Sous le regard bizarrement intéressé de Sebastien, je coupe mes tresses. Aya les détresse depuis le bout, mais je trouve ça trop chiant et compliqué donc je coupe le bout. Une fois, je me suis coupé les cheveux, mais ça ne m'a pas servi de leçon. Je coupe juste le bout des tresses, mais c'est quand même les couper. Je suis un peu distraite par les mouvements de la mâchoire de Sebastien qui finit de manger son orange.
Je termine puis à cause des légers mouvements de ses sourcils quand j'ai commencé, je lui dis:
-Ok donc panique pas, je les ai coupés, mais je sais qu'ils s'arrêtent pas aussi bas, c'est pour ça que je fais des tresses plutôt longues. Maintenant, c'est facile, défaits les tresses et on verra si tu tiens jusqu'à la fin avant d'en avoir marre. Mais tu devrais te laver les mains avant. Je veux pas empirer les choses avec des morceaux blancs d'orange en plus de mes pellicules. Même si je suis sûre que quelqu'un quelque part dans le monde doit penser que c'est un secret capillaire.
Il rigole puis s'en va. J'en profite pour recouvrir mon lit avec un autre drap. Nettoyer une zone de guerre avec un niveau de difficulté avancé très peu pour moi. Sebastien revient et je lui donne une espèce de tige à la pointe fine et ronde en métal. C'est un peu comme les bouts pointus de certains peignes, mais plus pratique et plus simple que les mains selon moi. Même si selon Maman, ça évite moins les nœuds. Papa appelle ça un "rab" donc je l'ai toujours appelé comme ça. Sebastien le prend et je lui dis:
-Donc tu les défais du bout jusqu'en haut avec. C'est bon?
-Yup.
-Ok, donc assieds-toi à la tête de lit et je vais devant. Tu devrais mettre les coussins dessous, mais laisse le drap dessus.
-Pas mal l'idée du drap.
Je souris et en bougeant, il demande:
-Comment elle fait Aya? Elle te détresse ici aussi?
-Non, même si je la paie elle fait ses caprices et préfère me faire asseoir par terre parce que je suis trop grande. Au bout d'un moment, tu le sens bien. Du coup, j'en profite avec toi. Espérons que ça marche.
Il rit puis je dis:
-Donc j'ai pensé qu'on pourrait finir le livre audio sur la guerre en faisant ça?
-Ok.
On commence tous les deux à défaire les tresses et ça va jusqu'à ce que Sebastien s'exclame:
-Oh putain! Merde.
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Je sais pas, c'est coincé. Merde...
-Ok, déjà détends-toi. Tu viens pas de brûler tous mes cheveux.
Il rit un peu et je lui dis:
-Laisse le rab et essaies de défaire celle-là avec les doigts.
-Le quoi?
-Le machin que t'utilise depuis tout à l'heure.
-Ok, ok. Cool à savoir.
Au bout d'un moment, je lui demande:
-Alors?
-Je contrôle la situation.
Je ris doucement et il continue de défaire les tresses et brosser mes cheveux doucement.
Vers la fin du livre, je dis:
-Merde.
-Je t'ai fait mal?
-Non, j'ai oublié de te couvrir comme lit.
Il rigole et je continue mortifiée:
-Tu dois être plein de pellicules.
-C'est trop tard oui, on a oublié la combi antiradiations.
Je ris et il dit:
-Ça se lave t'inquiète:
-Ok...tu pourras t'épousseter très très fort ici, mais dans la partie sans tapis. Je vais balayer.
-Tu vois il y a toujours une solution.
-Oui.
J'écoute la fin du livre attentivement et après la mort du soldat, on l'enterre anonymement tandis que son enfant nait. Sebastien dit:
-Putain, c'était triste.
Le moral maintenant un peu bas, je réponds:
-Oui, mais c'était la réalité de vrais gens.
Sebastien dégage mes cheveux et dépose un baiser doux dans mon cou. J'ai des frissons puis glousse avant de lui faire remarquer:
-T'as sûrement embrassé un tas de pellicules dégueu.
-Je pense avoir touché pire avec mes lèvres.
-Ew...ew.
-T'as un esprit tordu toi.
-La ferme, il n'y a pas 36 possibilités.
-Je pensais plutôt aux baisers regrettables. Sinon j'allais pas jusqu'à...
-Ça ira, Mr. Takahara. On en sait assez.
Il rigole et je lui demande:
-Il en reste encore beaucoup?
-Euh t'as pas remarqué que j'avais arrêté? Et que t'en trouvais plus?
-Je croyais que tu faisais une pause donc moi aussi j'en ai fait une très longue sans vérifier.
Il rit et ajoute:
-Je suis tellement fort que j'ai fini depuis qu'il a quitté la tranchée pour la dernière fois.
Je soupire. Le moment est venu. Je défais les couettes qu'on a faites pour s'y retrouver puis essaie un peu d'arranger mes cheveux. Je me tourne ensuite et recule un peu en disant:
-Et voilà le résultat brut.
Je ris nerveusement et il m'observe en souriant avant de dire:
-Je voulais vraiment te voir de face et t'es magnifique. Ça te va très bien.
J'ai l'impression d'être traversée par des décharges électriques agréables puis ris flattée. Je ne sais pas pourquoi mes sentiments sont aussi...gros. Je fronce les sourcils confuse, mais respire profondément et souris à nouveau. Je lui dis:
-Merci beaucoup.
-Ça va? J'ai dit quelque ch...
-Pas du tout, pas du tout.
Je l'embrasse avec douceur et on se sourit. Je lui explique:
-Normalement, ils sont plus euh "épais"? Là, ils sont étirés par les tresses et plus légers.
-Il y en a encore plus à voir.
-Au moins maintenant, t'as de quoi gagner des points avec une fille si elle est noire et qu'elle se fait des tresses. C'est utile...enfin, en fait je pense pas que ça t'en donnera des masses non plus. Ce serait trop facile. Enfin, j'espère qu'elles seront pas aussi faciles, même si t'es quand même p...quoi?
Il secoue la tête en plissant les yeux et les coins de ses lèvres sont retombés. Il est visiblement ennuyé. Il s'approche, bloque son regard sur le mien et me dit sérieusement:
-T'es la seule que je veux impressionner, ok?
Je ne trouve rien à répondre sous son regard submergeant et me contente de hocher la tête. Il m'embrasse intensément et sa langue caresse puis possède la mienne. Quand on se sépare, je respire un peu trop rapidement en souriant. Il me dit amusé:
-Wow, respire doucement.
-La ferme, tu m'as eu par surprise. J'ai pas pu respirer.
Il hoche la tête en levant les sourcils pour signifier qu'il n'y croit pas un mot. Je me lève puis prends mes affaires en disant:
-Je reviens bientôt, enfin j'espère. Désolé pour la couche de ma peau sur toi?
-C'est romantique.
Je rigole puis disparais.
Plus tard après ma douche dans la salle de bain je brosse mes cheveux que j'ai nourris avec une tonne de produits censés me faire pardonner pour les avoir enfermés afin de ne pas avoir à refaire ça tous les jours. Maintenant, ils sont encore plus frisés comme ils sont censés l'être, ils sont aussi plus brillants et plus courts. Malgré tout, ils me vont à la moitié des épaules. Je les attache avec un ruban et arrange un peu ma queue de cheval avant de retourner dans ma chambre.
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Wabi-Sabi
RomanceAmina a toujours détesté les maths, mais en 17 ans, elle a appris à les maîtriser, habituellement sans problème. Mais c'était sans compter sur son étourderie, qui lui a fait oublier de noter un contrôle. Pour s'éviter les foudres de son père, elle s...
