Chapitre 55: Invincible

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Quand on arrive chez Sebastien après la piscine, je me vois déjà faire la sieste dans sa chambre. Le regard toujours sur l'écran de la télé, son père nous lance:
-Bonjour!

On répond:
-Bonjour!

Il regarde une série qui semble se dérouler à l'époque de la régence anglaise. Sebastien râle:
-Papa tu regardes toujours ça? Et maintenant, elle le sait.

Masaru répond:
-Hey, j'ai acheté la télé donc je regarde ce que je veux.

Je commente:
-Il a pas tort, en plus c'est juste une série.

Sebastien réplique:
-Une série bien niaise avec des intrigues amoureuses fatigantes de ce que j'ai compris.

-Hmmm.

-Tu la regardes?

-Jamais essayé.

Masaru crie:
-Tu devrais!

Je ris et les longs sourcils de Sebastien se froncent tandis qu'il secoue la tête en fermant les yeux. Masaru continue:
-Tu essaies de me faire passer pour un vieil homme faible, mais à ton grand âge tu ne peux toujours pas me battre sur un vélo Sebasuchan.

Je pouffe et Sebastien réplique piqué:
-Ça, c'est parce que j'ai pas essayé depuis des années. Je suis grand maintenant.

-On parie?

-Maintenant.

-Oui maintenant.

Sebastien rétorque:
-Arh...ok , ok. Je vais poser mes affaires.

Il me tire et une fois dans sa chambre je demande amusée:
-Tu regrettes déjà?

-Chut.

-Il est si fort que ça?

-À part étudier tout ce qu'il faisait au Japon, c'était du vélo. C'est un miracle qu'il ait trouvé quelqu'un pour que je puisse naitre.

Je ris en disant:
-Hey!

Il m'imite et je demande:
-Il a gagné des trucs et tout?

-Oui, beaucoup de prix régionaux. Il allait essayer le Tour du Japon, mais ma mère et lui ont eu la possibilité de venir ici avant.

-Ah ouais, t'es foutu du coup.

-Merci de croire en moi.

Je souris en répondant:
-Non, mais...

-Nah, nah, nah. J'ai compris. Vas prendre les vieux pompons d'Emmie et vas encourager mon père.

Il met des baskets plus légères tandis que je ris. Il sort en m'ignorant et je le suis en disant hilare:
-Désolé Sebastien! Attends-moi, non?

On arrive dans son garage immense où il récupère son vélo. Il l'inspecte rapidement puis le ramène dans la rue en face de la maison qui justement est circulaire avec un kiosque orné de végétation au milieu. Masaru est déjà sur son vélo à attendre en jogging. Il délaisse son téléphone et nous sourit. Sebastien s'approche et se place à côté de lui sans un mot. Masaru plisse son regard en amande en disant:
-Futekusarenaide yo, loser.

Sebastien réplique irrité:
-Je suis pas un loser. Et je boude pas, je vais très bien merci.

Je ne peux me retenir de rigoler et Sebastien me lance un sale regard donc je recule en disant:
-Bon je vais regarder hein.

Il me lance:
-Attends, tiens steuplé.

Il me donne son téléphone en disant:
-C'est plus sûr.

Masaru rigole et je me retiens de pouffer pour sourire à Sebastien avec son air blasé rendant ses lèvres boudeuses. Je lui dis:
-Bonne chance.

-Ouais bien sûr.

Je lève les yeux au ciel et il grogne avant d'ajouter:
-Merci.

Je ris puis regarde Masaru ranger son téléphone dans la poche à fermeture éclair du pull qu'il a décidé de garder malgré le temps. Il m'explique:
-Bon Amina tu donnes le départ, j'ai une série à regarder et il doit pouvoir se lever demain donc ce sera un tour.

Sebastien ricane et dit:
-Ça s'appelle la peur oui.

-Bien essayé, mais je n'ai pas toute l'éternité donc ce sera un tour Sebastien.

-Tsss.

Masaru reprend à mon attention:
-Tu donnes le départ et tu ne bouges pas. Tu es la ligne de départ et d'arrivée. Donc place-toi bien vers nous horizontalement.

Je réponds:
-Ok.

Je me mets en position puis crie:
-3, 2, 1. Go!

Ils partent à une vitesse me faisant un peu peur. En plus, je peux juste me tordre le cou pour suivre encore trois secondes. Même si je pouvais bouger, je ne les rattraperais pas à temps. De ce que j'ai vu, Sebastien était bien derrière, mais pas si loin. J'espère que personne ne va tomber et qu'il n'y a pas de voiture. Non, ils peuvent esquiver. Masaru me surprend en apparaissant déjà, mais dangereusement suivi par Sebastien qui a rapetissé leur écart. Pourtant Masaru passe en premier en hurlant:
-Ore wa mutekida!

Sebastien s'arrête en freinant un peu violemment ce qui me fait peur pendant une seconde. Je le rejoins et lui dis:
-Hey, tu l'as presque rattrapé! Je l'ai vu!

Il se contente de plisser le regard avec sa moue boudeuse. J'ajoute:
-Allez, Sebastien, t'es jamais aussi mauvais perdant en sport. Même si ça t'arrive rarement justement.

-D'habitude quand je perds c'est pas contre quelqu'un qui a presque trois fois mon âge.

Je ne peux cacher mon sourire en lui disant:
-Tu devrais être content, tu seras sûrement aussi fort à son âge du coup. Non?

-Hmmm.

-Et qu'est-ce qu'il a dit? Il t'a encore traité de "loser"?

-Oui, rigole bien. Il a presque dit la même chose. Il a dit qu'il était invincible.

Je ris et il me sourit malgré tout. Je l'embrasse avec douceur, mais quand on se sépare il me tire à nouveau vers lui et sa langue prend possession de la mienne. Après m'avoir donné trop chaud, il dit avec un sourire en coin:
-Là, je me sens mieux.

Je ris avant d'écarquiller les yeux quand il crie au-dessus de moi:
-Désolé! Je t'avais oublié!

Moi aussi je l'avais oublié et maintenant j'ai encore plus chaud d'embarras. Je me tourne et Masaru les bras croisés réplique:
-Tu es tellement un mauvais perdant que tu risques de me faire subir ce spectacle pour m'ennuyer Sebasuchan?!

-Non! Je me sentais mal!

Sebastien me tire par le bras et continue:
-Elle me réconforte!

Je siffle:
-Me mets pas dedans.

Il rit puis lance à son père:
-Profites-en tant que ça dure!

Masaru rit avant de s'éloigner à vélo.

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