Quand Elisabeth, jeune vétérinaire new-yorkaise fraîchement diplômée, découvre l'infidélité de l'homme qu'elle croyait aimer, tout s'écroule. Trois mois plus tard, elle accepte un poste à l'autre bout du monde, dans un ranch isolé du Queensland, pou...
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Le dîner est une mascarade.
Jane murmure quelques banalités, Cassie essaie de sourire, mais tout le monde sait ce qu'il se passe. Chaque silence est une lame, chaque regard baissé est une vérité qu'on refuse de formuler. Je pousse distraitement les légumes dans mon assiette, incapable d'avaler quoi que ce soit. Mon estomac est noué, ma poitrine comprimée sous un poids invisible.
Quand Jane se lève pour débarrasser, Cassie me prend doucement la main.
— Monte avec moi. On va regarder un film, ça nous changera les idées.
Les étagères croulent sous le poids des livres, et une lampe tamisée diffuse une lueur dorée sur le vieux canapé. La porte est entrouverte, donnant sur le couloir qui mène à la chambre de Curtis. Cassie a lancé un film, mais je ne le regarde pas. Mon regard dérive sans cesse vers le couloir, espérant entendre le bruit de ses pas, le grincement familier des lattes de bois du parquet.
Chaque bruit, chaque ombre me fait sursauter. Mais il ne revient pas. Cassie le remarque, évidemment. Elle met le film sur pause et se tourne vers moi, les sourcils froncés.
— Il regrette, tu sais.
Je déglutis, mes yeux rivés sur mes mains jointes.
— Quand il est descendu tout à l'heure, j'ai jamais vu Curtis comme ça.
Elle marque une pause, cherchant ses mots.
— Il avait l'air... vidé. Comme si quelque chose s'était brisé en lui.
Je ferme les yeux un instant, inspirant profondément pour ne pas laisser mes émotions prendre le dessus.
— Il a peur, Élisabeth.
Je relève la tête, croisant son regard doux mais sérieux.
— Peur de perdre quelque chose d'encore plus précieux que ce qu'il a déjà perdu. Et quand il a peur, il fait ce qu'il sait faire de mieux : il se ferme. Il se renferme comme une foutue porte blindée.
Je hoche la tête, les larmes brûlant le bord de mes paupières.
— Demain, il me restera une nuit, Cassie. Une seule. Je veux qu'elle compte.
Elle attrape mon avant bras et me sourit timidement.
***
La journée du lendemain est une torture.
Personne ne sait où il est. Personne ne me dit rien. Mais je sais qu'il ne me laissera pas partir sans me dire au revoir. Je passe la matinée avec Jane à faire le tour des chevaux et du bétail. Puis en milieu d'après-midi, je prépare avec Cassie une nuit sous les étoiles pour Curtis et moi, s'il rentre. Une tente, un feu de camp, des guirlandes lumineuses, une couverture épaisse, et un panier repas. Tout est prêt.
Tout est parfait.
Je reviens me préparer quand le soleil décline, avec Cassie qui chantonne surexcitée de la surprise pour son frère et moi. Je descends les escaliers avec mon sac sur l'épaule et m'arrête net quand je le vois.
Curtis est là.
Il se tient dans le hall, droit, ses mains sont enfoncées dans les poches de son jean, mais sa mâchoire est serrée, et son regard brûlant est fixé sur moi.
— Tu vas quelque part ? — Pas sans toi.
Il fronce les sourcils, mais ne dit rien. Je continue de descendre les escaliers mais reste sur les dernières marches pour être à sa hauteur, à quelques centimètres de son oreille.
— J'ai préparé quelque chose. Une dernière nuit. Juste toi et moi.
Un silence s'installe entre nous, dense, électrique. Finalement, il incline légèrement la tête. Il monte à son tour et revient vingt minutes plus tard vers son pick up, où je l'attends.
Le bivouac semble irréel. Les guirlandes lumineuses diffusent une douce lueur dorée, et le ciel est bientôt une toile infinie d'étoiles. Curtis allume le feu de camp silencieusement, et se tient debout face aux nouvelles flammes, ses épaules larges projetant une ombre imposante sur le sol.
— Je savais que tu préparais quelque chose. Cassie n'est pas très discrète.
Je souris légèrement malgré la tension.
— C'est important pour moi. C'est notre dernière nuit ici.
Il tourne enfin la tête vers moi, et son regard me cloue sur place. Il y a tellement de choses qu'il ne dit pas. Tellement de choses qu'il retient.
— Pourquoi tu fais ça, Collins ? Pourquoi tu t'infliges ça ?
Je fronce les sourcils, cherchant mes mots.
— Parce que je ne veux pas partir sans avoir passé une dernière nuit avec toi. Parce que je veux me souvenir de chaque instant.
Il se rapproche d'un pas, puis deux, avant de s'asseoir près de moi, sur le plaid épais au coin du feu de camp.
— Et après ? Tu vas rentrer à New York, reprendre ta vie bien rangée et oublier tout ça ?
Sa voix est basse, mais chaque mot est une flèche qui transperce ma poitrine.
— Non. Je n'oublierai rien. Ni toi, ni cette nuit, ni ces semaines ici.
Son regard descend jusqu'à mes lèvres, puis remonte jusqu'à mes yeux.
— Te voir partir. Ça va me tuer, Collins.
Mon cœur rate un battement. Une douleur sourde m'envahit et m'empêche de respirer. Il est si proche, si puissant, et pourtant si vulnérable. Je m'avance encore, mes doigts venant doucement frôler son tee-shirt.
— Alors ne me laisse pas partir sans t'offrir quelque chose à quoi te raccrocher.
Curtis lève une main, glissant ses doigts contre ma joue, puis jusqu'à ma nuque.
— Tu ne réalises pas... Tu ne réalises pas à quel point tu me fous en l'air.
Sa voix se brise sur les derniers mots. Ses doigts se resserrent légèrement contre ma nuque pour me garder ancrée à lui, pour s'assurer que je ne m'évapore pas sous ses yeux. Mais je n'irai nulle part.
— Même contre moi, j'ai l'impression que t'es déjà en train de partir...
Il déglutit puis pose doucement son front contre le mien. Ses lèvres effleurent les miennes, son souffle chaud se mélange au mien.
— S'il te plaît... Laisse-moi cette nuit. Pas parce que je la veux. Parce que j'en ai besoin.
Et avant que je puisse répondre, ses lèvres s'emparent des miennes avec une urgence désespérée. Ce baiser est tout. Il est impatient, tendre et brutal à la fois. Ses mains m'agrippent, telle une supplique silencieuse. Ma poitrine se serre, mes jambes tremblent, et sans ses bras puissants qui me retiennent, je m'effondrerais.
— Dis-moi d'arrêter...
Il m'implore même s'il sait déjà que je ne le ferai pas. Je secoue la tête, incapable de détourner les yeux des siens.
— Non.
Ce simple mot signe sa reddition. Son souffle s'échappe dans un grognement sourd alors qu'il s'empare de mes lèvres avec une brutalité contenue. Il goûte, mordille, savoure, et je fonds sous son toucher.
Sa bouche explore paresseusement mon cou,laissant une traînée brûlante sur ma peau frémissante. Ses doigts s'aventurent sous mon top et caressent la peau tendre de mes côtes, avant de remonter lentement sur mes seins avec une délicatesse inattendue.
Il me déshabille lentement, avec une dévotion qui me rappelle notre première et unique nuit ensemble. Quand il dégraffe mon soutien-gorge, ses yeux se posent sur mon corps, et je me sens vulnérable et désirée comme jamais.
— Tu es tellement belle.
Ses lèvres fondent sur ma clavicule, puis descendent lentement jusqu'à mon sein gauche. Il dépose un baiser brûlant juste au-dessus du tatouage en forme de flèche, celui que j'ai fait à la fameuse soirée FullMoon, celui qui me rappellera ce ranch.
— Ce tatouage... il est parfait sur toi.
Sa langue glisse lentement sur le dessin à l'encre noire, et un soupir m'échappe quand il capture mon mamelon et le taquine avec une précision exquise. Une vague de plaisir me submerge, et je dois crocheter fermement mes doigts à ses cheveux pour ne pas perdre pieds.
— Curtis...
Ses lèvres, sa langue, ses dents... Tout en lui est une promesse de plaisir. Chaque baiser qu'il dépose sur mon corps en direction de mon ventre, son regard ancré au mien, attise un peu plus la flamme de mon désir pour lui. Il se débarrasse de ma ceinture, puis glisse ses doigts le long de mes hanches, sous le tissu de mon pantalon et de mon tanga. D'un geste lent et assuré, il retire tous mes vêtements, m'exposant à lui dans mon plus simple appareil.
Ses lèvres s'attardent au creux de mes hanches, ses mains caressent lentement mes cuisses avant de les écarter avec une assurance tranquille, presque possessive. Son souffle chaud effleure ma peau et déclenche une vague de frissons incontrôlables. Il reste un instant immobile, un sourire insolent plaqué sur son visage, juste assez pour me faire perdre le contrôle, et que je comprenne que ce qui suivra n'est pas anodin. Que ça compte pour lui.
— Je te veux. Ici. Ce soir. Je veux que tu te souviennes de cette nuit. Que tu ressentes encore mes lèvres, ma langue, mes doigts sur toi, quand tu quitteras l'Australie. Que tu seras loin de moi.
Chaque mot résonne avec une force brute qui me coupe le souffle.
Et avant que je puisse répondre, il dépose un doux baiser sur mon intimité. Une vague de chaleur déferle dans mon ventre et ma tête bascule en arrière, un gémissement incontrôlé franchissant mes lèvres.
— Oh... Curtis...
Sa langue s'invite et m'explore paresseusement. Ses caresses sont tantôt légères et douces, tantôt rapides et intenses. Il me goûte avec une patience cruelle, à l'affût de mes réactions qu'il savoure.
Mes doigts se perdent dans ses cheveux. Mes hanches ondulent contre sa bouche avide. Chaque soupir, chaque gémissement qui m'échappe est un aveu silencieux de ce que j'éprouve à son contact. Quand sa langue atteint mon intimité et remonte pour effleurer mon clitoris avec une précision déconcertante, je perds tout contrôle. Mon corps se cambre violemment sous lui, mes doigts s'accrochent désespérément à la couverture sous nos corps.
— Ce soir, tu es à moi, et je suis tout à toi, murmure-t-il entre deux baisers brûlants contre ma peau sensible.
Sa voix grave et ses mots susurrés avec cette douceur brute m'achèvent presque. Je tremble, suffoque et me brise en mille morceaux quand sa langue presse doucement contre mon point le plus sensible. Mon orgasme me submerge, telle une vague brûlante, me laissant tremblante et haletante. Curtis reste un instant entre mes cuisses, déposant de légers baisers sur ma peau hypersensible, avant de remonter lentement jusqu'à ma bouche.
Son corps chaud, sa peau contre la mienne, son souffle saccadé contre mes lèvres... Tout est parfait.
— Je ne te laisserai pas m'oublier, me promet-il, les yeux dans les yeux, son front contre le mien.
Et je ne le souhaite pas, Curtis. Je ne veux rien oublier de toi. De nous.
La gorge sèche, je l'observe se redresser et se dévêtir à son tour, gravant dans ma mémoire les courbes de sa superbe musculature. Il retrouve rapidement sa place entre mes bras, et ses lèvres s'emparent des miennes avec avidité. Puis il s'installe entre mes cuisses et son sexe appuyé contre moi me coupe le souffle. Il plonge son regard dans le mien une dernière fois, attendant en silence mon accord. Permission que je lui octroie en enroulant mes jambes autour de ses hanches, réduisant à néant l'espace qui nous sépare.
D'un mouvement lent et maîtrisé, il entre en moi pour me combler entièrement, m'arrachant un cri d'extase. Mes ongles s'enfoncent dans ses épaules et nous savons qu'il en gardera la trace plusieurs jours, mais il ne m'en tient pas rigueur. Il reste immobile un instant, sa mâchoire serrée, luttant pour ne pas perdre le contrôle.
— Putain... Elisabeth...
La sensation est incroyable. Délicieusement indescriptible.
Il bouge lentement, dans des mouvements profonds et calculés, comme s'il avait peur de me briser. Mais lorsque je me cambre sous lui, mon corps tout entier le suppliant silencieusement d'aller plus loin, quelque chose change. Le moindre geste est un aveu, chaque soupir une confession.
— Regarde-moi, Elisabeth.
Je plante mes yeux dans les siens, et ce que j'y vois me coupe le souffle : il est là, entier et vulnérable. Ses pupilles dilatées, sa respiration saccadée, son visage reflétant exactement ce qu'il ressent. Curtis cède et accélère la cadence. Tout est plus profond. Plus intense. Il ne cherche plus à se contenir : il me donne tout. Le son de nos gémissements étouffés brise le silence de la nature qui nous entoure.
Les coups de reins de Curtis gagnent en puissance. Il se retire presque complètement pour revenir en moi dans une poussée qui me laisse haletante. Il alterne entre mouvements lents et rapides,et je chute délicieusement au son de ses râles primitifs qu'il me destine, et auxquels je réponds avec ferveur. Curtis nous amène au bord du précipice à plusieurs reprises, mais il ne nous autorise pas à basculer. Il fait durer notre plaisir, parce qu'aucun de nous ne souhaite que cette nuit se termine. Je ne veux pas que ses baisers s'arrêtent. Je veux encore sentir sa peau brûlante contre la mienne.Pas maintenant. Pas encore. Curtis me donne tout, et je m'abandonne totalement, prête à lui offrir tout ce que je suis. Ce que je désirais être pour lui.
Les étoiles au-dessus de nous semblent briller plus fort, témoins silencieux de cette nuit où plus rien d'autre n'existe. Ses lèvres capturent les miennes entre deux mouvements. Ses mains parcourent mon corps avec une urgence désespérée. Il mémorise chaque courbe de mon corps ; je le sais, parce que je l'imite.
— Elisabeth ...
Sa voix rauque amplifie la tension qui m'anime, et j'accueille avec plaisir cette vague qui menace de m'emporter sur son passage.
Quand l'orgasme me frappe, c'est une déflagration. Je me cambre contre lui, le corps violemment tendu par les vagues de plaisir qui me submergent. Je murmure son nom, encore et encore, incapable de contrôler le flot de sensations qui me traverse.
Et je l'entraîne dans ma chute, accompagné par le gémissement grave et sexy qui s'échappe de sa gorge. Il s'effondre doucement contre moi, ses lèvres pressées contre mon cou.
Il n'a pas besoin de prononcer la moindre parole pour obtenir mon accord. Il m'assaille de baisers, de caresses, de regards qui en disent long, et d'une passion qui me brise le cœur tout en me le réparant.
Le silence retombe doucement autour de nous, que seul trouble le crépitement du feu. Nos corps encore noués l'un à l'autre, nos respirations retrouvent peu à peu un rythme normal.
Curtis ne bouge pas, ses bras m'étreignent fermement. Je caresse doucement ses cheveux, savourant la chaleur de son corps contre le mien. Il soulève légèrement la tête, et dans ses yeux, je vois tout. Tout ce qu'il ne dit pas. Tout ce qu'il ressent. Tout ce qu'il n'a pas réussi à avouer.
Cette nuit, Curtis Mackay m'a tout donné. En tout cas, tout ce dont il est capable. Et je sais que jamais personne d'autre ne pourra me toucher comme il vient de le faire. La fatigue aurait dû nous emporter, mais elle n'a jamais eu sa chance.
Une dernière nuit ensemble.
Et un arrière goût de trop peu dont je vais devoir me contenter.
Le ciel s'éclaircit peu à peu à l'horizon, et pourtant, nous sommes toujours là, peau contre peau, incapable de lâcher prise, comme si nous pouvions retenir l'aube en nous aimant encore une dernière fois. Et dans ce silence parfait, je réalise que cette nuit est la plus belle et la plus déchirante de ma vie.