Chapitre 28

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    À genoux sur le sol pierreux, j'essaie de maintenir fermement le veau qui se débat

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    À genoux sur le sol pierreux, j'essaie de maintenir fermement le veau qui se débat. Je réussis à le porter pour le déposer sur le siège passager, en douceur. Je conduis prudemment, car je sens la petite bête fragile recroquevillée en boule à quelques centimètres de mes pieds, complètement paniquée par cette situation inhabituelle. Maintenant, il ne reste plus qu'à trouver le troupeau.

    À peine dix minutes plus tard, j'aide le veau à descendre du véhicule et le laisse rejoindre sa mère qui l'appelle en beuglant.

    C'était plus rapide que prévu.

    Je m'adosse contre le pick-up et croise les bras, mes muscles tendus par la frustration et l'impatience. J'espérais passer la soirée ici, les mains et l'esprit occupés pour ne pas penser à elle. Je suis sur les nerfs depuis que je la sais partie avec l'autre abruti de vétérinaire. Mais ce qui m'agace le plus, c'est de savoir qu'elle avait tout prévu dans mon dos. Après tout, pourquoi elle m'en aurait parlé ? Elle a été plus que glaciale ces derniers jours, et tout ça par ma faute.

    Qu'est-ce qu'elle est en train de faire ?
    Avec qui ?
    Tout le week-end.
    Je n'ai eu aucune nouvelle.
    Elle fait chier !

    J'attrape mon portable, compose le numéro du téléphone prêté à Collins. Tremblant, mon poing libre serré jusqu'à blanchir mes jointures, j'attends qu'elle réponde.

    Une.
    Deux.
    Trois sonneries.
    Putain, décroche !
   
    — Quoi ?

Enfin !

    — À quel moment tu as pensé que c'était une bonne idée de te barrer ce week-end ? hurlé-je face à sa voix impassible.
    — Je suis occupée, Curtis. Quelque chose d'urgent à me demander ?
   
    Elle se fout de moi ! Occupée à quoi ?

    J'imagine bien la tête de cet enfoiré de Zac, juste à côté d'elle, en train de la mater pendant qu'elle me prend de haut.
   
    — Passe-le-moi. MAINTENANT !
    — Je doute que Flamme ou Thunder soient en mesure de te répondre, dit-elle en soupirant d'exaspération.
    — Arrête ! Ne me prends pas pour un con, Collins !
    — Je suis revenue au ranch tout à l'heure, et ta mère est partie avec Cassie pour son retour au lycée. Qu'est-ce que tu veux ?
   
    Elle est rentrée.
    Qu'est-ce qu'elle a foutu pendant plus de deux jours avec lui ?

    Je sens que je suis à deux doigts d'exploser le rétroviseur sur lequel je m'appuie. Le fameux qui a retenu l'Américaine après notre dérapage.
    J'aurais dû lui arracher sa petite robe rose ce soir-là.
    J'aurais du la...
   
    — Mackay, qu'est-ce que tu veux, à la fin ? s'emporte-t-elle.
    — Ramène-toi.
    — Qu'est-ce que tu...
    — Ramène-toi, maintenant ! la coupé-je, en colère.
    — Je suis de permanence au ranch.
   
    Quand est-ce que Collins va finir par m'écouter ? J'ai envie de lui crier de rapatrier son joli petit cul ici, dans la seconde, mais j'interromps à temps les ordres qui la braqueraient plus qu'autre chose.
   
    Garder son self-contrôle.
    Parler posément, mais fermement.
   
    — Jane va revenir d'ici quelques heures, dis-je avec tout le calme que je réussis à canaliser à cet instant.
    — Ça, je sais.
    — Tu te souviens de la route qu'on a prise pour rassembler les troupeaux ? C'est à trente minutes du ranch en quad. Après le quatrième portique.
    — Curtis, dis-moi ce que tu veux.
    — S'il te plaît. Viens.
   
    Eh voilà, je suis lamentablement en train de supplier Collins de me rejoindre. La main crispée sur le téléphone, l'autre sur la nuque, et le bide en vrac depuis des heures, j'expire en direction du ciel. Je crois que je deviens complètement dingue. Si je veux régler mes comptes avec elle, j'ai plutôt intérêt à m'adoucir et à lui laisser imaginer qu'elle a l'avantage.
   
    — À une condition, finit-elle par articuler.
    — Je t'écoute.
    — Accorde-moi quinze minutes pour m'assurer que tout est en ordre ici. Et promets-moi qu'on va avoir cette discussion.

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