Chapitre 84: Plus jamais

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Depuis l'endroit où je me suis assise, je m'arrête d'arracher l'herbe verte quand je vois Sebastien revenir avec du bois. Je demande en souriant, excitée:
-On va faire un vrai feu?

-Oui!

Il dépose à peine le bois que je me lève et l'embrasse. Il rigole en me disant:
-Eh ben. Je devrais me balader avec du bois pour allumer des feux tout le temps comme un pyromane, si ça me vaut ça.

Je glousse puis me rassieds pour demander amusée:
-Tu sais l'allumer sans briquet?

Il plisse les yeux en me regardant ennuyé, mais il se met à sourire lentement avant de ricaner comme si j'étais stupide. Il réplique:
-J'ai déjà fait ça avant...une fois, mais bon.

-Menteur.

-Ton langage.

Je rétorque avec un sourire:
-T'es pas mon père.

-Mais tu peux m'appeler Daddy.

Je grimace dégoûtée et réponds:
-J'ai des problèmes au niveau paternel, mais pas à ce point-là. Te prends pas pour Freud.

Il rit puis me dis:
-Bon, je vais essayer de l'allumer comme ça pour que t'arrêtes ta diffamation, mais ça peut être long.

-Je peux être patiente.

Il lève un sourcil et je sors:
-Quoi?

Il regarde ailleurs en levant ses sourcils puis dis:
-Rien.

Je grimace outrée, mais il s'en va pour revenir avec un couteau de survie. Il fait un tas de bois organisé puis commence à faire des longs copeaux de bois avec d'autres morceaux. Ça a l'air un peu compliqué avec la façon dont les tendons de sa main bougent. Je trouve ça un peu fascinant.  Il fait ensuite une boule de copeaux puis une longue entaille dans un gros morceau de bois. Avec un bout de bois plus petit qui rentre dans la longue entaille, il se met à frotter dedans. Je le regarde sceptique un moment tandis qu'il continue à activer un peu ses muscles dessus.

Au bout d'un moment je dévie des mouvements de ses bras musclés et soudain j'écarquille les yeux en voyant de la fumée. Je suis sûre qu'il sourit d'après son profil. Il continue puis s'arrête pour regarder le bâton toujours fumant. Il le met contre la boule de copeaux en soufflant dessus et au bout de quelques secondes elle prend feu. Je dis en souriant:
-Eh!

Il rit comme surpris puis se dépêche de mettre la boule commençant à brûler sur le tas de bois qui prend. Il me sourit d'une façon me réchauffant et je l'imite. Il commente agréablement surpris:
-La dernière fois que ça a marché, c'est il y a des années après que j'ai échoué plein de fois.

-T'as réussi cette fois aussi! Et du premier coup!

-T'es mon porte-bonheur.

Je rigole puis il mélange nos lèvres avec lenteur avant d'ajouter:
-Maintenant la nourriture.

-Qu'est-ce que tu penses pouvoir cuisiner là-dessus? C'est pas solide. On n’a pas le truc pour mettre des choses par-dessus.

Il me fait signe d'attendre et s'en va. Il finit par revenir avec des marshmallows et des brochettes en bois. Je lui souris en disant:
-T'es un ange.

-Ouais bien sûr, pour le moment selon toi.

Je pouffe et on se met à manger des marshmallows grillés. Je fixe les flammes et il commente:
-Avec la façon dont tu regardes les flammes, j'ai l'impression que tu vas brûler la forêt juste pour t'amuser.

Je m'esclaffe et il se lève pour se mettre en face de moi de l'autre côté du feu. Je demande:
-Qu'est-ce que tu fous?

-Je marque un point dans le temps.

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