Chapitre 72: Coupable

7 0 0
                                        

Un jour, je pense vouloir devenir l'exemple de quelqu'un me ressemblant et voilà ce que je fais. Maintenant, je suis fatiguée par mes actions et pourtant je suis confortable et bourrée de dopamine. Ça ne devrait pas être le cas, mais ça l'est, parce que ça s'est très bien passé. Mais et si ça n'avait pas été le cas? J'aurais péché pour rien parce que ça aurait été nul. On n'est pas censé pécher tout court que ce soit bien ou non. Je sais pourquoi je l'ai fait, même si ce n'est pas même intimement une raison valable.

Pourtant comme pour beaucoup trop de choses j'ai suivi mes sentiments et des pulsions aussi, mais en majorité des sentiments. Ils peuvent être bons ou mauvais. Dans certains endroits, je pourrais finir en prison pour ce que je viens de faire. Peut-être que ça aurait été assez pour m'arrêter. Justement, Papa aurait l'impression d'avoir tout raté avec moi, d'avoir été trop laxiste. Mais le pire c'est qu'il serait triste aussi. Techniquement, je suis une tâche maintenant, une honte socialement et de façon familiale aussi dans certains contextes. Putain Amina arrête tes conneries anthropologiques, elles ne t'ont mené à rien jusqu'à maintenant.

Le pire c'est que je ne peux même pas mentir et dire que maintenant je me sens totalement mal. Je suis vraiment chaotique. J'ai déconné, mais là je me sens bien avec lui. Je ne pense même pas qu'il fasse de moi quelqu'un de pire et je pense être objective là-dessus même si beaucoup disaient le contraire. Oui, s'il n'avait pas été là je n'aurais rien fait, mais il est loin de m'avoir forcé. Je suis comme ça, moi. Je me demande si je suis quelqu'un de mauvais. Si ce qu'il s'est passé il y a toutes ces années m'a bousillé ou si je suis juste née comme ça. Corrompue. 

Je ne sais pas, pourtant ma famille m'aime bien et ils sont des gens bien, comme Sebastien. Je suis contente de l'avoir à aimer, mais parfois on peut aussi aimer des choses qu'on ne devrait pas...je ne veux pas continuer à angoisser là-dessus. Malgré tout en même temps je vais devoir y revenir parce que j'ai goûté à une sorte de drogue. Je lève les yeux et dans le coin de mon regard je vois Sebastien me regarder. Je tourne la tête et il me demande concerné:
-Tu regrettes?

Je souris un peu. Il est parfois effrayant avec sa façon de deviner. Peut-être que c'est lui le robot qui marche à l'aide d'une IA en fait. Il continue avec un air sérieux:
-Donc?

-Je...honnêtement oui et non. La logique, si je faisais les choses bien de façon correcte, la partie qui fait la logique veut que je le regrette parce que je me suis mise dans la merde, mais...

-La partie du bien c'est la logique, alors? Oh...oh oui, putain. Putain, putain. Je suis désolé Amina, je pensais pas. Je m...

Je mets mon doigt sur le coussin que sont ses lèvres et lui réponds:
-Qu'est-ce que j'avais dit sur les "désolé"?

Il me sourit et je l'embrasse doucement. Il me demande:
-À quel point t'auras des problèmes?

-Te soucie pas de ça.

-Amina.

-Te soucie pas de ça et regarde pas en ligne ni nul part. C'est mon problème et j'ai pas envie d'en parler.

-Ok...

J'ajoute:
-Je vais survivre.

J'espère. Il émet un:
-Hmmm.

-Tu devrais t'inquiéter de ta fatigue.

-Fatigue? Je vais très bien moi. C'est toi qu...

-Chut.

Il émet son rire grave puis demande moqueur:
-Donc tes stéréotypes? Je pense qu'il est temps de retirer ton insulte?

Je rigole en répliquant:
-Mais tais-toi Sebastien. Passe à autre chose.

On se marre puis il demande:
-Au fait, dis-moi, c'est quoi comme implant?

-Pourquoi tu veux savoir? T'en veux un aussi?

Il pouffe puis réplique:
-Non, je suis curieux. C'est celui qu'ils te mettent à l'intérieur? Je sais pas exactement où, je veux dire niveau, hauteur...

Il grimace perplexe, ce qui tord un peu ses lèvres. Je glousse puis rétorque:
-Bien sûr que non. Je peux pas laisser quelqu'un que je connais pas aussi proche de mon corps pour le mettre. J'ai choisi celui du bras.

-C'est pas plutôt invasif?

-Pas vraiment. Tu le sens pas ni rien après les premiers jours, mais j'ai dû me battre avec l'idiote que j'ai vue pour l'avoir. Le pire c'était cacher ça. Parce que je sais pas ce qu'elle a fait, mais ça saignait. Elle m'a juste dit que c'était rien, mais j'ai dû garder un pansement et porter des manches longues quelques jours.

En fronçant ses longs sourcils, Sebastien me demande:
-Ça t'a fait mal?

-Pas vraiment.

-Mais ça va pas perturber tes hormones?

-D'après ce que j'ai compris, je pourrais potentiellement prendre du poids, avoir de l'acné des migraines et devenir pire que Min Jung entre autres. Muhahaha.

Il pouffe malgré lui puis répond:
-Déjà, refais plus ce rire et bébé mon ex était manipulatrice, jamais satisfaite et chiante durant ses pires moments. Le poids t'ira pas mal, t'as un beau visage de toute façon et je serais là avec de l'aspirine. Pour le reste, je pense que tu seras plus du genre à te calmer avec du chocolat ou de la glace.

-Aller le cliché.

-Dis-moi que tu vas refuser.

-Je vais accepter par politesse. Avec un bonus de câlins.

-Deal.

Je souris puis renchérit:
-Sauf si je te bloque aussi.

-Je paierais Aya pour rentrer chez toi.

-Pas si mon père t'attrape.

-Je lui raconterais une connerie qui le fera t'appeler pour que tu descendes.

-T'es diabolique.

-Je suis pas diabolique, je t'aime c'est tout.

J'étire mes lèvres puis l'embrasse. Il prolonge notre baiser, puis je lui dis un peu paniquée:
-Je suis fatiguée...

Il éclate de rire et me répond:
-Eh détends-toi, je sais. Je compense pas pour quand on sera plus là.

Je ris avec lui puis il me demande:
-Ton implant il t'a pas coûté beaucoup?

-Si, vu que je l'ai pas mis sur l'assurance pour rester en vie. Mon argent de quand je bossais à cette maudite glacerie en a pris un coup. C'est comme payer pour coucher maintenant que j'y pense.

-Donc je suis ta prostituée?

J'éclate de rire avec lui puis il se calme pour me dire plus sérieusement:
-T'aurais dû me parler de tout ça.

-Pourquoi?

-Parce que t'es pas toute seule.

Il prend ma main dans la sienne toute chaude et je lui souris. Il ajoute:
-Je vais te rembourser.

-Non, ça va pas?

-M...

-Chut.

Je l'embrasse et me mets sur lui. Il me dit amusé:
-T'avais pas dit qu...

Je le fais taire avec mes lèvres, mais il reprend:
-La manipulation a atteint un autre niveau.

Je rigole et ses lèvres rejoignent les miennes.

Wabi-SabiDes histoires addictives. Découvrez maintenant