Quand Elisabeth, jeune vétérinaire new-yorkaise fraîchement diplômée, découvre l'infidélité de l'homme qu'elle croyait aimer, tout s'écroule. Trois mois plus tard, elle accepte un poste à l'autre bout du monde, dans un ranch isolé du Queensland, pou...
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Le soleil commence à peine à poindre à l'horizon lorsque je me tiens devant le pick-up, les bras croisés, le regard perdu sur la ligne d'acacias derrière les écuries. L'air est frais, chargé de cette odeur caractéristique de poussière et d'herbe sèche qui annonce une journée brûlante. Je me suis réveillé bien avant l'aube, incapable de trouver le sommeil. Collins part cette semaine à la Réserve, et il ne restera plus qu'une dernière semaine au ranch avant son retour à New York.
J'entends le son de ses pas hésitants sur le gravier avant même de la voir, le léger crissement de sa valise roulante à quelques mètres du pick up. Quand je lève les yeux, elle est là. Ses cheveux attachés en arrière, elle porte un jeans, avec un débardeur blanc, et une chemise bleue nouée à l'avant.
Ma chemise.
Je me fige un instant, incapable de détourner les yeux.
Les filles la rejoignent rapidement. Jane est maternelle, ses yeux brillent d'une inquiétude retenue. Cassie, elle, enlace Elisabeth comme si elle pouvait la retenir rien qu'avec la force de ses bras.
— Profite à fond, d'accord ? dit Cassie, sa voix légèrement cassée. — C'est promis. — T'es une super véto ! Montre leurs de quoi New York est capable ! — Je reviens dans une semaine, c'est pas si long... — Le week-end prochain à la Réserve, on fêtera comme il se doit ton départ !
Je détourne le regard. Je ne supporte pas ça. Ces au revoir qui laissent un goût métallique sur la langue. Quand leurs voix s'éteignent, je m'avance, ouvre la portière passager et incline légèrement la tête.
— Prête ?
Ma voix est rauque, presque un murmure, mais Elisabeth comprend. Elle monte dans le pick-up sans un mot de plus. Je ferme la portière derrière elle et prends une grande inspiration avant de contourner le véhicule pour prendre place au volant.
La route est longue, droite, et silencieuse. Le moteur ronronne, les pneus soulèvent un léger nuage de poussière, et le soleil monte lentement dans le ciel. Elisabeth regarde le paysage défiler, et je garde les yeux fixés devant moi.
Chaque kilomètre avalé m'oppresse un peu plus. Je pourrais parler. Lancer une phrase quelconque pour briser ce silence qui me pèse. Mais je n'en trouve pas la force. À quoi bon, de toute façon ?
— Tu ne m'en veux pas pour ta chemise ?
Je jette un coup d'œil furtif vers elle. Ses doigts jouent nerveusement avec le tissu bleu noué autour de sa taille.
— Elle te va bien.
Un sourire fugace étire ses lèvres, mais il disparaît presque aussitôt.
— Je n'arrive pas à savoir si c'est un compliment ou juste un moyen de changer de sujet.
Je laisse échapper un souffle amusé par le nez, mais je ne réponds pas. Elle s'enfonce un peu plus dans son siège, ses bras croisés contre sa poitrine, et tourne la tête pour regarder par la fenêtre. Le silence retombe, mais il est différent cette fois.