Quand Elisabeth, jeune vétérinaire new-yorkaise fraîchement diplômée, découvre l'infidélité de l'homme qu'elle croyait aimer, tout s'écroule. Trois mois plus tard, elle accepte un poste à l'autre bout du monde, dans un ranch isolé du Queensland, pou...
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La nuit est complètement tombée maintenant, nous enveloppant dans une obscurité tranquille. Curtis est assis à côté de moi, et j'ai du mal à détourner les yeux de lui. Le silence qui s'est installé entre nous est presque palpable, comme s'il pouvait rompre à tout moment. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il pourrait éclater.
Je le fixe, captivée, et je me rends compte que je n'ai jamais été aussi proche de lui, à la fois physiquement et surtout émotionnellement. Je sens mon corps réagir à sa proximité. Mes mains sont moites, mon souffle se fait plus court. Il y a une tension entre nous qui rend l'air plus dense. Chaque fibre de mon être semble tendue vers lui, irrésistiblement attirée. Il dégage une force tranquille, une assurance qui m'impressionne et me rassure en même temps. Pourtant, je décèle autre chose derrière cette façade solide, une certaine fragilité qui me touche profondément. J'ai envie de me rapprocher, de l'effleurer, de combler cet espace entre nous, de franchir cette barrière invisible.
Mon souffle devient plus court, mes doigts s'accrochent nerveusement à la couverture qui nous entoure tous les deux. Curtis, lui, reste immobile, mais ses épaules sont tendues, et son regard est ancré au mien. Une pulsation sourde résonne dans mes tempes tandis que je franchis doucement l'espace entre nous. Curtis ne bouge pas, mais il ne recule pas non plus. Lorsque mes lèvres effleurent les siennes, une décharge électrique me traverse.
Curtis répond à mon baiser avec une intensité qui me coupe le souffle. Ses mains viennent se poser sur mes joues, et il me rapproche de lui, réduisant l'espace entre nos corps à néant. Le monde autour de nous disparaît. Il n'y a plus que lui, moi, et ce baiser brûlant, urgent, désespéré. Mes doigts s'accrochent à son tee shirt, cherchant un point d'ancrage alors que je sens ses lèvres glisser contre les miennes avec une douceur presque douloureuse.
Des éclats de rire retentissent dans la tête à une dizaine de mètres du feu de camp. Il recule légèrement, son souffle erratique, son regard troublé. Ses mains quittent doucement mon visage, et il ferme les yeux une fraction de seconde avant de les rouvrir.
— On... on devrait aller dormir, dit-il enfin d'une voix rauque, presque hésitante.
Je le regarde encore un instant, cette déception lourde sur le cœur, puis je finis par acquiescer.
— Oui. Bonne nuit, Curtis, dis-je, tentant de garder un ton neutre, même si à l'intérieur, tout est en train de se bousculer.
Ce n'est pas qu'il ne ressent rien. Je l'ai vu dans son regard. Il ressent ce truc autant que moi. Mais il refuse de l'accepter. Et ça fait mal. Mon cœur tambourine encore, mais cette fois, il est plein de questions, de regrets, d'une envie d'aller lui demander des explications qui une fois de plus, je retiens par fierté.
Curtis hoche la tête sans un mot de plus, puis se lève et s'éloigne vers son pick-up. Je le regarde partir dans l'ombre, me sentant étrangement seule. Cette soirée me laisse un goût amer, comme si j'avais perdu quelque chose d'important sans même comprendre pourquoi.