Quand Elisabeth, jeune vétérinaire new-yorkaise fraîchement diplômée, découvre l'infidélité de l'homme qu'elle croyait aimer, tout s'écroule. Trois mois plus tard, elle accepte un poste à l'autre bout du monde, dans un ranch isolé du Queensland, pou...
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En journée, la chaleur du bush te plaque au sol, presque oppressante, comme si elle voulait clouer au sol tous ceux qui restent trop longtemps sous le soleil. Mais quand la nuit tombe, le désert change de visage, et le froid frappe par surprise, s'insinuant lentement sous les vêtements. C'est un contraste brutal, auquel on ne s'habitue jamais vraiment. Et là, autour du feu, je vois Elisabeth qui frissonne malgré sa veste. De l'autre côté des flammes, elle resserre ses bras autour d'elle, croisant ses mains pour se protéger du froid.
L'américaine semble beaucoup plus fragile que d'habitude à la lumière vacillante des flammes. Elle lève les yeux, et je me rends compte que je la fixe. Je détourne rapidement le regard et balaye le camp du regard pour me donner une contenance, me demandant où sont Cassie et Nick. Ils étaient assis près du feu il y a encore quelques minutes, mais maintenant, il n'y a plus qu'un silence autour de nous. Je fronce les sourcils, inquiet.
— Curtis, calme-toi, souffle-t-elle comme si elle avait deviné mes pensées. Ils sont dans la tente des filles. Laisse-les profiter de leur soirée. ils discutent tranquillement.
Je m'arrête net et me tourne vers elle. Son regard, mi-taquin, mi-complice, me fait relâcher la tension que je sentais monter. Son sourire me fait comprendre qu'elle a tout deviné. Ils méritent un peu d'intimité, et je n'ai pas besoin de jouer les grands frères protecteurs ce soir.
— T'as peut-être raison, dis-je en essayant de me détendre.
J'essaie de lâcher prise, mais une partie de moi reste tendue. Pas à cause de Cassie ou de Nick, mais à cause d'elle. La fraîcheur s'intensifie, et je la vois se frotter les bras à nouveau, ses mains glissant sur ses épaules pour essayer de se réchauffer. Elle ne se plaint pas, comme toujours. Je soupire intérieurement. Si je la laisse comme ça, je vais m'en vouloir. Si je fais quoi que ce soit pour l'aider, je risque de m'en vouloir encore plus.
— T'aurais pas une couverture dans ton sac ? demande-t-elle avec ce sourire qui me déstabilise à chaque fois.
Je la regarde une seconde avant de me lever pour attraper mon sac à l'arrière du pick up à une dizaine de mètres du feu de camp. J'en sors une couverture en laine et la lui tends.
— On pourrait la partager, non ?
Je reste figé une seconde, puis je hoche la tête et m'installe à côté d'elle. Elle tire la couverture autour de nous, et soudain, sa proximité me frappe de plein fouet. Je me raidis, conscient de chaque millimètre qui nous sépare — ou plutôt, qui ne nous sépare pas. Mon épaule effleure la sienne, et la chaleur de son corps irradie sous la couverture, contrastant avec le froid qui nous entoure.
Avec une bonne tête de plus qu'elle et des épaules quasiment deux fois plus larges, c'est moi qui lutte pour garder le contrôle. Le parfum de sa crème pour le corps et l'odeur de son shampoing réveillent des envies que j'essaie désespérément de contenir.
Une bataille entre ce que je veux et ce que je ne dois surtout pas laisser arriver.
— Alors, qu'est-ce que tu préfères faire à New York ? demandé-je pour changer de sujet.
Elle tourne la tête vers moi, légèrement surprise par la question, puis elle sourit et regarde le feu.