Quand Elisabeth, jeune vétérinaire new-yorkaise fraîchement diplômée, découvre l'infidélité de l'homme qu'elle croyait aimer, tout s'écroule. Trois mois plus tard, elle accepte un poste à l'autre bout du monde, dans un ranch isolé du Queensland, pou...
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Juin - Townsville, Australie
Le soleil décline lentement sur l'horizon, peignant le ciel de teintes dorées et rosées. L'air est encore chaud, chargé de sel et de l'odeur alléchante du barbecue qui crépite sous la surveillance approximative d'Al et Nicholas. Cassie et moi sommes affalées sur une serviette, une bière fraîche à la main, les pieds encore couverts de sable. La musique vibre doucement en fond en attendant que la Fullmoon commence, et les garçons, torse nu après leur baignade, discutent entre eux, riant à chaque nouvelle pique que lance Alastair.
— Sérieusement, Mackay, je me demande encore comment t'as réussi à te caser avant moi.
Al prend une gorgée de sa bière et secoue la tête, faussement consterné.
— Je pensais qu'il finirait vieux cowboy solitaire, à parler à son cheval et à marmonner contre le vent.
Erik opine du chef, l'air grave.
— C'est vrai que t'es pas vraiment connu pour ton talent en communication, Curtis.
Mon cowboy, imperturbable, attrape une brochette et la retourne sur le barbecue. Comme si la conversation ne le concernait absolument pas.
— Tu veux dire que depuis qu'il est avec Elisabeth, il articule plus de trois mots par jour ? Le taquine Nicholas. — Oh non, attends, coupe Al en levant un doigt. On parle bien du mec qui a mis pratiquement un an à comprendre qu'il était raide dingue d'elle ?
Cassie éclate de rire et me donne un coup de coude.
— T'imagines si tu n'avais pas eu la patience ?
Je hausse un sourcil, amusée.
— J'aurais probablement été mariée à un autre cowboy en ce moment-même.
Un silence.
Puis, Erik toussote et lance d'un ton dramatique :
— Repose en paix, Curtis Mackay.
Curtis, toujours aussi impassible, termine sa bière, puis me jette un regard tranquille, celui qui me fait comprendre qu'il va se venger d'une manière ou d'une autre. Son regard glisse lentement vers moi, une lueur indéchiffrable dans ses prunelles sombres. Je vois la petite contraction de sa mâchoire, l'ombre d'un sourire qui menace d'apparaître. Il prend son temps, me détaille, laisse le silence s'installer, juste assez longtemps pour que mon cœur accélère. Puis avance vers moi et attrape ma main en m'attirant contre lui.
— Quoi ? je demande en battant des cils, faussement innocente. — Oh putain, il va se venger ! s'exclame Al. — Je veux pas voir ça ! renchérit Cassie en riant.
Mais je suis déjà contre Curtis, son torse chaud contre mon dos, ses bras m'enlaçant paresseusement.
— Je suis lent à la détente, hein ? murmure-t-il à mon oreille, sa voix vibrante sous ma peau.
Je frissonne légèrement.
— Un peu, oui. — C'est pas ce que tu disais hier soir.
Je souris, sentant son souffle effleurer ma nuque.
— Tu as de la chance que je sois là, Mackay.
Son rire grave me fait vibrer contre lui.
— Ouais, je sais.
Il m'embrasse rapidement sur la tempe avant d'ajouter, juste pour moi :
— Mais je ne suis pas assez con pour te laisser partir une deuxième fois.
Je me tourne vers lui, son sourire est discret, mais il trahit quelque chose de plus profond. Ses yeux accrochent les miens avant de glisser furtivement vers ma bouche. Une fraction de seconde, il hésite, comme s'il luttait contre une envie trop forte, puis il ravale ce trouble et me fixe de nouveau, avec cette intensité qui me donne l'impression d'être la seule chose qui compte.
Al, qui n'a pas perdu une miette de la scène, lance :
— Bon, les gars, c'est officiel, Curtis est foutu. — Bienvenue dans le club des hommes amoureux et désespérément accrochés, Mackay ! renchérit Nicolas. — Et je compte bien y rester.
Je secoue la tête, amusée, et l'embrasse. Un baiser simple, doux, empreint de cette évidence qu'on a enfin trouvée. Le feu de camp crépite, la musique continue, et sous le ciel australien, entre le bruit des vagues et les rires de nos amis, je sais que c'est ici que je suis censée être.