On a réussi à vivre ensemble à Berkeley, mais au début de cette colocation chaotique, les gens qui vivaient avec nous ont créé une tension qui nous a presque brisés pour de bon. C'est ce qu'on a eu en échange de notre proximité. Ces jours de séparation nous ont quand même montré des choses. Sebastien s'entêtait parfois à me demander si je ne regrettais pas le fait de ne pas être sortie avec quelqu'un d'autre durant cette période, mais j'ai vu la vie sans lui et c'était...fade. Les soirées ont un filtre sépia quand tout ce à quoi tu penses c'est la personne effacée.
Sans parler des autres hommes que je voyais sous forme de trolls. En plus, quand je me renseignais en cachette, malgré le fait que je devais passer à autre chose, je me sentais mieux en sachant que Sebastien ne l'avait pas encore fait non plus. Parce que comme il me l'avait promis avant on ne se croisait pratiquement pas.
Pratiquement, parce qu'il y avait ces moments de torture. Chaque jour passé à la maison quand il y était je sentais son regard sur moi et je savais aussi que parfois il ne sortait pas parce que je ne le faisais pas.
Juste pour me regarder de loin en faisant semblant de manger à table. Mais malgré la tension, j'étais même bien, voire rassurée de toujours avoir ce semblant de relation.
Sebastien était encore là malgré le fait qu'on vivait avec cet idiot de colocataire qui m'a embrassé et qu'il a donc frappé. L'origine de notre séparation, en partie. Moi, j'étais encore là malgré le fait qu'on vivait aussi avec la sorcière qui avait tout révélé à Sebastien avant que j'aie le courage de le faire. Elle le voulait et elle essayait de me le prendre. C'était toute la tension dans cette maison.
Cet endroit aurait été l'enfer sans Raj pour essayer de l'empêcher de s'effondrer. Après 9 jours d'apnée, je me suis remise à respirer quand j'ai ouvert la porte de ma chambre sur Sebastien qui avait toqué. Après ce passage ténébreux qui devait sûrement être l'une des ruptures les plus courtes de l'histoire, on ne s'est plus quitté. Maison toxique ou pas. Des années avant, on traînait tout le temps près d'une maison sûrement hantée, on allait gérer les monstres de la nôtre à l'université.
Après tout, on est allés beaucoup plus loin que Berkeley. Après avoir traversé des frontières plus hautes que celles que je m'étais imposées et vu de nombreux paysages, cultures et langues, j'ai fini ici. Pour une nouvelle aventure avec mon complice habituel et meilleur ami. Sur la petite île blanche qu'est mon lit. Je regarde les yeux noirs et mi-clos de Sebastien en attendant de m'endormir aussi. Malgré son état somnolant, il me fixe aussi comme si on faisait un concours de regards. On aime faire ce genre de choses étranges parfois. Il se met à étirer ses lèvres voluptueuses en un sourire faisant ressortir ses pommettes saillantes. Je lui demande amusée:
-Pourquoi t'as ce grand sourire maintenant? T'avais juste l'air de vouloir t'endormir.
Il rit puis répond:
-Je me suis souvenu d'un truc.
-Quoi?
Sur un ton totalement immature, il dit:
-La lune de miel.
Je rigole et il ajoute:
-Pas la nôtre, enfin si la nôtre d'une certaine façon. Je me suis souvenu du speech que tu m'avais sorti avant qu'on aille au dôme à Silverlake il y a des années. Pour la première fois.
-Et?
-On a passé la phase lune de miel, largement. On a même survécu à un tour du monde et ce groupe de bikers en Slovénie en plus.
Je pouffe à ce souvenir et il ajoute:
-On est dans l'équipe gagnante.
Je lui souris et m'approche. Il m'embrasse en me m'attirant vers lui puis dis de sa voix enivrante:
-On dirait bien que t'es coincée avec moi.
Je m'approche de ses lèvres en souriant quand le babyphone me fais sursauter. Les cris qui en sortent nous font savoir que sa majesté Soray veut que ses serviteurs le nourrissent. J'ajoute:
-Et on est coincés avec lui aussi.
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Wabi-Sabi
RomanceAmina a toujours détesté les maths, mais en 17 ans, elle a appris à les maîtriser, habituellement sans problème. Mais c'était sans compter sur son étourderie, qui lui a fait oublier de noter un contrôle. Pour s'éviter les foudres de son père, elle s...
