'est une insulte, hein? Je le sais.

-Non...en fait, c'est une insulte à mon amour propre.

-Pourquoi?

-J'ai dit...

-Crache le morceau, allez.

-Tu vas me torturer sinon?

Il rétorque amusé:
-Aller.

-Ok, j'ai dit que t'étais le soleil de ma vie. C'était juste pour rig...

Il m'embrasse et je réponds à son baiser puis me mets sur lui. Je laisse mes lèvres voyager sur sa peau douce. En respirant anormalement il dit:
-Je sais que tu fais exprès avec les suçons.

Je ris dans son cou puis réplique:
-J'essaie de pas le faire, mais je sais pas...je peux aussi ne pas m'approcher de ton cou si tu veux.

-Non, j'aime beaucoup les activités de vampire.

Je rigole puis continue d'altérer sa respiration. Je me mets ensuite à le faire avec ma langue quand il m'arrête en disant:
-Ok, ok. Laisse le soleil refroidir.

Je glousse, mais reste sur lui. En plissant les yeux, il me dit:
-T'aimes me voir souffrir hein? Ça te donne un égo trip?

-Je vais admettre que je dis pas que c'est pas flatteur d'avoir pu me dire un jour "j'ai fait bander Sebastien dans une combinaison d'ours".

On éclate de rire et il me répond:
-Détends-toi. Je suis pas dans cet état non plus.

-Hmmm, je crois ton mensonge.

Il lève un sourcil et je demande amusée:
-Alors? Tu mens?

-C'est pas important.

Je recule sur lui et fais glisser ma main plus bas depuis ses côtes, mais il l'attrape rapidement et secoue la tête avec un léger sourire. J'y réponds hilare par:
-Hey j'allais pas te toucher crois-moi. Je voulais juste que tu réagisses et que tu me montres que j'avais raison. Je sais que toucher les gens comme ça c'est mal...sauf s'ils le veulent.

Il chouine en disant:
-Amina steuplé, arrêtes de nourrir mon imagination.

Je rigole puis me couche sur sa poitrine et il m'entoure de ses bras. Je l'informe:
-Je suis capable de me rendormir.

-C'est pas grave.

-Ça va gaspiller notre temps.

-Te tenir pendant que tu dors c'est du bon temps.

Je ris puis lui dis:
-Je ronfle.

-Je sais.

Je le regarde paniquée et demande:
-Quoi? Je t'ai réveillé?

-Non, je dors profondément sauf s'il y a un bruit un peu fort anormal. Il y en avait un, mais c'était des gens bourrés dehors. Ils se sont vaguement excusés de ce que je les ai entendus crier. Je sais même pas comment ils sont arrivés jusqu'ici. Heureusement qu'on a fermé.

-Mais comment t'as réussi à te rendormir avec mes bruits horribles?

-Tu ronfles, mais pas super fort. Emmie elle, elle ronflait fort plus jeune. À un moment, je devais dormir avec elle la nuit quand on lui a enlevé les dents de sagesse. On m'a collé la corvée de jouer les infirmiers et du coup j'ai vécu l'enfer. Je parie qu'elle ronfle plus fort qu'un camionneur.

On s'esclaffe et il ajoute:
-Ivan aussi ronfle, mais c'est une espèce de sifflement bizarre on dirait. C'est mignon.

Je pouffe et il me menace:
-T'as pas intérêt à en parler.

-Je dirais rien, orh.

-Mais ouais, du coup je peux m'endormir comme ça. C'est cool à savoir, remercie Emmie. Cette phrase est étrange.

Je lui souris puis lui dis:
-Tu devrais pas te forcer. Un jour, on a essayé de refaire une de nos vieilles soirées ciné au salon avec Aya. Et elle m'a carrément dit qu'elle voulait m'asphyxier avec un coussin dès que j'ai commencé à dormir. Ronfler c'est pas cool.

-Eh ben moi j'en ai pas envie, donc arrêtes de flipper. Dans le pire des cas, je mettrais des bouchons d'oreille. Promis.

-Pff.

-Je t'enregistrerais si tu veux. Tu verras c'est pas dramatique.

-Non, c'est bon.

Je le serre un peu et il commence à peine à caresser mes tresses que je passe de ses bras à ceux de Morphée.

Wabi-SabiDes histoires addictives. Découvrez maintenant